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Image Résumé de la Paracha EMOR
«Parle aux pontifes, fils d'Aharon et dis leur» : la Paracha énonce d'abord les lois concernant les Cohanim (les prêtres), le Cohen Gadol (le Grand-Prêtre) et le service du Temple. Ainsi, un Cohen, un prêtre, ne doit pas se rendre

rituellement impur par le contact avec un cadavre excepté pour un proche parent. Il ne peut épouser «une femme prostituée ou déshonorée» ni même une divorcée. Un Cohen atteint d'une difformité ne peut effectuer de service dans le Temple.
Tout animal atteint d'une malformation ne pourra être offert au Temple. Un animal ne pourra pas être offert en sacrifice avant le huitième jour qui suit sa naissance. Un animal et sa mère ne pourront pas être offerts le même jour.
La Paracha énumère les convocations saintes, les fêtes du calendrier juif. L'offrande de la Pâque, le 14 du mois de Nissan vers le soir, et les sept jours de la fête de Pâque commençant le 15 Nissan sont d'abord énoncés. L'offrande de l'Omer sur les prémices de la moisson a lieu au second jour de la fête de Pâque à partir duquel, pendant quarante-neuf jours, a lieu le Compte de l'Omer qui aboutit à la fête de Chavouot, le cinquantième jour.
Au septième mois (à compter de Nissan) « une commémoration » où l'on sonne du Choffar (Roch-Hachana) a lieu le premier Tichri avant le Yom-Kippour, au dixième jour, jour de jeûne solennel.
La Torah nous prescrit d'observer la fête de Souccot pendant laquelle, à partir du quinze du mois de Tichri (le septième des mois à compter de Nissan), on réside dans des "cabanes" et l'on prend les «quatre espèces» (palmier, myrte, saule et cédrat). 

        Emor                                   A la recherche d’un équilibre

«Six jours le travail sera fait. Mais le septième jour est un Chabbat de repos solennel, un ap-pel à la sainteté, tu ne travailleras pas : c’est un Chabbat pour D.ieu dans toutes tes résiden-ces…» (Vayikra 23 :3)

La Kabbale explique que la création vit le jour par l’intermédiaire de sefirot variées, une pro-gression de canaux divins affectant la création. Chaque sefira se définit par une caractéristi-que unique dont elle imprègne la création. La sefira de ‘Ho’hmah, la sagesse, contient l’attribut de l’intelligence. La sefira de ‘Hessed contient la bonté, apporte la miséricorde et la faculté du don à toute la création. A l’opposé, la sefira de Guevoura, la puissance, introduit la notion de restriction. Il en va ainsi pour toutes les huit autres sefirot.

Les six sefirot émotionnelles (‘Hessed, Guevoura, Tiféret, Nétsa’h, Hod et Yessod) représentent les six directions fondamentales de la dimension physique en trois axes de l’univers : le nord, le sud, l’est, l’ouest, le haut et le bas. Elles sont représentatives des modes essentiels pour atteindre les six directions de la création.

L’on se réfère à ces sefirot comme aux sefirot masculines parce qu’elles sont dirigées vers l’extérieur.

Mais ces six dimensions tournées vers l’extérieur ne pourraient exister sans un axe central. Mal’hout, la royauté, l’ultime sefira, est l’axe ou le pôle au centre des six directions. Il reflète un regard tourné vers l’intérieur et représente la manière dont nous faisons pénétrer en nous-mêmes l’illumination spirituelle.

L’on se réfère à Mal’hout, comme à la sefira féminine.

Les six jours de la semaine, du dimanche au vendredi, représentent ces six axes dirigés vers l’extérieur et qui sont masculins. Le Chabbat, à l’opposé, qui est féminin, est le point central vers lequel convergent les six directions.

Durant toute la semaine, alors que nous luttons pour gagner de la spiritualité, nous fonctionnons dans un mode masculin.

Ces six jours, nous dominons et exerçons de l’influence sur notre environnement. Nous sommes dans un perpétuel état de conflit, devons opter entre ces éléments du monde dont nous allons nous saisir pour les développer et ceux que nous devons rejeter et vaincre.

