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SIDRA Résumé de la Paracha
Devant la corruption et la violence de toutes les créatures, D.ieu décide d'envoyer un déluge. Seul Noa'h, son épouse, ses trois fils et leur épouse seront sauvés...

D.ieu demande à Noa'h de construire une arche afin de s'abriter, avec sa famille, du déluge. Il doit également faire entrer des animaux de toutes les espèces.
Noa'h entre dans l'arche avec tout sa famille et deux membres (mâle et femelle) de chaque espèce animale.
La pluie tombe pendant 40 jours et 40 nuits et "il ne resta que Noa'h et ce qui était avec lui".
Après 150 jours, les eaux commencent à diminuer et l'arche se pose sur le mont Ararat.
Le dixième mois apparaissent les sommets des montagnes. 40 jours plus tard Noa'h ouvre la fenêtre de l'arche et envoie un corbeau, puis une colombe.
A son deuxième envol, elle revient portant en son bec une feuille d'olivier.
La troisième fois, elle ne revient pas: "Noa'h écarta le plafond de l'arche et voici, la surface du sol était asséchée".
D.ieu ordonne à Noa'h de quitter l'arche, d'en faire sortir les animaux et de repeupler la terre.
Noa'h construit un autel et y offre des sacrifices. D.ieu bénit Noa'h et ses fils et les avertit du caractère sacré de la vie: le meurtre est interdit ainsi que la consommation de la chair d'un animal encore vivant.
D.ieu établit son alliance avec l'humanité et donne à Noa'h l'arc en ciel comme signe, que plus aucun déluge ne détruira la totalité du monde.
Noa'h plante une vigne et s'enivre du vin produit. Deux de ses fils, Chem et Yaphet, sont bénis pour avoir recouvert la nudité de leur père, dans sa tente. Le troisième, Ham, est maudit pour "avoir vu" et "avoir raconté" .
Les descendants de Noa'h forment un peuple, à la langue commune, pendant dix générations. Puis ils défient D.ieu en construisant une grande tour qu'ils veulent symbole de leur invincibilité. D.ieu confond leur langage de telle sorte que l'un ne comprend plus l'autre. Ils abandonnent alors leur projet et se dispersent à la surface de la terre, se séparant en 70 nations.
La paracha s'achève avec la chronologie des générations qui vont de Noa'h à Avram (qui deviendra Avraham) et le voyage de ce dernier de Our-Kassdime à 'Haran sur le chemin vers le pays de Canaan 

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 Edito - - Le chemin du nouveau temps - C’est seulement à présent que nous quittons véritablement la période des fêtes. En effet, même si, pour la majorité, le quotidien a repris ses droits dès la conclusion de Sim’hat Torah, cependant nous avons encore vécu la semaine passée dans son inspiration. Le calendrier a ainsi continué d’égrener les derniers jours du mois de Tichri et ce simple fait a maintenu éveillé dans notre cœur et notre esprit le souvenir des grandioses évènements spirituels que nous venons de vivre. Tout cela s’est achevé, c’est un nouveau temps qui commence comme un nouveau voyage dont l’itinéraire ne peut nous être déjà connu.Dans un tel contexte, un guide nous est d’une nécessité incontournable. C’est alors que l’étude de la Torah doit redevenir présente en tête de nos priorités. Il est vrai que le mois de Tichri nous a spirituellement rassasiés. Il est vrai que nous l’emportons avec nous. Cependant, les plus grandes aventures spirituelles n’expriment leur nature profonde que lorsqu’elles aboutissent à un quotidien renouvelé.    C’est bien là que l’étude de la Torah intervient. Sagesse de D.ieu donnée aux hommes, guide de vie, indispensable connaissance, elle est cet océan de savoir qui construit le monde des hommes et celui, intérieur, de chacun. Elle est cette science qui ne fait pas que porter un regard d’analyse et d’observation sur l’extérieur mais donne à comprendre le profond de soi et de la vie. Elle est cette science qui, lorsqu’elle parle, nous touche d’autant plus intensément qu’elle semble émaner du cœur même de notre âme. Elle est aussi ce lien avec D.ieu qui ne peut laisser l’homme inchangé du fait de sa simple existence.En ce début d’année 5770, l’étude de la Torah est notre héritage. Sachons nous y ouvrir ; elle nous permet de découvrir non pas un autre monde mais le sens de celui-ci, non pas d’autres hommes mais tout ce que chaque homme peut être. Par elle, le nouveau temps qui commence peut être, de la manière la plus concrète, un temps nouveau. Il peut être ce temps d’ouverture vers toute Sagesse, préfiguration de l’époque de toute Révélation, celle de la venue de Machia’h.                             H. Nisenbaum

Sidra -
- Noa’h - Le flot lunaire, l’année solaire
Vous avez décidé de consacrer du temps de qualité avec votre famille quand le téléphone sonne : naturellement, c’est une urgence au travail qui demande votre implication immédiate. Vous avez réservé votre soirée pour une activité bénévole dans votre communauté et au lieu de cela, vous la passez à aider votre voisin à réparer sa voiture.
Heureusement peu d’entre nous ont eu à faire face à un véritable «déluge» dans lequel des torrents d’eau menacent d’engloutir notre maison. Mais nous sommes tous familiers avec l’expérience d’être absorbés par les soucis de la vie matérielle, d’être inondés par toutes sortes de sujets demandant notre attention au moment précis où finalement nous nous consacrions aux choses qui nous sont réellement importantes et précieuses.
Les Maîtres ‘hassidiques expliquent que c’est là la signification contemporaine du Déluge décrit par la Torah dans les septième et huitième chapitres de Béréchit. L’un des fondements de la ‘Hassidout veut que la Torah soit éternelle, que ses événements «historiques» soient des réalités toujours présentes
 dans notre vie. Le déluge de Noa’h est le prototype du défi que nous affrontons tous : le déluge des soucis matériels qui menacent d’étouffer la flamme de l’aspiration spirituelle de notre âme.En fait, nos Sages nous disent que le Déluge de Noa’h commença par une pluie ordinaire que les actes impies des hommes transformèrent en déluge. En d’autres termes, dans leurs justes proportions, comme moyen de parvenir à une fin supérieure, les pluies de la matérialité sont des pluies bénéfiques, qui nourrissent la terre. Mais quand on leur permet de dépasser leurs limites, elles deviennent un déluge destructeur.    Le sens profond du Déluge se retrouve également dans le fait qu’il commença et s’acheva au second mois de l’année juive, le mois de ‘Hechvan. Après les grandes fêtes de Tichri, il est celui qui marque notre retour dans la «routine» de la vie matérielle. Au mois de ‘Hechvan, la pluie commence à tomber en Terre Sainte après six mois sans pluie durant la saison d’été, ce qui signifie le retour à une vie qui prend sa nourriture de la terre. Ce n’est pas une coïncidence si ‘Hechvan (appelé aussi Mar ‘Hechvan, mar signifiant à la fois «amer» et «eau») est le plus ordinaire des mois, le seul mois de l’année qui ne possède ni fête ni occasion particulière.

Le calendrier juif Le Déluge commença le 17 ‘Hechvan de l’an 1656 depuis la Création et finit le 27 ‘Hechvan de l’année suivante.Les commentateurs bibliques expliquent qu’il dura exactement un an et que la différence de onze jours dans les dates représente les onze jours qui séparent l’année lunaire de l’année solaire. