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Rabbi Menah'em Mendel Schneerson est le gendre du Rabbi Rayats et son successeur. Né à Nikolaiev, ville dont son père Rabbi Lévi Its'hak Shneerson était le Rav, le 11 Nissan 5662 (1902), il manifeste dès son plus jeune âge des dons extraordinaires au point que, dès l'âge de la Bar Mitsva (13 ans), il est considéré comme un Gaon (un Géant).

Après son mariage, en 1928 à Varsovie, avec la Rabanit 'Haya Mouchka, il réside dans différentes villes d'Europe dont Paris (il est alors étudiant à la Sorbone).

En 1941, il parvient à rejoindre son beau-père à New York. Le Rabbi est d'abord celui qui a donné une extraordinaire impulsion au mouvement Loubavitch. Dans le monde entier, ses émissaires sont présents pour diffuser l'enseignement de la Hassidout et, plus généralement celui du judaisme.
Lui-même, interminablement, reçoit des dizaines de milliers d'hommes et de femmes, jeunes ou vieux, érudits ou ignorants. Cette inlassable activité ne l'empèche pas d'être en même temps l'auteur d'une grande oeuvre qui donne à la 'Hassidout une nouvelle dimension.

Depuis le 3 Tamouz 5754 (1994), le Rabbi n'est plus physiquement parmi nous, mais pour ses Hassidim, sa présence, reste toujours aussi forte.

LE 3 TAMOUZ 1994 : TRANSMISSION

 

« Comment est-il possible que la Rédemption n’ait pas déjà été atteinte ? Que, malgré tout ce qui s’est passé et tout ce qui a été accompli, Machia’h ne soit pas encore venu ?

« Que puis-je faire de plus ? J’ai fait tout ce que je pouvais pour amener le monde à véritablement réclamer et exiger la Rédemption... La seule chose que je puisse encore faire est de vous transmettre la chose. Faites tout ce qui est en votre pouvoir – des actions qui relèvent d’une lumière sublime et transcendante, mais accomplies de manière pragmatique – pour faire venir Machia’h concrètement et immédiatement !

« J’ai accompli ma part. Dorénavant, faites, vous, tout ce qui est en votre pouvoir. »

Le Rabbi prononça ces paroles à la fin d’un discours qu’il donna dans la soirée du jeudi 11 avril 1991. Dits d’une voix angoissée et émaillés de références personnelles inhabituelles, ces mots choquèrent profondément les ‘Hassidim présents dans la synagogue du Rabbi et résonnèrent dans la communauté ‘Habad-Loubavitch mondiale tout entière.

Cependant, aucune diminution des activités du Rabbi ne fut constatée suite à ce discours. Au contraire : bien qu’il approchât de son 90ème anniversaire, il accélérait. Chaque Chabbat, il y avait une nouvelle réunion publique – les fameux Farbrengen – et souvent plusieurs autres au cours de la semaine. Chaque dimanche, le Rabbi se tenait debout pendant des heures à accueillir les visiteurs avec bénédictions et conseils – et un dollar à donner à la charité. Sa campagne pour amener le monde à la conscience de l’imminence de l’ère du Machia’h se poursuivit et s’intensifia.

Mais un sentiment d’expectative flottait dans l’air. Le Rabbi avait déclaré implicitement que la torche qui avait passé de chef en chef, de prophète en sage depuis Avraham, lui, le Rabbi, l’avait transmise à chacun d’entre nous.

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Le 25 Adar I 5752 (29 février 1992) était un Chabbat comme les autres pour les nombreux ‘Hassidim du Rabbi qui résidaient dans le quartier de Crown Heights à Brooklyn, New York.

Parce que c’était Chabbat Mevarkhim (le Chabbat qui précède le début d’un nouveau mois dans le calendrier juif), ils rejoignirent le Rabbi dans sa synagogue à 8h30 pour lire le livre des Psaumes, comme le veut la coutume Loubavitch. Ceci fut suivi de l’office habituel du Chabbat matin. Après l’office, certains se dépêchèrent de rentrer chez eux pour prendre un rapide repas de Chabbat. Dans l’heure, ils étaient de retour, rejoignant ceux qui « étaient restés à la synagogue. À 13h30, l’heure à laquelle le Farbrengen (rassemblement) hebdomadaire du Rabbi était prévu, plusieurs milliers de ‘Hassidim remplissaient la grande salle du 770 Eastern Parkway.

Peu après, le Rabbi entra. Au cours des trois heures qui suivirent, il parla, développant une grande variété de thèmes dans la Torah. Lors de brefs intermèdes entre les discours, les ‘Hassidim chantaient et levaient de petits verres en plastique emplis de vin pour dire le’haïm au Rabbi.

Dans l’un de ses discours, le Rabbi évoqua la lecture de la Torah du jour, Vayakhel (Exode 35-38), et celle de la semaine suivante, Pekoudei (Exode 38-40). Mais pourquoi, demanda le Rabbi, Vayakhel, qui signifie « communauté », précède-t-elle Pekoudei, qui exprime la notion d’« individualité » ? Ne doit-on pas d’abord développer et parfaire les individus avant d’espérer en faire de saines communautés ?

Mais, continua le Rabbi, tel est l’esprit de la Torah : faites des communautés, avant même d’avoir des individus parfaits. Les gens ne sont pas des Legos ou des pièces de machines, qui doivent être entièrement formés avant de pouvoir être assemblées ensemble de façon constructive. Les gens sont des âmes, qui recèlent déjà en elles leur potentiel de perfection. Et rien ne permet autant d’exprimer le potentiel d’une âme que d’interagir et de s’unir avec d’autres âmes. Des individus imparfaits, mais réunis dans l’amour et la camaraderie, font des communautés parfaites.

À la conclusion du Farbrengen, ceux qui ne l’avaient pas encore fait rentrèrent chez eux prendre le repas de Chabbat. Eux aussi devaient se dépêcher, car la courte journée d’hiver touchait déjà à sa fin. Dès l’issue du Chabbat, un groupe d’érudits (appelés les ‘hozrim, ou « répétiteurs ») se rassembla pour rappeler et transcrire les paroles du Rabbi (car, pendant le Chabbat, aucun dispositif d’enregistrement ne pouvait être utilisé). Sous 24 heures, les paroles du Rabbi avaient été fidèlement transcrites, traduites dans une demi-douzaine de langues et faxées aux centaines de centres ‘Habad-Loubavitch dans le monde. Les ‘Hassidim du Rabbi avaient de quoi étudier, diffuser et mettre en application jusqu’au Farbrengen du Chabbat suivant, si le Rabbi ne faisait pas de discours au cours de la semaine (comme c’était souvent le cas).

Mais, le lundi après-midi (le 2 mars1992), alors qu’il priait auprès du tombeau de son beau-père et prédécesseur, le Rabbi eut une attaque cérébrale qui paralysa son côté droit et, pire encore, le priva de la faculté de parler. Il n’y eut pas de Farbrengen le Chabbat suivant, ni celui d’après.

...

Deux ans et trois mois plus tard, le Rabbi quitta ce monde dans les premières heures du matin du 3ème jour du mois hébraïque de Tamouz, dans l’année 5754 depuis la création du monde (le 12 juin 1994), laissant une génération orpheline.

Les disciples du Rabbi attendent toujours le prochain Farbrengen. En attendant, ils font des communautés.

 
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