La Torah nous aide à distinguer entre ce qui peut être positivement maîtrisé et ce qu’il faut abandonner. Elle nous guide pour choisir les aliments, les matériaux, les objets et les relations qui pourront donner de l’énergie notre être et sanctifier notre vie et à écarter ceux qui détruiront notre sensibilité spirituelle et rendront pour lourds ou aviliront notre cœur et notre esprit.

Durant ces six jours, nous agissons dans un mode de conquête et d’assaut masculin, dans une agitation incessante.

Puis vient le Chabbat. Nous repartons alors dans une spirale d’harmonie, de sérénité et de paix. Après nous être affirmés et avoir accompli nos desseins durant les jours de la semaine, c’est le temps du repos.

Le Chabbat, nous nous refreinons du processus de choix et de rejet qui marquait la semaine et pénétrons, en nous-mêmes et en la création, dans un mode féminin, un état d’harmonie, de tranquillité, de repos et de réceptivité. C’est pour cette raison que l’on se réfère toujours à Chabbat au féminin, comme dans l’expression Chabbat Hamalka, «la reine Chabbat» ou kalla, «la mariée».

Les femmes, modèles de la sefira unificatrice de Mal’hout et du jour harmonieux du Chabbat, ressentent un besoin plus impérieux de chercher et d’apporter cette force unificatrice et cet équilibre dans leur vie.

Le Chabbat est la source des bénédictions de la semaine qui précède et de la semaine qui suit.

Par le même biais, la femme est la source de bénédictions pour son époux et pour son foyer. Comme le déclarent nos Sages : «Un homme reçoit des bénédictions par le seul mérite de son épouse» et «la joie, la bonté, la Torah et la protection viennent de la femme.»

Cela provient du fait que bien que l’on puisse avoir une abondance de bénédictions dans notre vie, elles ne nous appartiennent que lorsque nous sommes capables de faire une pause et apprécier et absorber leurs bienfaits.

C’est le Chabbat que nous pouvons enfin absorber tout à la fois la bénédiction des efforts accomplis la semaine précédente et nous renforcer pour continuer dans le nouveau voyage qui nous attend dans le cycle hebdomadaire suivant. Nous donnons un sens au passé et renouvelons nos énergies pour le travail de la semaine qui vient.

Parce que le Chabbat représente l’expérience et le mode féminins, c’est à la femme qu’a été confié le soin d’allumer les bougies qui font pénétrer en ce saint jour. Même «si le mari veut allumer les bougies lui-même, sa femme en a la priorité». Car l’essence de l’être de la femme est en harmonie avec le message essentiel du Chabbat.

C’est pour la même raison qu’il est préférable que ce soit l’homme qui récite la prière de la Havdala, à la conclusion du Chabbat, et qui fait entrer la semaine de travail. L’homme qui personnifie la lutte et la bataille du cycle de la semaine met un terme à l’expérience du Chabbat lorsqu’il le sépare, Havdala signifie «séparation», du travail de la semaine.

L’homme fait ses adieux au Chabbat en faisant pénétrer le jour de la semaine masculin, par l’intermédiaire de sa récitation de la Havdala et c’est la femme qui fait pénétrer le Chabbat féminin en allumant et bénissant les bougies.

Et par ce geste, la femme apporte les bénédictions, l’harmonie et l’équilibre du Chabbat dans sa propre vie et dans celle de ceux qui l’entourent.

 

 

Sidra
Emor : parler

La Torah donne à chaque individu, à chaque époque, des enseignements pour l’assister dans son vécu quotidien. La nature humaine, les problèmes humains ou les potentiels humains restent inchangés, que nous soyons à l’âge de pierre ou à l’âge de l’Internet.
Chaque mot de la Torah conserve toute sa  puissance, y compris le premier mot de la Paracha.
Cette semaine, il s’agit d’un mot unique : Emor : «Parle !»

Il est bien évident que ce mot appartient à une phrase où il prend son sens. Mais parallèlement, constituant à lui seul le nom d’une Paracha honorée depuis des siècles dans la tradition juive, il possède également une signification par lui-même. Ainsi pouvons-nous nous demander ce que nous dit ce mot : «Parle !».
De quoi parler ? Quand et pourquoi devrions-nous parler ?

