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Dans les années 60, puis 80, Rav Israël Tsvi Haber – zal – effectua de longues missions en Roumanie. Officiellement chargé de la Che’hita – l’abattage rituel, par l’organisation

 américaine «Joint», il s’occupa également de répandre le judaïsme dans la communauté juive de Bucarest et ses environs, en accord avec le Grand Rabbin local, Rav Rosen.
Les services secrets de la «Securitat» étaient redoutablement efficaces. Leurs fonctionnaires surveillaient tous les gestes du couple Haber, assistant à tous les offices dans les synagogues, épiant leurs allées et venues, enregistrant toutes leurs paroles. Le couple Haber recevait de nombreux invités, parmi lesquels les membres du Consulat israélien, pour les fêtes juives mais toujours discrètement. Rav Haber réussit ainsi à influencer certains Juifs et à les renforcer dans leur judaïsme.
Un autre Cho’het, Rav Chmouel Glauberman avait également accepté de venir d’Israël pour permettre aux Juifs de Roumanie de manger cachère. Le Rabbi avait spécifiquement conseillé à Rav Gorodetsky, son émissaire pour l’Europe, de ne pas proposer le poste à des Cho’hatim américains qui n’auraient sans doute pas accepté les conditions matérielles effrayantes de ce pays communiste.
Parfois Rav Haber entreprenait de longs voyages, n’hésitant pas à passer des jours et des nuits dans le train juste pour effectuer la Che’hita dans un village perdu afin que les Juifs puissent manger de la viande cachère. A l’approche des fêtes comme ‘Hanouccah et Pourim, son épouse l’accompagnait malgré l’inconfort et la fatigue que cela impliquait. Une fois, leur fille Ra’hel les accompagna également : «Mon père était aussi Mohel mais avait rarement l’occasion d’effectuer des Brit Milot (circoncisions) car la population juive de Roumanie vieillissait.
C’était en hiver 1987. Nous avons pris le train et voyagé une nuit entière, à plus de mille kilomètres de Bucarest. La grand-mère de l’enfant nous accueillit à la gare et nous emmena chez elle ; elle voulut nous offrir à manger mais nous avons refusé puisque nous avions emporté notre nourriture strictement cachère. En entendant le mot «cachère», elle manifesta une vive émotion.
Après une courte conversation, je me levai pour prier et elle ne cacha pas sa stupéfaction : une jeune femme juive qui prie, elle n’arrivait pas à croire cela possible !
Cette femme avait deux fils qui avaient réussi. Elle les avait empêché de se marier et n’avait épargné aucun effort pour leur trouver des épouses juives. Ce n’est que lorsqu’ils atteignirent l’âge de trente ans et plus qu’elle dénicha une autre famille juive qui habitait très loin de sa ville : dans cette famille, il y avait deux jeunes filles : l’aînée épousa le fils aîné et la seconde le cadet !
Le fils aîné venait de devenir père et la grand-mère avait entendu que le Cho’het de Bucarest était aussi Mohel. Elle nous fit donc venir spécialement de Bucarest.
Dans la synagogue, la plupart des fidèles étaient des personnes âgées, survivants de la Shoah. Depuis des dizaines d’années, ils n’avaient plus assisté à une Brit Mila ! La mère et la grand-mère maternelle quittèrent la synagogue, craignant de ne pouvoir supporter les pleurs de l’enfant, âgé maintenant de deux mois. Mais la grand-mère paternelle tint à rester présente et, une fois que l’opération fut terminée, elle s’exclama, heureuse : «Maintenant je suis rassurée : mon petit-fils est juif !»
Mon père distribua des gâteaux cachères à toute l’assemblée et fit répéter les bénédictions à tous les fidèles. La joie était grande et mon père se mit à danser avec les membres de la communauté.
Tout ceci grâce à l’obstination d’une grand-mère décidée à tout faire pour que ses descendants restent juifs ».

Rav Shneur Zalman Berger  Kfar Chabad n°1308  traduit par Feiga Lubecki
 
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