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Image Edito
Le temps du dégel
Etonnant, parfois, comme le passage du temps semble être à l’unisson de notre cœur. Le mois de Tévèt s’achève. Il a été, sous ces latitudes, celui du

froid, pour ainsi dire une figure du retrait par devers soi. Il a été surtout une période difficile pour tous ceux qui portent en eux l’amour de la liberté et de la paix, le sens de la lumière. Climatiquement parlant, rien ne paraît avoir profondément changé. L’hiver est toujours présent. Quant au dégel des cœurs, il est aussi lointain que les doux matins de printemps. Alors, de grisaille en soleil glacé, d’incompréhension en indifférence, parfois de désaccord en haine meurtrière, y a-t-il encore une place pour l’espoir ? Pour le peuple juif, la question est d’importance. Quel sens a donc la vie sans l’évidente attente du lever du jour ? Pourquoi persister à vivre l’Histoire si elle ne fait que reproduire, sous de multiples formes, les tours et les détours de la désespérance ?
C’est alors que le mois de Chevat apparaît. Certes, rien n’a changé mais quelque chose de subtil rend l’air plus frémissant qu’à l’accoutumée. Voici que nous entrons dans le mois de Tou Bichevat, cette date du 15 Chevat dont il est dit qu’elle marque le tout début d’un timide renouveau de la nature jusque-là endormie, en hibernation. Et si tout cela n’était pas seulement une affaire d’arbres et de végétaux ? Et si tout cela trouvait à s’exprimer en chaque homme ? Si le froid disparaissait pour de bon et laissait place à cette chaleur qui règne toujours lorsque des amis, ou des frères, se réunissent, même si, au dehors, les éléments entreprennent de contredire une si belle avancée ?
Au début de toutes les grandes choses, il faut sans doute un acte de foi, ou de confiance. Il faut qu’un souffle se lève qui, bousculant les barrières, fasse naître un esprit et un temps nouveaux. Une sorte de dégel. C’est aujourd’hui ce que nous sommes invités à vivre pour en faire, avec assurance, une réalité concrète. Car le passage du temps fait ici signe pour les hommes. Il nous montre une direction, désigne un chemin, ouvre une voie. Faisons un rêve. Nous possédons le monde dans notre cœur et nos actes peuvent le transformer profondément, essentiellement, en faire le «jardin de délices de D.ieu». Les rêves possèdent une qualité merveilleuse : donner à voir une vérité incontournable que seul le quotidien parvient à masquer à nos yeux. Le temps n’est-il pas venu d’enfin déchirer le voile ? Voici qu’au-delà des nuages, le jour se lève, lumineux. Sachons le contempler dès à présent. Il est le destin du monde, l’objet de son attente éternelle et son bonheur. Nos actes lui donne accès à la vie.
H. Nisenbaum

Etincelles
Partout, la lumière !

Parmi les dix plaies qui frappèrent l’Egypte figure celle de l’obscurité. «Moïse étendit sa main vers le ciel et il y eut l’obscurité sur toute la terre d’Egypte» dit le texte (Ex. 12 : 35). Puis il poursuit : «On ne vit pas son ami et ne se leva pas de sa place pendant trois jours et, pour tous les Juifs, il y eut de la lumière dans leurs lieux de résidence.» Ce dernier point nous indique que la lumière ne se limita pas au périmètre des maisons juives mais que, là où un Juif allait, la lumière l’accompagnait.
De la même façon, notre exil est un temps d’obscurité et celle-ci s’exprime moralement et spirituellement. Cependant, dès à présent, comme cela se passa pour nos ancêtres en Egypte, la lumière de la Sainteté nous accompagne où que nous soyons. Elle nous donne la force nécessaire pour parvenir à la Délivrance finale.
(D’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch  –
Chabbat Parachat Vayélè’h 5746) H.N.

Halakha
Qu’est-ce que le “Chema” ?

 Le “Chema” est une des prières centrales du judaïsme. Elle est, de fait, composée de trois paragraphes de la Torah: Deutéronome 6, 4-9; puis Deutéronome 11, 13-21; puis Nombres 15, 37-41. Ces trois paragraphes sont récités avec une grande concentration puisqu’ils exposent des principes essentiels: la croyance en l’Unité absolue de D.ieu qui amène à l’amour et à la crainte du Créateur; le principe du libre choix et de la récompense (et de la punition); l’importance du rappel de la sortie d’Egypte.
 Chacun, (homme, femme ou enfant) est tenu de réciter le Chema, une fois le matin et une fois le soir. On répétera également le Chema le soir avant de se coucher. Quand on entend l’assemblée des fidèles réciter le Chema, on le récitera en même temps, même si on n’est pas parvenu encore à ce passage de la prière afin de rester solidaire de la communauté. On récite également le Chema au chevet d’un mourant.
 On fait très attention de bien articuler tous les mots du Chema afin qu’ils ne soient pas détournés de leur sens original.
 Après la première phrase (Chema Israël, Ado-nay Elo-hénou Ado-nay E’had – Ecoute Israël l’Eternel est notre D.ieu, l’Eternel est Un), on intercale la phrase “Barou’h Chem Kevod Mal’houto LeOlam Vaèd” (Béni soit le Nom de la Gloire de Sa royauté à tout jamais) qu’on prononce à voix basse car elle a été prononcée par des anges (sauf à Yom Kippour où nous “ ressemblons à des anges ” puisque nous ne mangeons pas).
 On habituera les enfants, dès leur plus jeune âge, à réciter le Chema. On récite la première phrase en mettant la main droite sur les yeux afin de mieux se concentrer et, également, afin de réaliser que rien n’existe véritablement sans la Présence de D.ieu.

F. L. (d’après Rav Nissan Mangel)

Sidra
Bo : A l’intérieur du monstre

Il était une fois un petit village niché dans une vallée à l’ombre d’une montagne habitée par un méchant géant. Chaque matin, les villageois se réveillaient et se mettaient à courir pour sauver leur vie. Mais aussi loin qu’ils couraient, la silhouette terrifiante continuait à planer au-dessus de leurs têtes, étincelante et menaçante.
Un jour, un homme sage et courageux vint dans ce village. Au lieu de fuir, il se mit à grimper sur la montagne. Les gens avaient peur mais ils lui firent confiance et le suivirent. Il les conduisit aux pieds du géant, ouvrit une porte secrète dans le gros orteil du monstre, les mena par des tunnels tortueux dans ses entrailles et leur montra comment fonctionnaient les choses : les poulies qui muaient les bras tonitruants, la machine qui produisait les bruits effrayants. Et puis il arracha quelques fils de leurs emplacements et tout l’appareil se désintégra et ne fut plus que poussière.
Ce qui est étonnant, c’est qu’au moment où nous parvenons à la lecture de la Parachah Bo (Chemot 10-13), nous avons passé les neuf premiers chapitres du livre de Chemot à essayer de nous débarrasser du Pharaon. «Laisse partir mon peuple !» ne cesse de demander Moché au souverain égyptien, au nom de D.ieu. Et chaque fois, il est repoussé et renvoyé à un autre message de «laisse partir mon Peuple !» de D.ieu et à une autre promesse que Son Peuple finira de toutes les façons par partir.
Quel nom étrange que ce nom de la Paracha «Bo»,qui signifie «viens» et la Paracha est ainsi dénommée d’après la phrase «viens chez Pharaon» qui l’ouvre. Un nom décidément étrange pour la Paracha où finalement a lieu la sortie d’Egypte.
(Les noms des 54 Parachyot de la Torah dérivent toujours d’un mot ou d’une phrase par lesquels elles commencent. Mais il se trouve toujours que son nom exprime le thème et la signification centrale de la Paracha. Il est donc très étonnant que la Paracha qui relate que finalement nous sortons d’Egypte s’intitule «viens [chez Pharaon]»…)
Mais à certaines occasions, la seule manière de sortir est de rentrer plus profondément. Le Zohar explique que le commandement divin «Viens chez Pharaon» était une invitation à pénétrer dans l’essence même de Pharaon. «D.ieu prit Moché dans une chambre à l’intérieur d’une chambre, jusqu’au… serpent surnaturel et puissant où évoluent de nombreux niveaux…»
Tant que nous le percevons de l’extérieur, le méchant géant sur la montagne restera fort, mauvais et terrifiant, aussi loin que nous courions. Mais dès que nous l’assujettissons à la lumière de la connaissance de son intériorité, il se désintègre entièrement et devient de la poussière.

