Edito Une pensée pour demain Il y a des phrases que l’on n’ose plus dire ou écrire. Elles ont fait un trop long usage et elles paraissent avoir perdu la force qu’elles possédaient sans aucun doute à leur
naissance. Pourtant, quand on s’attache à les regarder avec des yeux neufs, quand on fait l’effort de les restituer dans leur vigueur initiale, leur sens se fait, de nouveau, éclatant. Ce qui semblait n’être plus qu’une suite de mots usés reprend tout à coup les couleurs de la vie. Tant il est vrai que celle-ci est un combat de chaque instant et que l’habitude ne peut jamais l’affadir. «Les enfants sont notre avenir» : qui n’a pas entendu cette figure obligatoire des discours consacrés à l’éducation et probablement avec une insistance redoublée quand il s’agit d’éducation juive ? Phrase si répétée qu’elle en a pris une valeur de rite, aussi riche et aussi desséchée que lui. «Les enfants sont notre avenir» : on a envie d’appeler cela un «cliché». Cependant, derrière un tel cliché, n’y a-t-il pas une réalité qui se cache ? Si on cherche une appellation correspondant au peuple juif, au-delà de celle, traditionnelle, de «peuple du Livre», peut-être la plus appropriée serait-elle celle de «peuple de la transmission». C’est là, en effet, sa préoccupation éternelle. Le peuple juif, séculairement minoritaire, est pénétré de la conscience profonde que, s’il ne transmet pas ce qu’il détient – sa sagesse et sa vision, héritages des siècles – il disparaîtra comme bien d’autres qui marquèrent leur temps puis furent peu à peu relégués au rang des souvenirs attendris. Raconter, dire, transmettre, enseigner, partager, donner à comprendre, à voir et à vivre pour la continuité d’une histoire vivante : ce sont des mots qui lui servent ainsi de guide. Ce sont eux qui, largement, expliquent sa pérennité. S’il fallait résumer tous ces termes en un seul, on dirait «éduquer».Mais l’éducation est chose complexe. Celle de l’école, formelle et organisée, est indispensable en ce qu’elle donne le savoir et les moyens de l’appréhender. Celle des parents est essentielle en ce qu’elle donne chaleur et vie à ce qui pourrait rester science livresque. Et il y a tout ce qui n’entre pas dans ces cadres légitimes. Il y a le monde autour de nous, les rues où chacun vit et leur atmosphère, les amis que chacun rencontre et l’échange qui alors se produit. Des instants, des étincelles qui sont autant d’éléments d’enrichissement. Tout cela est, à la fois, si fragile et si précieux, qu’il faut en prendre le plus grand soin, veiller au développement harmonieux, préserver les acquis et préparer l’avenir. Voici donc qu’arrivent le temps des vacances, les longs jours d’été et de soleil. Voici qu’arrive une saison qui peut être autant celle du désœuvrement que celle de la plénitude. Et si nous parlions des centres aérés juifs, du Gan Israël ? Il faut y penser aujourd’hui pour que demain soit celui dont nous rêvons tous. «Les enfants sont notre avenir» ? C’est aujourd’hui que cela commence. H. Nisenbaum Résumé de la Paracha BAMIDBAR Dans le désert ("bamidbar") du Sinaï, D.ieu demande que soit conduit un recensement des douze tribus d'Israël.
Moché compte 603 550 hommes âgés de 20 à 60 ans. La tribu de Lévi comptée séparément est composée de 22 300 individus mâles âgés d'au moins un mois. Les Lévites devront assurer le service dans le Sanctuaire, remplaçant les premiers-nés d'Israël (dont le nombre est, à peu près, équivalent) disqualifiés par la faute du veau d'or. La Paracha nous décrit la façon dont les tribus campaient dans le désert: au-delà du cercle formé par les trois familles de lévites, les 12 tribus campent en quatre groupes de trois tribus chacun. A l'est se tiennent, Yéoudah (74 600 hommes) Issa'har (54 400) et Zevouloun, au sud Réouven (46 500), Shimon (59 300) et Gad (45 650), à l'ouest Ephraïm (40 500), Ménahchéh (32 200) et Benyamin (35 400) et au nord Dan (62 700) Acher (41 500) et Naftali (53 400). Cette formation est également conservée pendant le voyage. Chaque tribu à son nassi (son prince) et son drapeau.