L’impératif «parle !» semble être en contradiction avec les déclarations de nos Sages en faveur du fait de ne pas trop parler, comme «dis peu, mais fais beaucoup» ou encore «la meilleure chose pour l’homme est le silence» et bien d’autres encore.

L’implication de ce commandement est en fait qu’une certaine sorte de discours est chaleureusement recommandée. Le Rabbi approfondit la question en examinant divers commentaires sur le sujet.

Selon une idée traditionnelle juive, la parole peut avoir un effet au-delà de la simple relation d’un événement. Le fait même que certaines paroles aient été prononcées revêt une importance particulière. Un exemple négatif en est fourni par la calomnie, en hébreu : lachone hara. La Torah en interdit la pratique ainsi que celle d’écouter des paroles calomnieuses. En outre, nos Sages affirment que le lachone hara affecte également la personne dont on parle. En dehors de l’effet des paroles diffamatoires elles-mêmes, le fait qu’elles aient été prononcées concrétise en quelque sorte leur contenu.

Par contre, dit le Rabbi, une force positive extraordinaire se dégage du fait de parler en bien des gens et de faire leur louange. Les mots positifs font émerger chez l’autre tout son potentiel pour le bien, même si au moment où ces mots sont énoncés, il ne semble montrer que des aspects négatifs de sa personnalité.

Les Sages nous enjoignent de «juger chacun favorablement», ce que l’on comprend généralement comme signifiant qu’il faut essayer de trouver une excuse à son comportement inadéquat. Une autre explication de ces mots peut nous engager à essayer de trouver une manière de louer cette personne. L’effet spirituel en est que cela permet à ses qualités, qui sont parfois profondément enfouies en elle et non visibles, de faire surface au grand jour.

Le Rabbi lie cette idée avec le fait que Maïmonide nous dit qu’un homme sage «parle toujours en faveur des autres et ne parle jamais en termes négatifs de quelqu’un». Le Sage connaît la force de la parole et l’utilise au mieux dans l’intérêt de son prochain. Les paroles positives donnent constamment des encouragements et ont un fort impact spirituel.

Le premier verset, quant à lui, nous enseigne ensuite : ''lehazhir guedolim al ketanim'', que l’on traduit littéralement par : «pour avertir les aînés concernant les enfants». Ce qui est impliqué ici est que les parents doivent assumer la responsabilité de l’éducation de leurs enfants. Nous ne pouvons pas rester passifs et attendre qu’ils s’éduquent naturellement. Il faut investir des efforts, des efforts personnels et pas seulement se reposer sur les professeurs et le système éducatif extérieur. C’est dans cette veine que le Rabbi Rachab enseignait que, de même que la Torah requiert que les hommes mettent les tefilines chaque jour, ainsi nous devons passer une demi-heure par jour à réfléchir à l’éducation de nos enfants.

Le terme lehazir (avertir) contient une allusion plus profonde encore. Il possède la même racine que le mot zohar, et signifie : briller. Nos efforts pour éduquer (nos enfants ou toute personne envers laquelle nous avons cette responsabilité) ont également une influence positive sur nous-mêmes. Quand nous nous lançons dans l’éducation d’autrui, nous prenons alors conscience de notre propre comportement et de notre propre caractère. Nous essayons de pratiquer nous-mêmes ce que nous enseignons. En tentant de développer chez autrui de bons traits de caractère et des idéaux, nous avons besoin d’analyser et d’améliorer notre propre comportement et d’être un «exemple brillant» pour ceux que nous voulons inspirer. Les actions parlent plus fort encore que les mots. Aucun long discours ne peut se substituer aux actes car un exemple vivant est la véritable source d’inspiration.

Comme le relate le Talmud, Rabbi ‘Hanina dit : «J’ai appris beaucoup de mes maîtres, plus encore de mon prochain, mais le meilleur est venu de mes élèves».

En étant un exemple brillant des valeurs et des traits de caractère auxquels nous tenons, nous grandissons et prenons mieux conscience de notre propre comportement. Dans nos efforts pour transmettre ces idéaux, nous en tirons nous-mêmes, et les premiers, les plus grands bienfaits dans notre propre développement.