Pris au piège ? Non !
L’un des sentiments les plus terribles et effrayant est celui d’être pris au piège. Il n’y a aucune issue ! On est encerclé de toutes parts. C’est une situation que nous pouvons rencontrer (que D.ieu nous en préserve !), au sens littéral, en termes matériels ou physiques, dans un contexte de violence ou de guerre. Mais c’est aussi ce qui peut se produire en termes de détours et de contorsions dans une carrière ou dans de difficiles relations humaines. Etre pris au piège est aussi quelque chose que peut ressentir une personne dans son propre esprit ou son propre cœur. Piégé, incapable d’évoluer librement, acculé. Comme Pharaon, roi d’Egypte dans la Paracha de cette semaine.
En quoi était-il pris au piège ? Pharaon était l’oppresseur des Juifs. Eux étaient pris en otages ! Mais lui ?

Notre Paracha commence en nous relatant que
«D.ieu avait endurci le cœur de Pharaon».
Et c’est la raison pour laquelle il était incapable de répondre aux avertissements que lui donnait Moché et à la série de plaies qui s’abattaient les unes après les autres. D.ieu avait coincé Pharaon dans une position de défiance et apparemment, le roi égyptien ne pouvait rien faire. Il devait suivre le cours qui le conduirait inexorablement à la destruction.
Nos Sages apportent leur commentaire. Comment est-ce possible ? Il est sûr que D.ieu donne le libre-arbitre. Etait-il honnête de punir Pharaon si son refus de reconnaître D.ieu lui était imposé par D.ieu Lui-Même ?
L’une des plus célèbres explications de cette énigme fut donnée par Maïmonide. L’endurcissement du cœur de Pharaon était lui-même la punition pour la façon cruelle dont il traitait le peuple Juif. Quand un homme fait le mal, il se trouve prisonnier d’une situation à laquelle il ne peut pas échapper. Cela fait partie de la punition de son crime.
Nous trouvons aussi dans le Talmud une histoire à propos d’un Rabbi, Elicha, fils d’Abouya, surnommé A’her «l’autre», qui quitta les voies du Judaïsme. On en donne nombre d’explications parmi lesquelles l’influence de la culture grecque, la perplexité devant la souffrance des innocents et le fait de tirer des conclusions erronées d’une expérience mystique. Et puis, à un certain point de sa vie errante, il entend une voix céleste qui lui dit : «repentez-vous, enfants errants… sauf A’her». Il donna plus tard cet événement comme excuse pour ne s’être jamais repenti.
L’exclusion d’A’her de l’invitation générale à la repentance faisait elle-même partie de sa punition, comme dans le cas de Pharaon.
Néanmoins, l’enseignement du Judaïsme, dans toutes ses dimensions différentes, n’est pas si simple. Un commentaire important du Talmud, discutant du cas d’A’her, déclare : «Cependant, il n’aurait pas dû attacher de l’importance à cela… Rien ne résiste à la repentance».
L’enseignement de la ‘Hassidout nous explique qu’aussi profondément que peut avoir sombré un individu, et même s’il semble que D.ieu l’ait traqué dans son propre mal, la repentance est toujours possible. Elle peut être beaucoup plus difficile, même incroyablement difficile, mais elle est toujours possible. Pris au piège ? Non, jamais. Quiconque, même le Pharaon de l’Egypte ancienne, peut toujours sortir du gouffre et revenir à D.ieu. Nous sommes toujours libres.

