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Edito Aujourd’hui, notre rôle Une fois de plus, le canon tonne. Une fois de plus, l’armée d’Israël a dû prendre les armes et s’engager dans une lutte difficile pour défendre bien plus que des frontières :
la vie même de millions de Juifs qui ne veulent que vivre en paix sur leur terre, cette terre qui n’a jamais quitté l’esprit ni le cœur de nos ancêtres depuis le début de ce si long exil. Chacun le sait, le peuple juif n’est pas aujourd’hui plus que dans les siècles passés un peuple de conquérants. Pour lui, la conquête essentielle est celle de soi-même et celle-ci demande bien davantage, et de façon bien différente, que la construction de ces glorieux empires que l’Histoire balaie presque aussitôt qu’ils ont atteint leur apogée. C’est dans de tels moments, où tant de choses sont en jeu, qu’un sentiment précieux émerge avec une force nouvelle : l’unité du peuple juif. De fait, le cœur de chacun bat, à présent, au rythme des événements ; il se réjouit quand les barbares assassins de civils, les tenants du fanatisme et de la violence aveugle, même suicidaire, reculent ; il tremble quand les nouvelles tardent à venir. Décidément, comme le soulignent les Sages, le peuple juif est toujours une entité unique et ce qui concerne cette Terre «sur laquelle sont posés les yeux de D.ieu du début à la fin de l’année» nous touche au plus profond. Nous en sommes conscients : les guerres du peuple juif ne sont pas tout à fait des conflits comme les autres. Car la vie du peuple juif n’est pas non plus exactement comme les autres. Bien sûr, c’est d’une guerre qu’il s’agit et ce sont des armes qui, hélas, font entendre leur voix. Cependant, il faut nous souvenir que les ressorts sont d’abord ailleurs. Dans nos combats, particulièrement les plus justes et légitimes, c’est D.ieu qu’il nous appartient d’invoquer. La lutte matérielle se déroule, prenons garde d’oublier son socle spirituel. Toute l’histoire de notre peuple tient dans ces quelques mots, ses victoires aussi. Bien loin, là encore, du cruel orgueil des guerriers ou des certitudes exterminatrices des fanatiques. Dès lors, la question se pose d’elle-même : et nous ? Que pouvons-nous faire ? A des milliers de kilomètres de la zone des combats, citoyens fidèles des pays où nous sommes installés mais pénétrés de ce sentiment d’unité, comment agir ? Une phrase du Talmud résonne à nos oreilles. Antique, elle paraît avoir été dite pour notre temps. Commentant le verset «Et tous les peuples de la terre verront que le Nom de D.ieu est appelé sur toi et ils te craindront», les Sages précisent : «Ce sont les Téfilines de la tête». En 1967, le Rabbi de Loubavitch citait ces mots et soulignait que cette protection est accessible à tous, que celui qui met les Téfilines concourt à la sauvegarde de tous ceux qui, sur le front, mènent la lutte de la vie et de la liberté. C’est aujourd’hui notre part. A nous d’agir, pour la lumière et pour la paix. H. Nisenbaum Sidra Chemot : des éclats d’infinité Et ils endurcirent leur vie avec des travaux pénibles, avec du mortier et des briques et toutes sortes de travaux des champs ; tout le labeur auquel ils étaient astreints était un labeur écrasant (Chemot 1 :14). L’expression «labeur écrasant» (avodat péré’h) apparaît fréquemment dans le récit que rend la Torah du galout (exil et esclavage égyptien), dans le texte de la Haggada et dans la symbolique des rites du Séder. Qu’est-ce qu’un «labeur écrasant» ? Maïmonide le définit comme un «travail qui n’a ni limite ni but». Le travail, même le plus difficile, qui a une fin et un objectif définis ne démoralise pas comme un travail incessant et futile. Les Egyptiens, dont le but de l’esclavagisme était de briser l’esprit du Peuple Juif, refusaient de donner quelque programme logique, efficacité ou utilité que ce soient à leur travail. Ils les faisaient travailler aux heures les plus irrationnelles, leur donnait à faire ce qui convenait le moins à leurs aptitudes et détruisaient sans cesse ce