SIDRA 2
Une lumière qui inspire
Qu’arrive-t-il quand un sage parle ? Le Rambam écrit : «tout comme un sage se reconnaît par sa sagesse et ses traits de caractère, car dans ces domaines, il se tient à l’écart du reste des gens, ainsi également doit-il se reconnaître par sa conduite
L’intention du Rambam est de nous transmettre que l’approche juive de la connaissance est bien plus que théorique. Il faut donc que les connaissances que possède un individu forgent son caractère et, ce qui est encore plus important, influencent son comportement. C’est en cela qu’il se distingue comme sage.
Parmi les types de conduite que le Rambam décrit comme appropriées pour un homme sage, se distingue le raffinement dans la parole. Il continue dans ces termes : «un érudit en Torah ne doit pas crier ou hurler quand il parle… Mais il doit parler gentiment à tout le monde… Il doit juger chacun à une lumière favorable, disant les louanges de ses collègues ne mentionnant jamais contre eux quelque chose qui leur ferait honte.»
La terminologie employée par le Rambam : «juger… à une lumière favorable» et «ne mentionnant jamais quelque chose qui leur ferait honte», implique qu’il se peut qu’un érudit voit des fautes dans le caractère de son collègue. Mais même le cas échéant, il «fera sa louange». Quand il s’adresse à lui en privé, il peut patiemment et gentiment lui reprocher sa conduite. Mais quand il s’adresse aux autres et quand il pense à lui en son for intérieur, il doit le faire d’un point de vue positif et favorable.
Il ne s’agit pas seulement du reflet du propre raffinement de l’érudit. Mais en soulignant constamment les aspects positifs des qualités de l’autre, il encourage réellement leur expression. Car la pensée et la parole peuvent apporter des changements tangibles à notre monde. C’est d’ailleurs pour cette raison que le Maguid de Mézéritch prononçait, de temps à autre, des concepts qu’il savait pertinemment inaccessibles à son auditoire. Son intention était d’ «attirer l’idée dans notre monde» de sorte qu’elle pût, plus tard, être compréhensible par d’autres.
Prenons pour exemple un concept similaire dans le domaine des relations humaines. Nos Sages statuent que le Lachon Hara (paroles de médisance) tue trois personnes : celui qui le prononce, celui qui l’écoute et celui dont on parle. Nous pouvons aisément comprendre que de tels propos affectent celui qui en est la source et celui qui les écoute, tous deux prenant part à une faute que nos Sages considèrent équivalente aux effets combinés de l’idolâtrie, du meurtre et de l’adultère. Mais pourquoi la personne à propos de laquelle des ragots ont été rapportés serait-elle affectée ? Elle n’a pas pris part à la transgression !
Pour le comprendre, il peut être avancé que parler des défauts d’une personne ravive leur expression. Bien qu’il se puisse que cet individu ne soit pas conscient du fait qu’on parle de lui, le fait qu’on puisse discuter des défauts de son caractère réveille la révélation de ces traits. Si l’on n’avait pas parlé de ces fautes, il est probable qu’elles seraient restées cachées.
La sentence : «les attributs positifs sont plus puissants que les attributs de châtiment» et des concepts similaires s’appliquent au fait de parler positivement des traits de caractère d’une personne. La mention constante du bien que possède une personne, et à l’intérieur de tout être il existe des trésors cachés de bien, rend plus facile l’expression de ce bien dans la conduite individuelle.

Un commandement de parler
Les idées dont on vient de parler ont une relation avec notre Paracha appelée Emor. Emor est un commandement nous enjoignant de parler. Dans le contexte de la lecture de la Torah de cette semaine, ce commandement possède une application immédiate : celle de communiquer les lois relatives à la prêtrise. Néanmoins, le fait que ce terme soit utilisé comme nom pour la Paracha indique qu’il renferme une signification plus large : l’homme doit parler.
(Le lien de la Paracha avec des paroles adéquates est également souligné par sa conclusion de l’épisode du blasphémateur qui fournit un exemple de l’approche inverse. De plus la Paracha Emor coïncide toujours avec le compte du Omer et partage donc également en cette occurrence un lien avec des paroles correctes car cette période est marquée par des coutumes de deuil pour la mort des élèves de Rabbi Akiva. Nos Sages expliquent que la source spirituelle de la plaie qui les tua était leur inaptitude à se respecter mutuellement et le Lachon Hara qu’ils prononçaient.)
Et pourtant, nous rencontrons ailleurs les conseils de nos Sages : «Parle peu…» et «Je… n’ai rien trouver de mieux pour une personne que le silence» impliquant donc que la parole excessive est indésirable. Nous ne pouvons non plus affirmer que le terme Emor se réfère au fait de prononcer des paroles de Torah car à ce propos existe un commandement explicite : «et tu en parleras», nous encourageant à abonder dans les mots de la Torah. Emor concerne plutôt le fait de parler des qualités de nos prochains, comme cela a été expliqué plus haut.