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Edito
Une vie juive

Notre temps aime les classifications faciles. C’est ainsi que certains affectent de mettre d’un côté ce qu’il est convenu d’appeler les choses de « religion » et d’un autre les affaires dites « civiles ». On crée ainsi des territoires bien définis, élevant des barrières intellectuelles qu’on espère infranchissables entre des domaines de la pensée humaine. Cette attitude a certes des origines socio-historiques compréhensibles. Cependant, appliquée au judaïsme, elle ne peut prévenir l’apparition d’une certaine gêne. Car celui-ci est aussi éloigné de la notion de religion qu’il peut l’être, par exemple, de celle d’idéologie.
De fait, l’idée de « religion » s’accompagne généralement de la vision de rites séculaires, de pratiques à sens mystiques, d’un spiritualisme pour qui le monde n’est jamais qu’un lieu d’hébergement transitoire. Si cela a des conséquences en termes sociaux, politiques ou économiques, ce n’est alors qu’à titre secondaire. L’action de la « religion » est, comme par nature, « ailleurs ». Certes, le judaïsme est également constitué d’un ensemble de pratiques codifiées et ce n’est pas en vain que l’on a souvent souligné l’importance de son ritualisme. Il est pourtant bien autre chose : un mode de vie construit et global, une façon de considérer le monde. Dans cette optique, l’acte « civil » est d’une portée aussi déterminante que l’action qu’on qualifiera de plus spécifiquement « religieuse ». Pourrait-il, du reste, en être autrement ? Si le judaïsme a pour ambition d’établir le lien entre l’homme et D.ieu, ramener sa mise en œuvre aux heures privilégiées du rite ou de l’étude reviendrait à en limiter l’application et, partant, l’importance. Inversement, si cette notion courre bien au cœur du judaïsme, elle doit trouver son expression à chaque heure du jour ou de la nuit, dans tous les domaines de l’activité humaine. En d’autres termes, la judaïté se vit pleinement avec la constance du bonheur et non avec les à-coups de l’incertitude.
Peut-être est-ce là, justement, la richesse de son message. La vie se construit de tout ce que l’homme en fait et le service divin est une manière de dire son développement harmonieux, comme une lumière qui, l’habitant profondément, lui confère chaleur et énergie. C’est dire qu’il revient à chacun de choisir une vie plus pleine et signifiante, au sens où chaque acte est porteur d’un élément essentiel qui le dépasse. C’est dire aussi que chaque action a la capacité de transformer profondément le monde qui lui sert de théâtre. Transformer le monde, pour tous les hommes : un projet d’avenir.
H. Nisenbaum

Vivre avec la Paracha
L’opposition et l’obscurité

La Paracha de cette semaine commence avec le commandement de D.ieu à Moché de « venir » chez le Pharaon et de lui ordonner de libérer les Juifs de l’esclavage.
Pourquoi D.ieu dit-il à Moché de «venir» chez le Pharaon et non d’y «aller»? Le Zohar répond à cette question en expliquant que l’aura et la force du Pharaon envahissaient Moché au point qu’il avait peur de pénétrer dans ses appartements. D.ieu prit alors la main de Moché et l’invita à se rendre (avec Lui) chez le Pharaon.