qu’ils avaient construit pour le leur refaire faire. Pour bien renforcer ses décrets, le Pharaon avait nommé des contremaîtres armés de fouets. Aujourd’hui, notre monde a progressé au point que des millions de sujets se soumettent volontairement à un travail qui n’a ni limites ni but : un travail qui déborde les heures officielles pour envahir chaque moment et chaque pensée du jour, un travail dicté non par les aptitudes et les ressources du travailleur mais par le statut et la mode, un travail qui n’est pas le moyen qui mène à une fin mais une «carrière», une entreprise qui se perpétue elle-même pour devenir sa propre fin et son propre objectif. (C’est là le sens profond du décret du Pharaon «tous les garçons qui naîtront, vous les jetterez dans le Nil». Le Nil, qui irriguait les champs d’une Egypte sans pluie, était le pilier central de son économie et donc son dieu le plus vénéré. Jeter son enfant dans le Nil, au sens spirituel, signifie l’immerger dans une culture qui déifie le carriérisme, qui adore les véhicules matériels de la subsistance physique comme une fin en soi). Des vies sans fin Par nature, le moi physique est fini et pragmatique. Ainsi, qu’est-ce qui le dirige et le soutient dans un tel travail illimité ? Quelle peut être la source de sa persévérance dans la poursuite infinie et jamais atteinte de la réussite matérielle ? Un tel acharnement, une telle énergie sans limites ne peuvent avoir qu’une source unique : l’étincelle de divinité qui est l’essence de l’âme de l’homme. Seule l’âme qui aspire l’infinité de sa source divine peut manifester une telle vigueur, seule l’âme dont l’engagement à son Créateur est une fin en soi, nonobstant les buts visibles et des objectifs calculables peut être la force agissante derrière un travail qui n’a «ni limites, ni but». L’âme de l’homme est donc sujette au galout dans le galout : non seulement est-elle empêchée d’exprimer sa nature véritable mais elle est forcée à le faire d’une manière contraire à ses désirs profonds. Non seulement est-elle restreinte dans le moi physique et le monde mais elle souffre également de l’usurpation des forces de son essence profonde pour diriger les travaux matériels du moi physique. Non seulement l’aptitude de l’âme pour l’infini et l’engagement illimité est-elle inhibée et réprimée mais elle est détournée vers une quête infinie de gain matériel. La discipline de la liberté La route pour sortir d’Egypte passe par le Sinaï. La Torah régule notre implication dans le monde matériel. Elle nous enseigne que nous pouvons, et devons travailler, créer et mener des affaires pendant les six jours de la semaine mais que le septième jour, non seulement tout travail doit cesser mais nous devons nous mettre dans un état d’esprit où «tout ton travail est accompli». Sur une base quotidienne, elle nous demande de réserver des îlots inviolables dans le temps dévolus à la prière et à l’étude de la Torah. Et constamment, une multitude de lois de la Torah définissent ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, dans le travail et dans le plaisir. La Torah nous enjoint également de «manger du travail de tes mains», de n’investir que nos facultés externes dans le labeur pour gagner sa subsistance, réservant nos talents les plus raffinés à la poursuite de buts spirituels. Et elle insiste sur le fait que toutes les aspirations matérielles ne doivent être qu’un moyen vers une fin, un réceptacle pour recevoir les bénédictions divines et un outil pour nous aider dans le travail de notre vie consacré à apporter la Divinité et la Sainteté dans notre monde. En restreignant ainsi notre vie matérielle, la Torah libère notre âme. En limitant l’étendue et la nature de nos implications matérielles, la Torah délivre notre capacité d’engagement illimité de son exil matériel, lui permettant de suivre son cours naturel : servir D.ieu d’une manière qui soit «sans limite ni but», au sens positif, d’une manière qui transcende les paramètres du moi, de l’égocentrisme et notre idée même de ce qu’est un