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Edito Leçons d’harmonie Et si l’on parlait d’harmonie ? Et si, tout à coup, le temps était venu de la sérénité active ? Si le temps était enfin là où l’homme pourrait être en accord profond avec lui-
même, avec ses semblables, avec son environnement, avec l’ensemble du cadre prodigieux de nos actions quotidiennes : la création divine ? N’est-ce pas là qu’un rêve vain, une aspiration éternellement inassouvie pour l’homme enchaîné à la grossièreté du monde matériel, alourdi par sa propre matérialité mais dont l’âme est toujours sur un chemin d’envol, comme attirée par le sublime ? Difficile de résoudre une telle contradiction… Pourtant, c’est là l’enjeu des semaines qui passent. De fait, en cette période de l’année où nous assistons, témoins enthousiastes, à la renaissance de la nature ou, mieux, à la résurgence soudaine de toutes ses forces que l’hiver avait étouffées, voici qu’en nous-mêmes un processus similaire se met en marche. Le monde nous paraît en quelque sorte plus grand, à la mesure de nos appétits physiques presque insatiables. Il y a là, sans doute, de quoi soulever en chacun quelques interrogations. L’homme serait-il soumis, impuissant, aux grands cycles saisonniers ? Ne mérite-t-il pas un sort plus noble que celui de simple objet d’évolutions qui le dépassent ? C’est justement alors que, partout, retentit le chant de l’étude : les Pirkei Avot – les «Maximes des Pères» – sont au rendez-vous et ils désignent la voie de l’humain. On a tôt fait de dire qu’il s’agit d’un texte de « morale » dont nos Sages ont instauré la lecture chaque Chabbat de la période. Il va bien au-delà de cette considération, pourtant loin d’être négligeable. Ce que ce texte enseigne, c’est d’abord que l’homme – créature divine – peut se lier au Divin. Il nous dit que, en chaque aspect de la vie, il y a une manière d’Etre qui donne sens à l’existence. Il affirme que le progrès personnel et collectif est possible et que la liberté – absolue, sans aliénation – est à la portée de celui qui désire la conquérir de toute son âme. Y a-t-il harmonie plus prodigieuse ? Si l’homme accepte d’être lui-même et non ce qui lui est dicté par la pesanteur des choses, il ouvre un chemin et y amène une lumière. Il devient ainsi porteur de paix, facteur d’un changement essentiel. Alors que nous vivons un moment de l’histoire où les vociférations des barbares peinent à soulever la colère des civilisations, oublieuses, indifférentes ou timorées, l’harmonie – pouvoir individuel et puissance collective – réapparaît dans sa pleine grandeur. Les Pirkei Avot : un texte à étudier… pour la Vie. H. Nisenbaum Résumé de la Paracha AH'ARE-KEDOCHIM
Les lois relatives à la morale sexuelle sont précisées et le caractère sacré de la vie affirmé. C'est aussi dans la paracha Kedochim qu'est exprimé le principe que Rabbi Akiva qualifie de cardinal et dont Hillel dit qu'il contient la Torah toute entière : " Aime ton prochain comme toi-même ". Etincelles de Machiah' L’amour du prochain : une atmosphère nouvelle «Tu aimeras ton prochain comme toi-même» (Lev. 19 : 18). C’est là un commandement qui incombe, depuis toujours, au peuple juif. Les Pirkei Avot nous l’enseignent également sous cette forme : «Sois des disciples d’Aharon : aime la paix, poursuis la paix, aime les créatures et approche-les de la Torah». Cette idée est particulièrement essentielle en notre temps alors qu’approche la Délivrance qui nous fera sortir de cet exil, conséquence d’une haine fratricide. Il nous appartient aujourd’hui de passer à l’étape suivante, de sentir, dès à présent, l’atmosphère nouvelle d’amour du prochain qui apparaîtra avec la venue de Machia’h. En la vivant maintenant, alors que nous sommes encore en exil, nous hâterons l’avènement du nouveau temps. (D’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch Chabbat Parachat Matot Massei 5751) H.N. Le Coin de la Halakha Quelle est «la voie médiane en or» préconisée par nos Sages ? - On ne doit aspirer qu’aux objets essentiels ; on doit travailler juste suffisamment pour obtenir ce qui est