Apprendre avec la lumière
Nos Sages associent le commandement Emor avec l’obligation du ‘Hinou’h, l’éducation des enfants, commentant :
[Il est écrit :] «Parle» et [il est écrit] «dis-leur». [Pourquoi la répétition dans le même verset ?] Pour mettre en garde les parents concernant leurs enfants…
Lehazhir, le mot hébreu traduit par «mettre en garde» partage la même racine que le mot Zohar, qui signifie «rayonnement». Cela nous enseigne une leçon fondamentale concernant l’éducation : elle doit se caractériser par une lumière rayonnante. En général, deux approches sont tentées pour persuader les enfants de rejeter un comportement indésirable : mettre l’accent sur sa bassesse ou montrer une alternative positive. Lehazhir souligne l’importance de répandre la lumière, car «une petite lumière repousse beaucoup d’obscurité» et en répandant la lumière, on allume la lumière intérieure que possède chacun.

La lumière amène la lumière
Le concept qui précède possède aussi une signification plus profonde. Dans son sens complet, le ‘Hinou’h de nos enfants, et par extension de tous ceux que l’on influence, ne doit pas être considéré comme une obligation qui dépasse notre propre service divin, comme une autre tâche à accomplir, mais comme une émanation naturelle de ce service.
Quand le service divin de l’individu atteint un sommet parfait, et en s’attachant à Ahavat Israël et A’hdout Israël (l’amour et l’unité du Peuple Juif) il se joint aux autres, son contact avec eux permet et accélère leurs progrès personnels. La lumière qui émane de sa conduite illuminera et éduquera tous ceux avec lesquels il entrera en contact.
Et cet allumage de lumière par la lumière nous conduira à l’ère où «le Sage brillera comme la splendeur du firmament» et «Israël… quittera son exil avec miséricorde».

* * * * * * * * * *

Edito 1
Comme un tour de France…
Certaines histoires ne vieillissent jamais. Elles prennent, avec le temps, simplement plus de couleur et de profondeur. Elles modèlent une manière de donner au monde un élan nouveau. C’est une de ces histoires que l’actualité vient encore de souligner. Il y a un peu plus d’une semaine, le 2 Iyar, se tenait à Paris, le Congrès national des Chlou’him de France. C’est dans ce cadre que se sont réunis tous les envoyés du Rabbi dans le pays, tous ceux par qui tant de choses ont changé. Venus du nord, du sud, de l’est ou de l’ouest de la France, ils incarnent une volonté en action. Ils refusent l’idée de parachèvement car, pour eux, la vie ne se comprend que comme un progrès constant. Ils ont une longue et ancienne mémoire mais, loin de la nostalgie, elle est instrument pour comprendre le présent et penser l’avenir.
Et ils savent dire le début des choses, quand le Rabbi et son épouse se trouvaient à Paris avant guerre et qu’ils y agirent comme eux seuls pouvaient le faire dans un monde où le spirituel tenait bien peu de place. Et chacun de se souvenir : «La récolte spirituelle apparue en France vient du labourage effectué alors». Et chacun de marquer les étapes d’une véritable renaissance. De fait, ce pays, qui avait été celui des grands Sages médiévaux qui font encore résonner les commentaires talmudiques du nom des villes de France, avait, par la dureté des temps, oublié ce glorieux héritage. Et, après les horreurs de la guerre, tout était à reconstruire. C’est exactement il y a 41 ans, un 2 Iyar, que commença la «récolte» après le «labourage» accompli par le Rabbi. Celui-ci venait d’en confier, en premier lieu, la mission au Rav Azimov. Puis d’autres Chlou’him, chargés chacun d’une mission propre, allaient venir à leur tour et donner le goût et les moyens de la redécouverte à une communauté toujours en quête d’elle-même.
Aujourd’hui, comme partout dans le monde, les Chlou’him agissent en France là où ils sont utiles. Ils ne revendiquent rien, n’aspirent pas aux honneurs ni au confort. Ils savent qu’ils sont les acteurs du changement et que celui-ci est une œuvre de chaque jour. Au-delà du bilan, par nature lié à un tel congrès, comment ne pas citer les fortes paroles du Rav Kotlarsky ? Coordinateur de l’action des délégués du Rabbi dans le monde, âme de leurs congrès, et venu spécialement de New York à cette occasion, il sut exprimer la résolution de chacun : «Des choses extraordinaires ont d’ores et déjà été réalisées dans ce pays mais, tant qu’il reste quelque chose à faire, la mission n’est pas accomplie». Un vœu est dans tous les cœurs et sur toutes les lèvres : «Puissions-nous la mener à bien et ouvrir ainsi la porte à la Délivrance».