L’opposition de l’intérieur
Le Zohar enseigne également que la force de s’opposer à D.ieu vient étonnamment de D.ieu Lui-même. Nous, êtres humains, choisissons soit d’engager la force que nous a attribuée D.ieu à Son service, soit de nous opposer à Lui. L’opposition du Pharaon était intense. Pour y parvenir, il s’engageait de toutes ses forces dans une sphère très profonde de la force divine.
Dans ce sens, le mot hébreu pour Pharaon - "Paroh" - est traduit par "découvert" ce qui implique la force fondamentale de D.ieu pour révéler (découvrir) Sa lumière. La même force qui permet à D.ieu de découvrir Sa lumière Lui permet également de la couvrir, donnant à l’homme l’option de dénier Son existence. C’est précisément cette dernière possibilité que choisit le Pharaon.
Quand Moché entra chez lui, il fut envahi par une immense aura de Divinité, que personne d’autre, y compris le Pharaon, ne pouvait sentir. D.ieu prit alors sa main et l’invita a y pénétrer à nouveau. Cette invitation donna à Moché la force d’affronter le Pharaon et mena finalement aux trois dernières plaies qui agirent pour enclencher la libération des Juifs.

L’actualisation
Dans le service de D.ieu, des obstacles gigantesques se dressent souvent sur notre chemin. Pour en donner un simple exemple, il est fréquent qu’un employeur nous menace de renvoi ou ne nous engage pas si nous refusons de travailler le Chabbat, de participer aux repas professionnels etc.. Notre pratique des commandements de la Torah peut éloigner de nous bon nombre de nos amis. Pouvons-nous, à notre tour, faire face à ces défis et vivre courageusement en accord avec nos principes et nos valeurs? Qui sait? Cette attitude courageuse sera peut-être ce qui va enclencher notre propre délivrance !
La Kabbale sur l’obscurité La neuvième des Dix Plaies d’Egypte fut la plaie de l’obscurité:
«Nul ne put voir son frère, nul ne put non plus se lever de sa place, pendant trois jours; mais pour les Enfants d’Israël, il y eut de la lumière dans toutes leurs résidences» (Chemot 10:23)
La plaie physique de l’obscurité prend ses racines dans l’obscurité spirituelle, qui peut être définie comme une absence de la présence révélée de D.ieu. Dans une réflexion sur l’origine spirituelle de cette plaie, le Midrach cite deux opinions: Rabbi Nehemia enseignait que l’obscurité prenait sa source dans les régions du Guehinom (le «lieu» où, après la mort, l’homme est purifié des fautes commises). Quant à Rabbi Yehouda, il précisait qu’elle tirait son origine des sphères célestes.

La Hassidout explique la différence entre ces deux formes d’obscurité:

1. L’obscurité classique, associée au Guehinom, agit comme un rideau. Quand un rideau est tiré sur une fenêtre, il obstrue la lumière du soleil et laisse la pièce complètement dans le noir. C'est là l’obscurité du Guehinom où la présence de D.ieu est complètement cachée.
2. L’obscurité céleste est primordiale; elle précède toute lumière. L’essence de D.ieu est au-delà de toute révélation. Quand Il choisit de Se révéler, Il irradie à l’extérieur, de sorte que cette lumière soit visible. Mais au-delà de cette lumière, règne toujours l’obscurité. C’est là le domaine de Son essence et l’essence ne requiert pas de lumière. Elle ne manque pas de luminosité car elle transcende toute lumière.

Au niveau humain
Ces deux formes d’obscurité spirituelle, quand elles sont vécues au niveau humain, suscitent deux réactions différentes. L’obscurité classique est le voilement de la lumière. Abandonné dans l’obscurité spirituelle, l’être humain aspire à la Divinité parce que sa situation aspire à la lumière.
L’obscurité céleste a des effets spirituels négatifs au niveau humain. C’est la transcendance de la lumière mais comme l’être humain ne transcende pas la lumière, il la ressent comme une satisfaction dans l’obscurité. Sujet à une telle satisfaction pendant une période de temps prolongée, il risque de perdre complètement le sens de la vertu de la Divinité.