véritable engagement. Etincelles Une double lumière Lorsqu’il est question de la nouvelle ère que Machia’h introduira, il est souvent fait référence à l’intense “lumière” Divine qui brillera alors sur le monde. Cette notion de “lumière” doit, bien entendu, être comprise dans son sens spirituel : elle désigne la révélation de D.ieu. A ce sujet, il est enseigné que ce véritable dévoilement peut prendre deux formes. Il peut venir “d’en-Haut”, c’est-à-dire sans que le monde change fondamentalement. Dans un tel cas, la “lumière” est infinie car elle ne tient pas compte des limites de la création. En revanche, elle peut aussi apparaître après l’élévation du monde qui parvient au niveau de cette révélation. Dans ce sens, la “lumière” en question, révélée à la mesure du monde, peut le pénétrer plus profondément. Il en ressort que chacune de ces deux formes de révélation possède sa qualité propre. Aussi est-il précisé que, lorsque le Machia’h viendra, elles seront réunies : la lumière divine apparaîtra révélée dans un monde à la mesure de l’Infini. (D’après Likouteï Torah, Parchat Rééh 26a) H.N Halakha Comment éviter les mauvais rêves ? Il convient de ne pas attacher d’importance aux rêves et d’éviter l’apparition de mauvais rêves. Seules les personnes dont la conduite, les paroles et les pensées sont conformes en tous points aux vues de la Torah peuvent attacher une certaine importance à leurs rêves. Pour les autres, elles doivent réaliser que les rêves ne sont souvent qu’une ruse du mauvais penchant pour les détourner des sujets importants et réels. Voici quelques conseils donnés par le Rabbi de Loubavitch dans ses lettres et ses livres : - il convient de faire vérifier ses Téfiline et Mezouzot, surtout la Mezouza de la chambre à coucher. - il ne faut pas réfléchir à ses rêves car ils n’ont aucune réalité. - un homme mettra quelques pièces à la Tsedaka (charité) chaque matin avant la prière. Une femme mettra chaque matin des pièces à la Tsedaka ainsi qu’avant l’allumage des bougies de Chabbat et Yom Tov. - un homme récitera soigneusement le Chema et les prières qui l’accompagnent avant de dormir ; il dormira avec un «Talit Katane» cachère et avec la tête couverte (d’une Kippa par exemple). Une femme récitera au moins le premier paragraphe du Chema et la bénédiction «Hamapil» ; auparavant, elle lira des histoires de la vie des Rébbeim et des ‘Hassidim. - lorsque les Cohanim bénissent l’assemblée – pendant la prière des jours de fête – on prononcera la prière demandant à ce que tous les rêves (qu’on a fait soi-même ou que les autres ont fait à notre propos) soient dirigés vers le bien. - on évitera dans la journée de réfléchir à des sujets vains ou, pire, nocifs («Ma’hachavot Zarot»). - un homme se trempera si possible chaque matin au Mikvé (bain rituel). - on étudiera régulièrement la Torah, en particulier «Hitat» la section quotidienne du ‘Houmach, des Tehilim (Psaumes) et du Tanya. - si on est dérangé par l’apparition d’un défunt, on vérifiera que l’enterrement a été réalisé comme le demande la ‘Hala’ha et que le «Kaddich» est récité comme il convient. F. L. (d’après Rav Yoav Lemberg – Michpa’ha ‘Hassidit)
- o - o - o - o - o - o - o - o - Edito Identités En ces temps de mondialisation, il paraît bien souvent difficile, voire malvenu, de parler des différences culturelles ou spirituelles entre les hommes ou les civilisations. De fait, pour certains, l’avenir ne pourra être radieux que s’il fabrique un modèle unique d’humain. C’est ainsi qu’est conviée à s’effacer peu à peu la diversité des visions du monde et des modes de vie. C’est ainsi que se met en place ce grand village global à l’échelle de la planète où l’on apprend à rire et se réjouir des mêmes choses au même moment, à se nourrir de la même façon et, en somme, à vivre à l’identique d’un bout à l’autre du monde, avec l’incapacité générale à penser et encore moins à comprendre l’autre. Dans ce contexte, il n’est guère surprenant que le peuple juif, où qu’il vive, se sente parfois comme peu en phase