Lorsque le peuple lève le camp, les trois familles de lévites démontent et transportent le Sanctuaire pour le réassembler à la nouvelle halte. Ils dressent alors leurs propres tentes autour de lui. Les Kéhatites qui transportent l'Arche et les instruments du Sanctuaire protégés par leurs couvertures spéciales s'installent au sud. Les Guérsonites occupent l'ouest et les familles de Merrari le nord. A l'entrée du Sanctuaire, à l'est, sont installées la tente de Moché et celles d'Aharon et de ses fils.
Les Lévites devront assurer le service dans le Sanctuaire, remplaçant les premiers-nés d'Israël (dont le nombre est, à peu près, équivalent) disqualifiés par la faute du veau d'or. Cependant 273 premiers-nés sont en surnombre par rapport aux 22 300 lévites. Ils doivent payer une somme de cinq shekels pour leur rachat. Etincelles Un rire profond Les Psaumes (126 :2) annoncent que, lorsque le Machia’h sera venu, «notre bouche se remplira de rire». Certes, ce nouveau temps sera celui d’une joie sans limite, cependant que signifie précisément le rire dans un tel contexte?En hébreu, la valeur numérique du mot «rire» est 414. C’est également celle de l’expression «Or Eïn Sof» qui signifie «lumière infinie» de D.ieu. Cette correspondance nous indique justement le sens profond de ce rire : la révélation de D.ieu. Infinie, elle nous conduira au plus haut et au plus essentiel du «plaisir» divin. (d’après Likouteï Torah, Bamidbar p. 191) H.N. Halakha Que fait-on à Chavouot ? On a coutume de se couper les cheveux la veille de Chavouot, donc cette année le jeudi 28 mai 2009. Dans la journée de jeudi, on procède au «Erouv Tavchiline» avec la bénédiction : «Barou’h Ata Ado-naï Elo’hénou Mélè’h Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vetsivanou Al Mitsva Erouv».Il convient de préparer un nombre suffisant de bougies pour les deux jours de fête ainsi qu’une bougie de vingt-quatre heures.Jeudi soir 28 mai (à Aix avant 19h55), les femmes allumeront les deux bougies de la fête (les jeunes filles et les petites filles allumeront une bougie), avec les bénédictions : 1) «Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vetsivanou Lehadlik Nèr Chèl Yom Tov» - («Béni sois-Tu Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Ses commandements et nous as ordonné d’allumer les bougies du jour de fête» et 2) «Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Chéhé’héyanou Vekiyemanou Vehigianou Lizmane Hazé» - («Béni sois-Tu Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as fait vivre, exister et qui nous as fait parvenir à ce moment»).Vendredi soir 29 mai, elles allumeront les bougies de Chabbat et de la fête (à Aix avant 19h55) - à partir de la bougie de vingt-quatre heures allumée avant jeudi soir - avec les bénédictions : 1) «Barou’h Ata Ado-naï Elo’hénou Mélè’h Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vetsivanou Lehadlik Ner Chel Chabbat Vechel Yom Tov». 2) «Barou’h Ata Ado-naï Elo’hénou Mélè’h Haolam Chéhé’héyanou Vekiyemanou Vehigianou Lizmane Hazé».La fête se termine samedi soir 30 juin après 22h02 (heure d'Aix). Il est de coutume d’étudier toute la première nuit de Chavouot.Tous, hommes, femmes et enfants, même les nourrissons, se rendront à la synagogue vendredi matin 29 mai pour écouter la lecture des Dix Commandements. On marque ainsi l’unité du peuple juif autour de la Torah, et on renouvelle l’engagement d’observer ses préceptes. On a l’habitude de prendre un repas lacté avant le vrai repas de viande vendredi midi.Samedi 30 mai, on récite, pendant l’office du matin, la prière de Yizkor en souvenir des disparus : on donnera de l’argent à la Tsedaka pour leur mérite. F. L. Sidra Bamidbar La valeur du nombre Fais un recensement de toute l’assemblée des Enfants d’Israël (Bamidbar 1 :2).Parce qu’ils [Israël] Lui sont chers, Il les compte tout le temps. Quand ils sont partis d’Egypte, Il les a comptés et quand ils ont chuté au Veau [d’Or] Il les a comptés… et [ici] quand Il est venu faire reposer Sa présence divine