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112 Un sandwich à la viande Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Il y a quelques années, le matin de Hochaana Rabba, je m’étais levée très tôt pour préparer les ‘Hallot (pains spéciaux) de la fête. Quand les enfants se réveillèrent, la délicieuse odeur

avait envahi la maison. J’aidais les enfants à s’habiller et se préparer pour l’école puis je sortis avec eux devant la maison : mon mari devait revenir de la prière à la synagogue et amènerait les enfants à destination.
C’est alors qu’un grand camion municipal s’arrêta à notre hauteur : plusieurs travailleurs en descendirent, apparem-ment pour élaguer les arbres de notre rue. L’un d’entre eux avait typiquement la tête d’un Israélien : bronzé, athlétique, cheveux noirs bouclés, yeux noirs… Dès que mon mari arriva, je lui suggérai de l’aborder et de lui proposer de réciter la bénédiction sur le Loulav et l’Ethrog tandis que je retournais en toute hâte à la maison et préparais une ‘Halla à lui offrir.
Nous avons bien deviné : c’était effectivement un Israélien qui, après trois ans d’armée, effectuait une sorte de tour du monde tout en travaillant parfois. Il fut très heureux de mettre la Kippa que mon mari lui tendit et de réciter la béné-diction sur le Loulav. Très surpris, il nous remercia pour la ‘Halla encore tiède ; les enfants partirent à l’école et j’oubliais tout cela.
Six mois plus tard, j’invitai une jeune is-raélienne – appelons-la Galit – pour le repas de Pessa’h. Elle accepta à la condition qu’elle puisse amener avec elle un ami, Ofer, dont elle avait fait la connaissance ici, en Australie. J’acceptai bien sûr et ils arrivèrent tous les deux le septième soir de Pessa’h. Quand Ofer entra et aperçut mon mari, il s’exclama : «Szmerling ! Tu ne me reconnais pas ?»
Courtois et bien élevé, mon mari répondit instinctivement : «Oh oui ! Bien sûr…Euh… »
Malicieux, Ofer déclara qu’il attendrait la fin du repas pour raconter son histoire.
«Szmerling, je sais pourquoi tu ne me reconnais pas ! La première fois que nous nous sommes rencontrés, j’avais les cheveux longs ébouriffés alors que maintenant je les ai fait couper. Rappelle-toi ! C’est moi qui avais élagué les arbres dans ta rue, tu m’avais demandé de réciter la bénédiction sur le Loulav et tu m’avais donné une ‘Halla encore chaude…
Tu ne peux pas savoir ce qui m’est arrivé ensuite : mes collègues de travail désirèrent à ce moment faire une pause et s’acheter de la viande. On partagerait la ‘Halla et on se pré-parerait des sandwichs à la viande.
Mais je déclarai que, pour moi, c’était impossible. D’accord, je ne suis pas pratiquant mais le rabbin m’avait donné une ‘Halla et pour moi, il était incompatible de la manger avec de la viande non-cachère. Non, c’était impossible. Ils déclarèrent me com-prendre et nous avons entamé notre prochaine mission, non loin d’ici.
Nous avons donc élagué un arbre dans le jardin d’une gentille dame : je remarquai qu’elle portait un élégant foulard sur la tête. Quand nous avons terminé notre travail, cette dame qui était sûrement juive et même pratiquante m’offrit – juste à moi ! – un peu de viande qu’elle venait de préparer pour la fête.
J’étais si surpris que je faillis tomber à la renverse. En quoi ces deux évé-nements pouvaient-ils être qualifiés de hasard ? Je levai les mains au ciel et m’écriai : «Yech Elokim Baolam ! »  Il existe un bon D.ieu dans le monde ! »
Je réfléchissais sur ces deux événements et décidai qu’à partir de maintenant, je ne mangerai plus de viande non-cachère bien que ce ne serait pas facile pour moi. Mais effectivement, depuis ce jour, je n’ai plus jamais consommé de la viande non-cachère, quelles que soient les difficultés ».
Mon mari et moi étions si étonnés ! Nous avions depuis longtemps oublié
cette «petite» action mais le bon D.ieu nous permettait d’en constater un des effets à long terme. Les ondes s’étaient propagées et continueraient sans doute à se propager encore au loin.
D’habitude, nous effectuons notre mission qui est de tenter d’éclairer un peu plus ce monde mais nous n’avons que rarement une idée des résultats. Cette fois-ci, nous avons mérité de les constater.
Quelque temps plus tard, mon mari ra-conta cette histoire lors d’une réunion ‘hassidique. Rav Eliézer Kantor qui se trouvait là – comme par hasard – s’exclama alors : «Eh bien moi aussi maintenant je connais la suite de l’histoire. La dame qui avait offert ce morceau de viande à cet ouvrier n’était autre que mon épouse Bra’ha !»
Qui peut prétendre que l’histoire s’arrête là ?

Ruth Szmerling – Melbourne, Australie N’shei Chabad Newsletter n°7104 traduit par Feiga Lubecki

 
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