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79 Bon réveil à tous ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Tous les vendredis après-midi, j’anime une émission à la radio populaire «Radio Dimona», dans le sud d’Israël. Cette émission s’intitule «La table du Chabbat». J’y présente des

commentaires du Rabbi et des notions de ‘Hassidout dans un langage simple, accessible à tous, entrecoupé de mélodies ‘hassidiques. Apparemment, cette émission jouit d’un taux d’écoute particulièrement remarquable dans la ville : les auditeurs sont par exemple les fonctionnaires de la mairie et les hommes d’affaires locaux. Il ne se passe pas de jour sans que je ne reçoive des réactions enthousiastes à ce programme. Une fois, un homme qui promenait son chien m’a arrêté dans la rue pour me déclarer : «Rav Gliess ! Rappelez-moi de quoi vous avez parlé vendredi dernier, c’était passionnant !»
Le technicien de la station, le magicien des manettes s’appelle Chalom Bar Avi. Il s’était toujours présenté comme «anti-religieux à l’extrême». Grâce à l’émission, il s’est forgé entre nous deux une complicité chaleureuse et il s’est beaucoup rapproché du mouvement Loubavitch.
Dernièrement j’ai fêté le mariage de ma fille devant la synagogue 770 de Kfar Chabad, la ville des ‘Hassidim Loubavitch sur la route Tel-Aviv - Jérusalem. Quand, selon la tradition, on a commencé à chanter avant la ‘Houppa «Les Quatre Strophes», la mélodie composée par Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, Chalom qui m’avait fait l’amitié d’assister, s’est mis à pleurer d’émotion sans chercher à se cacher, sans pouvoir s’arrêter. Par la suite, il a pris part avec beaucoup d’entrain à toutes les danses du côté des hommes.
Environ une semaine plus tard, nous avons organisé une réunion ‘hassidique à l’occasion du 3 Tamouz, la ‘Hiloula du Rabbi de Loubavitch : les participants étaient particulièrement impliqués. A la fin, j’ai demandé à chacun d’inscrire sur un papier les bonnes décisions qu’il aurait prises en l’honneur du Rabbi. Afin de servir d’exemple vivant, je me suis engagé à m’investir davantage dans la «Campagne de Téfilines» mais je désirai ne pas être le seul ! D’autres participants se sont alors levés qui se sont engagés à renforcer leur observance personnelle d’une Mitsva ou à sensibiler d’autres Juifs à l’action concrète.
Mon ami Chalom qui, jusque là était resté assis en silence, s’est alors levé et a demandé à prendre la parole : «Rav Gliess ! Je suis prêt à me joindre à vous chaque semaine pour une «opération Téfilines» ! A en juger par l’expression de mon visage, il a compris qu’il nous devait des explications ! «Cela fait 22 ans que je ne mets plus les Téfilines ! Mais la semaine dernière, j’ai assisté au mariage de votre fille et j’ai ressenti une émotion particulière quand j’ai entendu «Les Quatre Strophes» puis le chant «Mi Adir». A vrai dire, cela m’a rappelé mon propre mariage ! Oh oui, c’était il y a une vingtaine d’années à Eilat. Le rabbin n’était autre que Rav Hecht, le jeune émissaire du Rabbi fraîchement arrivé dans la ville. Il avait tenu à organiser la cérémonie selon la plus pure tradition Loubavitch avec, entre autres, ces mélodies bien qu’aucun des convives ne les connaissent. Au mariage de votre fille, j’ai ressenti un réveil spirituel intense : puisque moi-même j’avais mérité un mariage Loubavitch, cela signifie que je suis Loubavitch ! Et, depuis le mariage de votre fille, je me suis engagé à mettre les Téfilines chaque jour ! Effectivement, toute la semaine j’ai emprunté des Téfilines autour de moi pour les mettre chaque jour !»
Comme on peut s’y attendre, ces paroles ont été accueillies avec un étonnement admiratif. Immédiatement l’un des participants organisa une quête afin d’acheter des Téfilines strictement cachères pour Chalom. Bien vite, la somme nécessaire fut atteinte : chacun avait tenu à contribuer.
Lors de l’émission suivante, Chalom me demanda en direct : «Rav Gliess ! Quelle est vraiment la définition d’une réunion ‘hassidique ? Qu’est-ce qui la différencie d’un cours de Torah habituel ?» Je lui ai expliqué – à lui ainsi qu’aux auditeurs – l’importance de ce genre de réunions tout en illustrant mes propres avec des récits – entre autres la grande influence qu’avait exercé la récente réunion dans notre Beth ‘Habad pour le 3 Tamouz, avec sa propre réaction à lui, Chalom, qui était assis en face de moi !
Une fois que Chalom eut plus ou moins repris ses esprits après l’évocation de sa propre révolution, il demanda à ajouter que, sa femme et ses filles avaient décidé d’allumer chaque vendredi après-midi les bougies.
Mon épouse qui écoutait comme à son habitude mon émission sortit alors spontanément du réfrigirateur un gros gâteau avec l’inscription «Mazal Tov» et demanda à notre fils de se dépêcher de l’apporter – à vélo – au studio de la radio avec, en prime, des bougies de Chabbat. C’est ainsi que, vers la fin de l’émission, nous eûmes la surprise d’accueillir en direct mon fils qui offrit à Chalom un cadeau inattendu : un gâteau et des bougies !
Difficile de décrire la suite des événements : l’homme des médias, le technicien froid et blasé, connu d’ordinaire pour ses sentiments anti-religieux, ne put émettre un mot ! Il tenta bien d’ouvrir le micro et de continuer l’émission mais sans succès : durant de longues minutes, il ne parvint pas à ouvrir la bouche !
Qui peut prétendre connaître l’influence de cette émission hors du commun sur les auditeurs, quand un Juif connu pour ses convictions «anti» est soudainement déstabilisé et – en direct ! – se laisse emporter par une émotion très réelle ! Bien entendu, c’est encore une fois la présence du Rabbi parmi nous qui était évidente !
Mais j’attends avec curiosité et impatience la réaction de l’homme qui promenait son chien… 

                    Rav Israël Gliess – Dimona Kfar Chabad n°1334 traduit par Feiga Lubecki

 
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