sur eux, Il les a comptés (Rachi sur Bamidbar 1 :1). Certains d’entre nous les trouvent dans leur famille. Certains les trouvent dans leur profession. D’autres les trouvent dans la religion. Bien que les résultats diffèrent, la quête est la même : trouver un sens et un but dans notre vie. Un trait commun qui unit l’humanité est le besoin de sentir que notre existence sert à quelque chose, que nous ne sommes pas le simple résultat d’une naissance accidentelle mais des composantes nécessaires dans l’accomplissement d’une mission aux proportions cosmiques. Ce sentiment est peut être l’ingrédient le plus indispensable pour un état d’esprit sain, nourrissant le désir d’établir des buts et de les atteindre.Dans la courbe du développement humain, ce sont les parents qui devraient jouer le premier rôle pour remplir leurs enfants de sentiments de valeur et de confiance. Malheureusement, nous vivons à une époque où de plus en plus d’enfants grandissent sans ces sentiments. Ils ont un sentiment d’inadéquation et sont engloutis par la confusion que fait naître la sensation de ne pas avoir de valeur. La Torah, dans sa vision éternelle, reconnaît ce besoin essentiel et s’en empare d’une façon qui à la fois rassure et renforce, parfois par le simple fait du recensement. Les nombres Tout au long de la Torah, D.ieu instruit Moché de compter le Peuple Juif à quatre occasions différentes. Ces instructions revêtent une telle importance, que le quatrième livre de la Torah est appelé «le livre des Nombres» d’après les directives données au début de notre Paracha. Mais quel est le but de ces comptes ? Apparemment, il ne s’agit pas simplement de procéder à un recensement car D.ieu, dont la connaissance est infinie, connaît parfaitement notre nombre. Il nous faut donc conclure qu’une intention différente et plus profonde se cache derrière ce commandement.La Torah, comme tout ce qui existe, comprend à la fois «un corps» et «une âme». Le «corps» de la Torah inclut les récits et les passages qui traitent des aspects matériels de notre vie : la Hala’ha, lois auxquelles nous devons adhérer sur une base quotidienne. Néanmoins, «l’âme» de la Torah traite des enseignements plus sublimes et des idées philosophiques qu’ils contiennent.Tout comme le corps de l’homme et son âme fusionnent en une unité singulière et homogène, ainsi vont «le corps» et «l’âme» de la Torah : même à l’intérieur de son «corps», résident les enseignements les plus profonds, ceux que l’on peut considérer comme émanant de la région de son «âme». Il faut cependant tout d’abord enlever l’enveloppe extérieure d’une loi ou d’une directive particulière pour révéler son principe fondamental et ses vérités inhérentes.En ce qui concerne donc la dimension la plus profonde du recensement, une loi talmudique stipule qu’en certaines circonstances particulières, un aliment dont la consommation est interdite peut être annulé quand une quantité infime en est accidentellement mélangée à des aliments permis. L’une des exceptions à cette loi concerne l’aliment interdit vendu habituellement par unité et non au poids. Dans ce cas, quelque infime que soit la quantité de l’aliment interdit, le mélange tout entier est interdit à la consommation car l’aliment interdit ne peut jamais être annulé.Le raisonnement sous-jacent à cette loi exprime l’idée que les choses que l’on peut compter possèdent une valeur et une importance intrinsèques qui ne peuvent diminuer ou être annulées, même mêlées à autre chose.Cela explique pourquoi D.ieu ordonna un recensement alors qu’Il connaissait le nombre des Juifs. En ordonnant à Moché de compter les membres de Son peuple, D.ieu déclarait ainsi la valeur de chacun en particulier.Et quelle est cette valeur si particulière ? Chacun d’entre nous est tenu d’accomplir une mission qui lui est propre et ne peut être réalisée par personne d’autre, mais une mission qui affecte la vision cosmique dans son ensemble. Ainsi chaque Juif possède une valeur infinie et irremplaçable. D.ieu ne