avec ceux qui l’entourent. N’incarne-t-il pas le particularisme à contre-courant, une fois de plus, de la pensée commune ? Ne prétend-il pas, avec entêtement, qu’un universalisme de bon aloi ne peut que s’adosser à une identité chaleureusement vécue ? Identité : le grand mot est prononcé. C’est là une notion presque impalpable tant sa définition varie selon celui qui la donne. Elle est pourtant toujours là, présente, porteuse d’une chaleur étonnante au plus près du cœur. Le peuple juif en a une longue et ancienne expérience. Il sait comment la préserver avec toute l’attention que méritent les choses précieuses et surtout comment la vivre sans en faire un instrument d’exclusion. Car n’est-ce pas là que se trouve la vraie question ? Les Juifs ont eu le temps d’y réfléchir et ont appris, souvent dans les tourmentes de l’histoire, à proposer quelques réponses. Peuple de toujours minoritaire, possédant un sens rare de l’Histoire, il a appris à vivre au sein de cultures dominantes, comprenant leur grandeur, partageant leurs modes de vie tout en laissant sa petite musique propre faire résonner les âmes et les consciences. Aller vers l’autre sans jamais s’oublier : presque une gageure. Pourtant, existe-t-il un autre chemin sinon celui de la perte de soi-même et de ses espoirs, sinon un avenir dépourvu de sens parce que sans passé ? Aujourd’hui, les rythmes sociaux, scandés par les grands tam-tams de notre temps invitent à la réjouissance automatique. C’est alors que les enjeux se concrétisent. Il faut se garder d’imiter certains arbres de la saison : gardons nos racines ! H.Nisenbaum
Vivre avec la Paracha Où est D.ieu quand ça fait mal ? La Paracha de cette semaine relate l’épisode tragique d’un peuple souffrant pendant des décades sous l’emprise d’un empire cruel et brutal. Les garçons nouveau-nés sont jetés dans le Nil, les femmes et les hommes juifs sont soumis aux travaux forcés, battus et torturés sans merci. La vie juive n’a plus de valeur. «Un long moment est passé et le roi égyptien est mort», déclare la Bible. «Le Peuple Juif gémit à cause de son esclavage et ils pleurèrent». La tradition midrachique explique que ce verset signifie que le chef égyptien fut envahi par une lèpre, comparable à la mort, et que ses médecins lui affirmèrent que le seul moyen d’en guérir était d’exécuter des enfants hébreux, cent cinquante le matin et cent cinquante le soir, et de se baigner, deux fois par jour, dans leur sang. La douleur du Peuple Juif devint alors insupportable. C’est à ce point que «leur cri monta vers D.ieu ; D.ieu entendit leurs gémissements». Dans un coin reculé du désert de Sinaï, D.ieu persuada Moché d’abandonner sa vie solitaire et introvertie de berger et d’entrer dans la gueule du loup pour libérer de l’esclavage son peuple brisé. Dans un dialogue d’une puissance inégalée entre Moché et le Tout Puissant, Moché dit à D.ieu : «Voici, je me rendrai auprès des Enfants d’Israël et je leur dirai : ‘Le D.ieu de vos Pères m’a envoyé à vous’ et ils diront : ‘quel est Son nom ?’, que leur répondrai-je ?». ‘Je serai tout comme Je serai’ répondit D.ieu à Moché, ‘dis aux Enfants d’Israël : ‘ «Je serai» m’a envoyé à vous’». D.ieu en exil La signification de cette réponse nous échappe. Moché demande à D.ieu Son Nom et la réponse en est : «Je serai tout comme Je serai». Quel sens se cache-t-il derrière ces mots curieux ? Le grand commentateur biblique, Rachi, s’appuyant sur la tradition talmudique, complète les mots manquants : «Je serai [avec vous dans votre détresse présente] tout comme Je serai [avec vous dans vos persécutions et vos exils futurs]». Mais cette explication paraît également elliptique. Moché demande à D.ieu un nom, un moyen d’identification qu’il pourra alors communiquer au Peuple Juif. Et en réponse, D.ieu lui présente un verbe plutôt qu’un nom précis : une activité plutôt qu’une description. Une question étrange Pour apprécier la réponse de D.ieu, il nous faut au préalable comprendre la question de Moché. Moché dit à D.ieu : «Voici, je me rendrai