nécessaire dans la vie. - On ne doit ni poursuivre la richesse ni rester oisif. On doit regarder les autres avec bienveillance et passer son temps libre à étudier la Torah. - On ne sera ni avare ni prodigue mais on utilisera son argent de façon sensée, on distribuera l’argent pour les causes charitables et on prêtera de l’argent à son prochain. - On ne sera ni triste ni trop gai mais on sera content de peu et on agira avec amitié. On s’éloignera au maximum de l’orgueil et on se conduira avec humilité (qui n’est pas de l’auto-flagellation). - On s’éloignera au maximum de la colère même quand on estime qu’elle serait justifiée. - La parole est d’argent, le silence est d’or. On évitera toute parole inutile ou, pire, malfaisante ; on s’efforcera de parler au maximum de Torah. On évitera de prononcer des vœux et de s’abstenir de ce qui est permis par la Torah. On ne s’infligera pas de mauvais traitements, on ne s’imposera pas des jeûnes supplémentaires, on veillera à sa santé, à sa propreté, à son aspect extérieur. On évitera toute conduite qui pourrait être mal interprétée ou pire, faire croire à des actions répréhensibles. (A suivre) F. L. (d’après Junior Code of Law de Rav Dr. Nissan Mindel) Vivre avec la Paracha «Vous serez saints parce que Moi, l’Eternel votre D.ieu, Je suis saint.» Le verset qui ouvre la seconde des deux Parachiot lues cette semaine, contient certaines des leçons les plus importantes pour notre vie. Il dissipe des mythes essentiels à propos de D.ieu. Il nous enseigne le sens du véritable amour. Il découvre notre immense potentiel. Il nous donne la force et l’inspiration pour changer le monde. Le verset est d’une simplicité trompeuse : «Vous serez saints, parce que Moi, l’Eternel votre D.ieu, Je suis saint.» Mais cette seule déclaration porte en elle des significations multiples, comme l’illustre un curieux Midrach. Le Midrach déclare : quand le verset nous ordonne «soyez saints» nous pourrions être amenés à penser que nous, êtres humains, pouvons être aussi saints que D.ieu Lui-même. C’est pourquoi le verset spécifie : «car Moi, l’Eternel votre D.ieu, Je suis saint». Ma (celle de D.ieu) sainteté est au-dessus (c’est-à-dire plus grande) de votre sainteté (humaine). » Qu’essaie de nous dire le Midrach ? En premier lieu, pourquoi considérerions-nous que les êtres humains peuvent être aussi saints que D.ieu ? Et quel est le but de l’emphase mise ici sur le fait que nous ne sommes pas saints ? Le verset nous dit d’imiter la sainteté de D.ieu et de sanctifier notre vie. Dans ce contexte optimiste et motivant, quel intérêt y a-t-il de nous rappeler que nous ne pouvons être aussi saints que D.ieu, en opposition exacte avec l’intention du verset qui compare notre sainteté à celle de D.ieu ? En fait, le Midrach ne doit pas être lu comme une question et une réponse mais plutôt comme l’établissement d’un fait : «vous devez être saints» signifie en fait égaler la sainteté de D.ieu. Et la force de parvenir à ce niveau de sainteté est (comme poursuit le verset) «car Moi, l’Eternel votre D.ieu, Je suis saint» et J’ai la capacité de vous communiquer Ma sainteté, à vous, êtres humains. La raison en est, et c’est là que les choses prennent un nouveau tour, parce que «Ma sainteté au-dessus est (dérivée) de votre sainteté». Quand nous, êtres humains, sanctifions notre vie, nous sanctifions, par le même biais, D.ieu. Non seulement pouvons-nous être aussi saints que D.ieu mais nous pouvons réellement provoquer la sainteté de D.ieu ! Les implications portent très loin. Notre perspective conventionnelle sur les relations humaines avec D.ieu est linéaire : D.ieu est le Créateur et nous sommes les créatures. D.ieu est «le Père tout puissant dans les cieux» et nous sommes des mortels sur terre. D.ieu donne et nous recevons. Nous sommes des sujets et D.ieu est le Roi. En fait, pourtant, notre relation avec D.ieu est beaucoup plus complexe. Quel intérêt y aurait-t-il eu à créer des êtres humains qui seraient des créatures dépendantes qui ne font que prendre ? D.ieu créa l’être humain à «l’image divine» comme un «partenaire» égal dans la