faisait donc pas que transmettre une directive à Moché. Il disait à chacun d’entre nous d’utiliser nos talents spécifiques, accomplissant ainsi notre potentiel unique pour accomplir notre mission individuelle. En relatant ce fait dans la Torah, D.ieu s’assurait que ce message serait accessible à tout un chacun et en tous temps. Le sens perpétuel Nous pouvons désormais comprendre la déclaration de Rachi concernant l’amour de D.ieu pour Son peuple. «Il les compte tout le temps». Le Peuple Juif fut recensé à quatre reprises au cours des cinq Livres de la Torah. Comment cela peut-il être qualifié de «tout le temps» ? On peut avancer les mêmes propos pour nous, aujourd’hui. Bien que nous ne soyons pas apparemment comptés par D.ieu, quand nous lisons ces épisodes dans la Torah, il nous est donné la force de réaliser à quel point nous sommes précieux pour D.ieu et combien il est vital que nous conduisions notre vie en accord avec Ses valeurs. D.ieu Lui-même atteste de notre valeur à chaque instant, il nous faut juste L’entendre et nous comporter en conséquence. * * * * * * * * * * Edito Le grand voyage de l’harmonie Quel point commun y a-t-il entre les catastrophes naturelles à répétition qui frappent telle ou telle région du monde, les nouvelles crises de famine qui rappellent des temps oubliés, les oppositions meurtrières entre des hommes, des clans ou des peuples qui ensanglantent des contrées entières ? A une telle question, on est tenté de répondre : «Rien, bien sûr !». De fait, tous ces événements, et d’autres encore, ne paraissent présenter qu’un double dénominateur commun : ils sont graves et négatifs. Autrement, les uns procèdent de la folie ou de l’imprévoyance des hommes tandis que d’autres sont la résultante de causes bien au-delà de toute volonté ou intervention humaine. Semble-t-il… Car tout cela laisse comme une impression diffuse et générale de monde en désordre. «Les choses ne vont pas bien» finit-on par se dire sans parvenir à expliciter ce que recouvre un tel sentiment. C’est comme une sensation d’inconfort que l’on perçoit à l’extrême bord de la conscience, sans pouvoir vraiment en saisir les contours ni la portée. Voici donc venu un temps complexe. Nous avons ainsi vu peu à peu s’estomper, parfois se dissoudre et, en tous cas, s’affaiblir, bien des certitudes anciennes. Ces éléments qui semblaient être à la fondation des choses, qui en donnaient le sens et permettaient de s’y inscrire, ont perdu de leur puissance et, à ce qui paraît aujourd’hui une merveilleuse simplicité, ont laissé se substituer une complexité plus subie que recherchée. Peut-être est-ce aussi là qu’il faut trouver les causes profondes de la perte d’harmonie ? Car, finalement, est-ce réellement d’autre chose qu’il s’agit ? Aux antagonismes des hommes semble répondre une sorte de révolte profonde d’un cadre naturel en perte de repères. Aux folies d’une société, parfois trop consciente de sa grandeur et de son pouvoir pour en percevoir les limites, font écho les réactions d’un monde las d’avoir tout enduré et qui, à sa manière, dit avec force : «Cela suffit !» Comment, dès lors, penser l’avenir ? Il faut, d’abord, se garder d’oublier que l’homme est le couronnement de la création, qu’il y a été placé par D.ieu afin de la mener à son ultime accomplissement, que, par ses actes, il a la capacité de l’élever et d’en faire ainsi un lieu de merveilles. D’une certaine façon, il est le cœur et la raison des choses. Pour cela, il est, à la fois, le porteur d’une capacité d’harmonie intérieure, celui qui détient les clés de l’harmonie générale et celui qui est capable de l’instaurer et la maintenir. Disons-le : chacun peut choisir un tel chemin. De l’harmonie intérieure à l’harmonie universelle, matérielle et spirituelle : ce n’est jamais qu’un voyage à entreprendre dont l’itinéraire nous fut révélé au mont Sinaï. Quant au point d’arrivée, il est connu depuis bien longtemps : la venue de Machia’h. H. NISENBAUM