auprès des Enfants d’Israël et je leur dirai : le D.ieu de vos Pères m’a envoyé à vous’ et ils diront : quel est Son nom ? Que leur répondrai-je ? Maïmonide, dans son «Guide des Egarés», soulève une question : Pourquoi Moché était-il convaincu que le Peuple Juif voudrait savoir le Nom du D.ieu qui l’avait envoyé en mission pour les libérer de l’esclavage ? Il semblerait qu’en montrant qu’il connaissait le nom de D.ieu, il authentifierait, dans une certaine mesure, sa présence en tant que messager divin pour sauver les Hébreux d’Egypte. Mais pourquoi ? S’ils avaient entendu le Nom de D.ieu avant la venue de Moché, il est facile d’imaginer que Moché Le détenait de la même source qu’eux et pas nécessairement de D.ieu. Et si par contre, ils ne l’avaient jamais entendu, comment ce nouveau nom, qu’ils entendraient de la bouche de Moché, pourrait-il les persuader de lui faire confiance ? Plus encore, Moché fait précéder sa question des mots : «Voici, je me rendrai auprès des Enfants d’Israël et je leur dirai : ‘le D.ieu de vos Pères m’a envoyé à vous’ et ils diront : ‘quel est Son nom ?’». Moché parlera avec eux du D.ieu de leurs Pères, un D.ieu dont ils ont entendu parler par leurs pères. Ces derniers n’avaient-ils donc jamais partagé avec eux le Nom de ce D.ieu ? Comment se pouvaient-ils qu’ils parlent de ce D.ieu et Le prient sans Lui donner de nom ou de description ? La question des questions Dans ces paroles de Moché, il ne cherche pas l’identité de D.ieu ou Son titre. Il Lui adresse La question qui assaille le cœur, la question des questions, celle qui sera, avec certitude, formulée par les Hébreux vers lesquels il est envoyé. «Quel est Son nom ?» crieront les esclaves juifs à Moché. Pendant plus de huit décades, nous avons suffoqué sous le joug d’une tyrannie brutale. Des milliers et des milliers de nos enfants ont été abattus pour que le Pharaon puisse se baigner quotidiennement dans le sang juif : des bébés ont été arrachés du giron de leur mère et jetés dans la rivière. Nous avons été battus, humiliés, torturés, tués. Les Egyptiens ont fait de notre vie un cauchemar infernal et ont transformé notre dignité en une sous-humanité. Et soudain, le grand et puissant D.ieu des cieux et de la terre, Qui crée et gouverne le monde entier, décide de ressentir notre douleur ? «Quel est Son nom ?» tonneront les esclaves. Toi, Moché, tu dis que D.ieu «a vu la souffrance de Son peuple en Egypte» et c’est la raison pour laquelle Il t’envoie nous sauver. Mais où était-Il jusqu’à aujourd’hui ? Quel est Son nom, quel est le caractère de D.ieu Qui peut rester dans les cieux, insensible alors que des bébés sont arrachés aux bras de leur mère et jetés dans le Nil pour que Pharaon se baigne dans leur sang ? Où était-Il pendant les quatre-vingt-six ans où nous avons été massacrés sous les fouets mortels des chefs égyptiens ? Est-ce ce D.ieu que nous devons accepter et suivre ? Est-ce le D.ieu en Qui nous devons avoir confiance ? Et est-ce D.ieu envers Lequel nous devons exprimer notre gratitude ? Un D.ieu Qui a été indifférent aux larmes et aux gémissements de l’humanité ? La réponse Jamais dans l’histoire, D.ieu n’a répondu à cette question, la plus grave de toutes les questions. Le livre de Job, dédié à la question de la souffrance des innocents, se conclut avec une révélation de D.ieu à Job, lui disant en substance qu’il n’existe aucun moyen pour l’esprit humain de créer les constructions logiques dans lesquelles peut s’inscrire le comportement de D.ieu. Le fini et l’infini ne peuvent tout simplement pas se rencontrer. D.ieu ne donna pas non plus la réponse à Moché. C’est la raison pour laquelle, à la fin de la Paracha de cette semaine, Moché s’adresse à D.ieu avec des paroles extrêmement dures : «Mon Seigneur ! Pourquoi as-Tu fait du mal à ce peuple ? Pourquoi m’as-Tu envoyé ? Depuis le moment où je me suis rendu chez Pharaon pour parler en Ton nom, il a fait du mal à ce peuple, mais Tu n’as pas sauvé Ton peuple !» Et que transmet D.ieu au Peuple Juif à travers