création. D.ieu choisit d’avoir une relation complète avec nous, une de ces relations «qui donne et qui prend». Nous donnons autant, voire plus, que nous ne recevons. En fait, nos Sages nous disent que les bonnes actions des Justes sont plus importantes que la création de D.ieu du ciel et de la terre. La raison en est que D.ieu crée la matière à partir de l’esprit et nous créons l’esprit à partir de la matière. Oui, nous avons la force de sanctifier D.ieu dans cet univers ou l’inverse. «Aime D.ieu» est interprété comme signifiant «fais que D.ieu soit aimé par les autres». Nous, hommes, sommes les représentants de D.ieu sur terre. En tant qu’enfants de D.ieu, notre comportement fait en sorte qu’Il paraît bon ou mauvais. Quand nous agissons de manière exemplaire, nous obtenons que D.ieu soit aimé par tous ceux qui nous observent, nous et l’image divine à l’intérieur de nous. Ainsi tels sont les messages puissants de ce verset : 1. D.ieu, comme figure puissante de «Père» dans les cieux «attendant de nous frapper avec la foudre» et nous, comme sujets impuissants n’est rien d’autre qu’un mythe. D.ieu n’existe pas dans un endroit et nous dans un autre. Nous sommes liés. Nous dépendons de D.ieu pour la vie, la santé et toutes les bénédictions. Sa présence consciente et la sainteté de l’univers dépendent (pour ainsi dire) de nous. Nous avons la force de sanctifier D.ieu et de Le faire aimer par les peuples, ou tragiquement l’opposé. 2. Cette relation complexe de partenariat est le modèle optimal du véritable amour. Le véritable amour implique la vulnérabilité. Il ne s’agit pas de contrôle mais de complémentarité, de nous lier avec un partenaire, dans une relation mutuellement dépendante. 3. Et quel est notre potentiel ? Nous avons la force d’être comme D.ieu ! En nous donnant Sa sainteté, Il nous a dotés de la capacité d’être divins. Bien plus, la sainteté d’En Haut dépend de nous. Nous contrôlons le destin de la présence de D.ieu dans la vie. «Soyez saints» nous parle de notre potentiel infini. Nous avons la force de ne pas simplement être de bons êtres humains et de faire de notre monde un lieu meilleur mais de sanctifier D.ieu, de rendre immortel le mortel et de changer à tout jamais le monde. 4. Finalement, «soyez saints» est notre mot d’ordre pour transformer l’univers. Nous avons été chargés d’une immense responsabilité et d’un énorme don. Nous, êtres humains, sommes les seuls à pouvoir changer le cours de l’histoire. Et tout cela dans un simple verset… * * * * * * * * * * Edito A l’ascension de la liberté Que ressent l’homme enfin libre ? C’est, à l’évidence, une question que chacun est aujourd’hui en état de se poser avec la plus grande sincérité et la plus grande émotion. Pessa’h nous a laissés encore bouleversés par cette profonde transformation, le monde entier nous paraît différent : nous étions les esclaves du Pharaon et nous sommes des homme libres. Personne ne pourra plus jamais remettre en cause la réalité de l’événement non plus que ses immenses conséquences. Nous sommes un peuple et la liberté chante à nos oreilles, enchante notre cœur et notre âme. De fait, les siècles ont passé et notre histoire a bien peu souvent été paisible. Mais, malgré ses drames, et peut-être avec eux, nous avons continué de porter haut cette conscience absolue : la liberté peut s’acquérir, elle ne se perd jamais sinon dans l’esprit de ceux qui renoncent. Car la liberté connaît de bien nombreux degrés. Lorsque nous avançons de l’un à l’autre, le nouveau nous semble tellement plus élevé que le précédent que celui-ci n’est plus, à nos yeux, qu’une sorte d’esclavage. C’est ainsi que nous découvrons une idée merveilleuse : le progrès. Par lui, rien n’est jamais figé. Notre existence n’est pas un désert de pierre, immuable et stérile. Elle est une étendue immensément changeante et nous sommes les acteurs de son changement. Hélas, parfois le quotidien et ses rudesses nous font oublier les couleurs chatoyantes du monde et de tous ses possibles. Tout se passe comme si nous vivions un retour en Egypte. Mais voici que revient la période de l’Omer.