Vivre avec la Paracha Le 603 550ème Juif En hébreu, on dit Bamidbar («Dans le désert») et également Séfèr Hapekoudim («Le livre des comptes»). En français, il s’agit de la section biblique connue comme les «Nombres». Et en effet, le quatrième des cinq livres de la Torah comporte beaucoup de « nombres ». Dans les chapitres qui ouvrent ce livre, nous apprenons qu’un an après l’Exode, on comptait 603 550 hommes adultes âgés entre 20 et 60 ans, parmi lesquels 22 273 étaient premiers-nés. Un compte différent recense 22 300 Lévites âgés d’un mois ou plus (7 500 Gerchonites, 8 600 Kehattites et 6 200 membres appartenant au clan de Merrari). Nous sont également indiqués les chiffres de chacune des douze tribus, depuis les 74 600 membres de la tribu de Yehouda aux 32 200 de celle de Ménaché. Puis la Torah nous livre le nombre de chacun des quatre «camps» dans lesquels étaient réparties les douze tribus : le camp de Yehouda, incluant également les tribus d’Issa’har et de Zevouloun, en tout 186 400 personnes, les trois tribus réunies dans le camp de Reouven, totalisant 151 450 individus, le camp d’Ephraïm compris de 108 100 personnes et les 157 600 hommes qui avaient planté leur tente dans le camp de Dan. Vingt-six chapitres et trente-neuf ans plus tard, nous sommes toujours dans le livre des Nombres et dans un nouveau recensement. A nouveau, nous est fourni un chiffre total, celui de désormais 601 730 et le nombre des membres de chaque tribu. Nous remarquons que la tribu de Chimone a été dramatiquement décimée (ils étaient 59 300, ils ne sont plus que 22 200) alors que les rangs de Menaché ont gonflé (ils ont gagné 20 500 hommes). Mais plus que tout, nous observons que la passion de D.ieu pour compter Son peuple ne s’est pas refroidie. Car, comme le dit D.ieu à Moché, il ne s’agit pas simplement pour Lui de compter des gens, ici il s’agit de «lever leurs têtes.» Quand un recensement est entrepris, il inclut des érudits et des rustres, des hommes actifs et des vagabonds, des philanthropes et des miséreux, des saints et des criminels. Et pourtant, chacun d’entre eux ne compte pas plus ni moins que pour «1» dans le nombre total. Le recensement ne fait que refléter la seule qualité que tous possèdent également, le fait que chacun est un être humain à part entière. Ainsi, le compte des têtes serait-il l’expression du dénominateur commun d’une somme d’individus ? La réponse à cette question dépend de la façon dont on considère l’essence de l’humanité. Si, à la base, un homme est neutre, ou pire, si nous commençons tous au niveau zéro et sommes nous-mêmes les artisans de ce que nous devenons, alors, ce qui nous réunit est effectivement la seule de nos qualités communes. Cependant, D.ieu a une perspective différente. Selon la vision de D.ieu, l’âme de l’homme est une étincelle de Son propre feu, une étincelle qui possède le potentiel de refléter l’infinie bonté et la perfection de sa source. La vie humaine est l’entreprise pour réaliser ce qui est latent dans cette étincelle. En fait, une personne peut mener une vie pleine, accomplie et juste et à peine effleurer la surface de l’infinitude de son âme. Un autre individu peut errer sa vie entière dans l’obscurité et l’iniquité et puis, dans un moment de clairvoyance, découvrir son étincelle divine et la transformer en un feu flamboyant. Ainsi, lorsque D.ieu donne l’instruction de procéder à un recensement, il s’agit alors de l’expression de notre dénominateur commun le plus élevé. Au niveau de la Divinité, nos différences sont transcendées pour révéler le simple fait de notre existence, le fait qui exprime ce qu’il y a de meilleur en nous et d’où jaillit tout ce qui est bon en nous. D.ieu ne nous compte pas pour connaître notre nombre (ce qu’Il connaît, de toute évidence), ni même pour entrer en contact avec la quintessence de notre âme (ce qu’Il fait toujours, de toute évidence). Il nous compte pour illuminer l’âme de notre âme, pour donner libre expression à son essence et pour la rendre plus accessible à nos vies liées avec la