Edito 2
Une Terre pour un Peuple
Tous les peuples, tous les hommes ressentent un attachement particulier avec la terre où ils sont nés. Tous éprouvent pour le lieu de vie qui a été celui de leur naissance, dont les paysages ont entouré leur enfance, un amour qui ne peut se comparer qu’à celui que l’enfant porte à ses parents. Ceux-ci l’ont mis au monde, celui-là a été la première vision qu’il lui a été donné d’en avoir. Les Juifs ne font pas exception à cette humaine règle. Dans tous les pays de leurs résidences, ils respirent l’air qui les fait vivre, admirent les couleurs qui les entourent et s’émeuvent de toutes leurs nuances, partagent les espoirs et les craintes de leurs concitoyens, œuvrent avec eux pour la prospérité générale et le bien de tous. Quoi de plus naturel ? Mais, et c’est sans doute là leur éternelle originalité, ils sont porteurs d’un rêve ou mieux, d’une vision.
Leur vision est née au matin du monde, lorsque D.ieu promit à Abraham, le premier de leurs ancêtres, qu’Il donnerait une terre à ses descendants et que cette terre, différente, deviendrait la Terre Sainte d’un Peuple Saint : la Terre d’Israël. Depuis lors, les Juifs ont beaucoup vécu. Ils ont connu les temps de calme et ceux de tempête, les temps d’abondance et ceux de disette, les temps de bonheur et ceux de détresse. La vie a conduit certains d’entre eux dans ces pays où la neige tombe vite et dure longtemps tandis que d’autres allaient vers les contrées où le soleil illumine un ciel perpétuellement d’azur. Mais, de près ou de loin, les Juifs ont continué, génération après génération, jour après jour, à garder en cœur et en tête, cette vision inchangée : une terre qui s’étend sous un ciel familier, une terre dont tous les noms résonnent comme des connaissances anciennes et jamais vieillies, une terre de plaines et de collines, que la mer vient caresser, et qui semble posséder une âme à part. Leur Terre.
«Les yeux de D.ieu y sont posés du début à la fin de l’année» proclame le texte biblique. Elle est «le palais du Roi» répondent les Sages. Et le peuple juif de vibrer avec elle. Il sait que cette terre lui appartient pour toujours, qu’elle recèle les trésors de son passé, détient bien des merveilles du présent et garde les clés de l’avenir ; elle est Terre d’éternité. Elle est cette Terre qui, en son cœur, porte Jérusalem. Un lieu choisi par D.ieu pour Sa « demeure » dans ce monde.
Les visions ont toujours un caractère merveilleux. Elles accompagnent sans cesse celui qui les accueille. Celle-ci est aujourd’hui avec nous, en nous. Et si tout commençait à présent ? Le nouveau temps que le Messie nous apportera est-il autre chose que la concrétisation suprême de cet héritage ? Et sa venue ne dépend-elle pas que de nos actions ? Dès ici et maintenant.
H. NISENBAUM

Etincelles 1
Juste un petit moment
Isaïe annonce, dans sa prophétie (54 : 7), le temps de Machia’h. S’adressant au peuple juif, D.ieu affirme dans ce texte : «Pour un petit moment, Je t’ai abandonné et, avec une grande miséricorde, Je te rassemblerai». Il semble pourtant que l’exil a duré bien plus longtemps qu’un simple «petit moment» ?
C’est que, lorsque Machia’h viendra et que la miséricorde divine se manifestera aux yeux de tous, chacun verra que tout le temps de l’exil n’aura finalement été qu’un «petit moment».
(d’après Séfer Hamaamarim 5700, p. 10) H.N.