Moché, «Je serai tout comme Je serai» ! Comme nous l’avons souligné, les Sages du Talmud et Rachi expliquent ces mots ainsi : «Je serai avec vous dans votre détresse présente tout comme Je le serai dans vos exils et vos persécutions futurs». Quel message se cache derrière ces mots ? Je suis un mystère, confesse D.ieu. Je suis étrange, infiniment étrange. Mon écriture de l’histoire est tout à fait illisible pour l’esprit et le cœur humains. Et pourtant, vous devez savoir une chose : Je ne suis pas un D.ieu indifférent, résidant dans les Cieux et gouvernant théoriquement la destinée de chaque être humain selon le sens que Je définis. Je suis présent dans votre angoisse. Je suis dans les lamentations des esclaves battus, dans les gémissements de la mère à qui l’on a arraché son enfant, dans le sang répandu d’un enfant assassiné. Vous pleurez ? Je pleure avec vous. Vous êtes écrasés ? Je suis écrasé avec vous. Quelle que soit la profondeur de l’obscurité dans laquelle vous vous trouvez, J’y suis encore plus profondément. Je n’orchestre pas la souffrance humaine depuis une planète distante, éloignée de votre détresse existentielle. Je suis là avec vous, souffrant avec vous, sanglotant avec vous, priant pour la rédemption avec vous. Il se peut que l’homme ne comprenne jamais l’ «esprit» de D.ieu. Mais ne laisse pas penser, dit D.ieu à Moché, que D.ieu Qui comprend le dessein de la souffrance, se permette le luxe de ne pas ressentir l’intensité de l’obscurité. Chaque larme que vous versez devient Sa larme. Il se peut qu’Il ne les essuie pas, mais Il les fait siennes. Basé sur un discours du Rabbi, Chabbat Chemot 5743. Likouté Si’hot Vol.26 Etincelles de Machiah' Le Juste et le mauvais Dans les anciennes générations, il y avait des Justes d’une vérité absolue, proches du niveau de prophétie et d’inspiration divine. D’un autre côté, il y avait des hommes éloignés de tout bien. Dans les dernières générations, au temps des «talons de Machia’h», il n’y a pas de Justes parfaits non plus que d’hommes tout à fait mauvais. (d’après Chaarei Orah, p.44) H.N. Le coin de la Halakha Comment fête-t-on le troisième anniversaire d’un petit garçon ? Rav Haïm Vital (qui vécut au 16ème siècle à Safed) raconta comment le saint Ari Zal coupa les cheveux de son fils seulement une fois qu’il eut atteint l’âge de trois ans, à Méron, près du tombeau de Rabbi Chimon Bar Yo’haï. Cette coutume est très importante et a été respectée tout au long des générations. On organise une fête à cette occasion et on invite le Rav ou un personnage important à couper la première mèche. Puis chacun des participants en fait de même. Il convient de veiller à laisser les «Peot», donc à ne pas couper les «pattes», environ jusqu’au milieu des oreilles. A partir de ce jour, l’enfant portera le «Talit Katane» (vêtement rituel à franges, porté sous la chemise). S’il est interdit de couper les cheveux le jour du troisième anniversaire (par exemple, Chabbat, Roch Hodech, les fêtes, la période du Omer ou des trois semaines), on procèdera plus tard à cette petite cérémonie ; cependant, le petit garçon portera le Talit Katane dès le jour de son troisième anniversaire. (A propos de la Kippa, il convient d’habituer l’enfant à la porter dès le plus jeune âge, au moins à partir du moment où il marche). Par ailleurs, on habituera l’enfant à réciter les bénédictions du matin, le Birkat Hamazone après le repas et le «Chema» avant de dormir. Dès que l’enfant commence à parler, son père lui enseigne le verset «Torah Tsiva Lanou Moché, Moracha Kehilat Yaakov» («La Torah que Moché-Moïse nous a donnée est un héritage pour la communauté de Jacob») ainsi que le «Chema Israël». A partir de l’âge de trois ans, on lui apprendra à suivre les versets sur un livre. Le Rabbi de Loubavitch a demandé que tous les enfants juifs apprennent par cœur au moins douze versets et paroles de nos Sages (on peut se procurer la liste de ces versets auprès du Beth Loubavitch et de l’organisation Tsivot Hachem). F. L. (d’après Rav Barou’h Tchikavchili) |