matérialité. C’est là que réside le sens profond de l’expression «lever leurs têtes» dans l’instruction de D.ieu à Moché de compter le Peuple d’Israël. Quand D.ieu nous recense, Il stimule les parties les plus basses et les plus élevées de notre être, l’étincelle de Divinité qui réside au fond de notre âme. Dans le désert. Bamidbar se lit aussi «Dans le désert». Dans le désert, il n’y a pas de bureaux ni d’usines. Ainsi, si vous vivez dans le désert, vous ne pouvez travailler. Il n’y a pas de patron pour vous dominer et personne n’est sous vos ordres. Dans le désert, il n’y a pas de villes ni de voisins, vous ne pouvez être sur le bon ou sur le mauvais côté de la rue. Il n’ya pas de grands magasins ni d’épiciers, vous mangez la manne qui tombe du ciel et portez la même paire de chaussures pendant quarante ans. Ce sont les raisons pour lesquelles, affirment nos Sages, D.ieu nous donna la Torah dans le désert. S’Il nous l’avait donnée dans le quartier des affaires, Il aurait dû décider qui nommer à la direction et qui empêcher de s’en mêler. S’Il nous l’avait donnée en Terre Sainte, Il aurait dû décider s’Il la voulait dans la Jérusalem religieuse, la mystique Safed, la Tel Aviv hi-tech ou complètement ailleurs ! D.ieu ne voulait aucun actionnaire dans Sa Torah, aucune structure corporative, aucun contexte social ou politique. En fait, Il ne voulait aucun contexte du tout. Juste nous et la Torah. N’aurait-il pas été merveilleux, alors, de rester dans le désert ? Mais dès que D.ieu fut sûr que nous avions reçu le message, que nous avions compris que la Torah n’est le produit d’aucune époque, d’aucun environnement ou d’aucun milieu culturel en particulier, et qu’elle appartient, de façon absolue et sans équivoque, à tout un chacun, Il nous envoya dans les cités et les villes de Son monde, dans les fermes et les marchés, dans les universités et les bureaux. Il nous dit que maintenant, Il avait joué Son rôle et qu’il nous revenait à nous de faire en sorte que Sa Torah soit importante dans ces lieux et dans ces contextes. Mais, parfois, il est agréable de revenir de temps à autre dans le désert ! Tout au moins pour le visiter ! Etincelles de Machiah' Une prière spontanée Deux vieux ‘hassidim racontaient, un jour, ce qu’ils avaient eu l’occasion de voir chez les Rabbis qu’ils avaient connus. Un groupe s’était formé autour d’eux, buvant littéralement leurs paroles. Une longue discussion s’engagea alors et déboucha sur une question : comment serait le monde quand Machia’h viendrait ? Un des vieux ‘hassidim entreprit d’y répondre : «Quand Machia’h viendra, un Juif se lèvera le matin pour se préparer à prier – et sa prière coulera spontanément. De même, pendant toute la journée, chaque instant sera utilisé pour l’étude de la Torah et le service de D.ieu. Et tout viendra naturellement, sans effort». (d’après la tradition orale) H.N. Le coin de Halakha Quand doit-on se laver les mains ? Un Juif devrait être toujours conscient du fait que D.ieu se tient près de lui et observe ses actions, ses paroles et ses pensées car D.ieu remplit le monde entier de Sa gloire. C’est pourquoi il convient à tout moment de veiller à se comporter le mieux possible car on est en présence du Roi des rois, le Saint béni soit-Il. On veille particulièrement à la propreté des mains ainsi qu’à leur pureté. On les lavera donc soigneusement – si possible rituellement à l’aide d’un récipient dans les cas suivants : - quand on se réveille, après au moins une demi-heure de sommeil. - quand on sort des toilettes et de la salle de bains. - après s’être coupé les ongles ou les cheveux. - après avoir touché les chaussures en cuir. - après s’être lavé les cheveux. - après avoir touché un reptile. - après avoir touché ses pieds. - après avoir touché les endroits du corps normalement couverts. - en sortant d’un cimetière. - après un enterrement ou après avoir quitté une maison où se trouve un mort. - après une prise de sang. F. L. (d’après Junior Code of Law – Rav Dr Nissan Mindel) |