Comptant les jours qui passent, sanctifiant le temps par ce décompte, nous avançons peu à peu vers la fête de Chavouot. Entre la sortie d’Egypte et le Don de la Torah, le voyage est long : du plus bas de l’impureté au plus haut de la sainteté. Cependant, l’espoir éternel nous anime et nous entraîne. Demain sera différent, c’est certain. La liberté est passée par là, nous pouvons changer tout ce que nous touchons et faire de ce monde, un lieu de bien pour tous. Jour après jour, nous construisons la vie et cela n’est pas qu’une description théorique. Car l’œuvre à accomplir, si elle est rituelle, est aussi et surtout personnelle. Elle est la voie du perfectionnement en un temps qui ne sait plus où est la perfection ni comment la définir. Elle est œuvre de plénitude en une époque où le partiel fait loi. Elle est révélation du meilleur de soi en une période où le Bien n’est plus une référence absolue. C’est aussi pour tout cela que la liberté est précieuse. Les hommes libres savent fonder et maintenir les civilisations. Pour eux-mêmes et pour les autres. En grandissant, ils élèvent ce qui les entoure. Jusqu’au sommet. H. Nisenbaum
Vivre avec la Paracha La force dans la retenue Vous est-il déjà arrivé de perdre le contrôle de vous-même et à la dernière seconde de réussir à vous retenir ? Les batailles intérieures de cette sorte sont souvent associées avec les feux de la circulation et des représentations de ce genre de la police officielle. Quelquefois, elles se rencontrent également sur le front de la vie domestique. La Paracha Kedochim (Vayikra 19-20) commence avec l’idée que nous devons être saints. Qu’est-ce que cela signifie exactement ? Le commentateur Rachi explique que le terme «saint» implique la retenue personnelle. Dans la vie, nous sommes confrontés à de nombreuses tentations. Etre saint signifie avoir l’aptitude à contrôler ses impulsions immédiates. Un autre commentateur, Na’hmanide, souligne que cette retenue peut parfois conduire la personne à un point se situant au-delà de la simple lettre de la loi. La loi juive autorise l’homme à manger de la nourriture cachère. Mais cela signifie-t-il que l’on puisse se comporter comme un glouton ? Selon cette vision, même si la nourriture est aussi cachère que faire se peut, la retenue est la puissance. Elle montre que l’on est réellement libre comme individu, plutôt qu’esclave de son appétit. Vous rappelez-vous l’histoire de Yaakov, Essav et du plat de lentilles ? L’une des manières de comprendre cette histoire est de voir qu’Essav était prêt à vendre son droit d’aînesse, le bien le plus précieux de sa vie, contre un plat de nourriture. L’on pourrait s’exclamer : «C’est pathétique ! » D’autres pourraient même aller jusqu’à ressentir de la sympathie pour quelqu’un à qui il arrive d’être l’esclave de ses sens. Ils pourraient arguer qu’après tout telle est notre humaine condition. Néanmoins, de nombreux individus aspirent à être maîtres de leur propre être. Un être humain, oui. Un animal : non. Une grande partie de la Paracha est consacrée à donner des directives à propos de cette espèce de contrôle de soi, dans des domaines différents de la vie. Le thème central en est celui des relations humaines. Le point d’orgue est le fameux enseignement : «Aime ton prochain comme toi-même» (Vayikra 19 :18). Rabbi Akiva en disait que c’est là le grand principe de la Torah ; il concerne tous les autres aspects de la pensée juive. La Paracha nous instruit également de ne pas se venger ni de garder rancune. Cela nécessite très certainement la maîtrise de soi : dans nos actions, nos paroles et même dans nos pensées. Mais une personne qui parvient à ce contrôle existe-t-elle ? Nous pouvons imaginer qu’elle serait un individu simple, naïf ou inspiré, qui ne voit jamais de mal en quiconque. Ou pouvons-nous imaginer un homme puissant qui a atteint un véritable contrôle de sa personne ? Qu’est-ce que la puissance ? Pendant longtemps, les gens ont pensé qu’il s’agissait d’acquérir la domination sur les autres. Mais désormais nous réalisons qu’il s’agit en fait de la maîtrise de soi-même.