L’aveuglement et l’immobilité
L’obscurité physique affecta les Egyptiens de deux manières. Tout d’abord, «personne ne put voir son frère» et «personne ne put se lever de sa place». Le Midrach enseigne que cette plaie dura six jours. Les trois premiers jours, les Egyptiens ne purent se voir mais ils étaient toujours capables de se lever et de se déplacer. Durant les trois derniers jours, l’obscurité s’intensifia au point de paralyser le moindre de leur mouvement.
Ces deux périodes de trois jours peuvent être considérées comme correspondant aux deux types d’obscurités dont on vient de parler. Durant les trois premiers jours, les Egyptiens vécurent l’obscurité classique où l’on se sent privé de la lumière à laquelle l’on aspire. Ils ne pouvaient voir «leur frère», «frère» étant une métaphore pour la lumière de D.ieu. Ils voulaient retenir cette lumière mais le noir les en empêchaient. Durant la seconde période, l’obscurité prit une forme céleste. Ils étaient satisfaits de l’obscurité, n'aspiraient plus à voir leur frère, mais «ils ne pouvaient se lever de leur place». Leur «place» se réfère à leur satisfaction dans l’obscurité. Ils ne pouvaient plus dépasser ce contentement pour apprécier la valeur de la lumière de D.ieu. 

Les deux antidotes
Que faisaient les Enfants d’Israël pendant que les Egyptiens étaient plongés dans l’obscurité ?
Le Midrach cite les deux desseins que servit la plaie de l’obscurité:

1. De nombreux Juifs ne voulaient pas quitter l’Egypte. Aussi D.ieu décréta-t-Il qu’ils y mourraient. Les Egyptiens restèrent dans l’ignorance de ce fait qui se produisit dans l’obscurité.
2. L’obscurité donna l’occasion aux Juifs de circuler dans les maisons égyptiennes afin de repérer les objets précieux qu’ils emprunteraient plus tard. Quand ils demanderaient aux Egyptiens de les leur prêter, ces derniers ne pourraient nier les posséder, les Hébreux leur indiquant l’endroit où ils étaient cachés.
Selon l’un des commentateurs, les deux raisons sont valides. Pendant les trois premiers jours, les Juifs enterrèrent leurs morts et durant les trois derniers, ils explorèrent les maisons égyptiennes.

A un niveau métaphorique, ces deux activités constituent les antidotes aux deux formes d’obscurités évoquées :
1. L’antidote à l’obscurité qui voile la lumière est d’ouvrir le rideau et de pénétrer dans la lumière. Durant les trois premiers jours, alors que les Egyptiens aspiraient à la clarté, les Juifs y pénétrèrent. Ils distinguaient clairement l’obscurité de la lumière et les justes des impies. Ils comprirent pourquoi leurs frères étaient morts et se hâtèrent de les enterrer pour enlever toutes traces d’impiété parmi eux.

2. L’antidote à l’obscurité qui se satisfait d’elle-même est de regarder dans le noir et d’identifier son origine divine: reconnaître que la satisfaction de l’homme sans lumière est un reflet du fait que Son créateur transcende la lumière. Durant la seconde période de trois jours, alors que les Egyptiens restaient sur place, satisfaits de l’obscurité, les Juifs regardèrent dans les lieux secrets et découvrirent des trésors en or et en argent. Selon la Kabbale, ces deux métaux représentent l’amour de D.ieu. Les Juifs cherchèrent dans l’obscurité et découvrirent leur amour pour leurs racines divines cachées.

Etincelles de Machiah'
La foi
Nos Sages enseignent (Mé’hilta sur Exode 14 : 31) :
«C’est par le mérite de la foi que nos ancêtres ont été libérés d’Egypte
De manière similaire, notre Délivrance future arrivera par le mérite du fait que notre peuple, en dépit de la profonde obscurité de cet exil, croit fermement en la venue du Machia’h.         
(d’après Likoutei Si’hot, vol. III, p.872) H.N.

 
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