Etincelles 2
Le temps de la préparation
Le Talmud enseigne que le Machia’h viendra au moment où “on n’y pensera pas”. Pourtant, nous observons qu’attendre sa venue fait partie des principes essentiels du judaïsme définis par Maïmonide. Aussi, diverses explications ont été données sur le sens de l’expression. Voici l’une d’entre elles :
La préparation à la venue de Machia’h doit être accomplie pendant le temps de l’exil qui est, justement, une sorte de “on n’y pensera pas” par rapport à la Délivrance. Lorsque l’on éclaire l’endroit le plus sombre, où l’idée même de Délivrance est absente des esprits, qui constitue l’opposé même de la lumière de Machia’h, alors celui-ci arrive.
(d’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch, Chabbat Parchat Ekev 5713) H.N.

Halakha 1
Quelle est «la voie médiane en or» préconisée par nos Sages (suite) ?

Il est de la nature humaine de s’adapter à son environnement et de s’assimiler aux gens que l’on côtoie. Il convient donc de s’efforcer d’habiter parmi des gens vertueux. On s’associera si possible à des personnes érudites afin d’apprendre leur façon de se conduire. Ce sont ces personnes que l’on fréquentera et avec qui on se mariera.
La Torah ordonne : «Tu aimeras ton prochain juif comme toi-même». On évoquera les qualités de chacun, on respectera les biens de l’autre et on évitera la médisance ainsi que les médisants. On aimera chaque Juif, l’érudit comme l’ignorant.
Il est interdit de haïr un autre Juif dans son cœur. Si quelqu’un a mal agi envers nous, nous devons le lui signaler avec tact et, s’il se repent et demande pardon, nous lui pardonnerons de tout cœur.
Si on voit quelqu’un qui agit mal, c’est une Mitsva de lui adresser des reproches, mais d’abord en privé. On lui parlera sereinement et on tentera de le convaincre de changer pour son propre bien.
Il est interdit d’insulter, de faire honte, de rappeler les erreurs passées – surtout en public.
On doit être particulièrement sensible et respectueux envers la veuve et l’orphelin car D.ieu écoute leurs prières. Cependant, on veillera à l’éducation de l’orphelin en lui adressant éventuellement des reproches s’il faut le ramener dans le droit chemin.
F. L. (d’après Junior Code of Law de Rav Dr. Nissan Mindel)

Halakha 2
Qu’est-ce que Kiddouch Levana, la sanctification de la lune ?
Les hommes récitent la prière de Kiddouch Levana jusqu’au quinzième jour après le «Molad», le moment exact du renouvellement de la lune, indiqué dans les calendriers hébraïques. Selon la Kabbala, il est préférable de ne la réciter qu’après le septième jour suivant le «Molad».
Il est préférable de la réciter en groupe, avec autant de gens que possible, mais au moins avec une autre personne.
Dans la plupart des livres de prières, le Kiddouch Levana se trouve juste après la Havdala, la cérémonie marquant la sortie du Chabbat car c’est souvent à ce moment-là qu’on la récite, quand on est encore revêtu des habits de Chabbat, ce qui ajoute à la solennité du moment.
On récite cette prière dehors et non sur un balcon recouvert. On ne la prononce que si on voit bien la lune, c’est-à-dire qu’elle n’est pas recouverte par les nuages.
Un des versets récités dans cette prière est tiré du «Cantique des Cantiques» : «La voix de mon fiancé ! Le voici qui arrive, sautant au-dessus des montagnes, au-dessus des collines». Le Yalkout Chimoni commente : «La voix de mon fiancé : c’est le Machia’h. Il vient dire au peuple juif : vous serez délivrés ce mois-ci !»
Que D.ieu fasse que Machia’h saute au-dessus de tous les obstacles qui empêchent la délivrance et qu’Il permette à cette promesse d’être réalisée ce mois-ci !
F. L. (d’après Rav Shmuel M. Butman)

 
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