La vie quotidienne nous met face à de nombreux exemples de ces batailles dont parle la Paracha : dans les relations avec nos parents, dans les domaines professionnels, dans les questions de charité, dans les limites entre les hommes et les femmes et également dans notre comportement quand nous sommes réellement en situation de domination sur les autres, en tant que juges. C’est la raison pour laquelle la Paracha nous demande d’être droits dans le jugement du riche comme du pauvre. Kedochim nous met face au défi de la retenue dans la puissance, pour construire un monde de bonté pour le futur, un monde qui sera entièrement rempli de sainteté. Revenons sur le principe de l’amour du prochain. L’on connaît l’histoire où le célèbre Sage Hillel, défié de dire toute la Torah sur un pied, répondit à celui qui l’interrogeait : «ce que tu n’aimes pas, ne le fais pas à autrui. C’est là toute la Torah, tout le reste n’est que commentaire. Va et étudie». L’idée que toute la Torah se concentre autour du thème des relations avec autrui est intriguant. Très souvent, l’on divise les lois de la Torah en deux groupes : celles qui concernent les relations de l’homme avec D.ieu, comme l’observance du Chabbat et les lois de la cacherout et celles qui relèvent des relations avec autrui, comme l’interdiction de voler ou de porter un faux témoignage dans une affaire de justice. Ici, toutefois, Hillel dit en effet que toute la Torah tourne autour du seul principe des relations avec autrui. Ce principe est clairement exprimé dans la Paracha, nous l’avons vu, en ces termes : «aime ton prochain comme toi-même». Il est inscrit parmi de nombreux autres commandements concernant notre comportement vis-à-vis d’autrui, comme, dans le même verset, celui de ne pas se venger ou de garder rancune. Pourtant, il est clair que c’est un enseignement qui se situe à un niveau bien différent que ces autres commandements. Nous pouvons comprendre que si une personne observe convenablement cette loi, elle en fera de même pour des commandements comme ne pas voler ou de ne porter de faux témoignage. C’est la raison pour laquelle Rabbi Akiva dit de cette loi : «c’est un grand principe de la Torah». C’est un grand principe parce qu’il inclut plus ou moins la moitié de la Torah : toutes les lois concernant les relations humaines.
Néanmoins, qu’en est-il des lois concernant les relations des hommes avec D.ieu ? Hillel semble aller plus loin que Rabbi Akiva. Pour Hillel, ce commandement inclut toutes les lois de la Torah. Comment le comprendre ? Une réponse est donnée par Rabbi Chnéour Zalman, le fondateur de la ‘ Hassidout ‘Habad, en ces termes : l’effet attendu de toute la Torah est de nous rendre plus sensibles à l’âme plutôt que simplement au corps. Les Mitsvot (lois) entre l’homme et D.ieu ont pour fonction d’attirer la Divinité dans les aspects matériels de la vie. Elles nous aident à briser la barrière des apparences et à nous lier à la Divinité qui s’y trouve renfermée. Et cela a un effet direct sur notre manière de considérer les autres. Car en termes physiques et matériels, les gens sont divisés. Mais en ce qui concerne l’âme, nous sommes tous unis. Plus une personne est sensibilisée à cette unité, ressentant un véritable amour pour autrui, plus elle exprime le but de toute la Torah. Et parallèlement, plus une personne observe la Torah, dans tous ses détails, en l’intériorisant réellement, plus elle éprouve un véritable amour pour autrui. Hillel tire de ce point un autre enseignement que l’on trouve exprimé dans les Maximes de nos Pères. Il nous enjoint d’être les disciples d’Aharon, aimant tous ceux qui sont autour de nous et les attirant à la Torah. Nous pouvons exprimer notre amour vis-à-vis d’autrui en prenant soin d’eux, en termes physiques ou concrets. Mais nous pouvons aussi exprimer notre amour en en prenant soin spirituellement, les aidant à se rapprocher de la Torah. Chacun de nous possède cette puissance d’amour, avec la force de donner aux autres, à la fois matériellement et spirituellement. Grâce à cet amour, nous construisons une réaction en chaîne qui conduit au but de la Création : la paix et l’amour entre l’homme et son prochain, entre les nations, entre l’humanité et D.ieu.
Etincelles de Machiah' Le sens de l’étude Dans sa description du temps de Machia’h, Maïmonide (Michné Torah, Hil’hot Mela’him, chap. 12 Hala’ha 5) affirme: “l’occupation du monde entier sera seulement de connaître D.ieu”. Si l’idée paraît claire, un point demande cependant à être explicité : pourquoi est-il précisé “seulement”? Sur quoi ce mot insiste-il? En fait, Maïmonide vient ici nous indiquer qu’en ce nouveau temps, on ne cherchera pas la connaissance pour un autre but, même louable, que celui de comprendre la Torah. C’est alors que se réalisera complètement la notion d’étude de la Torah pour la Torah elle-même. En effet, puisque les hommes continueront d’accomplir les commandements de D.ieu, ils devront savoir comment les faire. Mais, comme la perfection caractérisera le monde, étudier dans ce but une unique fois sera suffisant. C’est pourquoi la poursuite de l’étude n’aura pas d’autre motif que l’étude elle-même, pour “grandir et embellir la Torah”. (Isaïe 42 :21) |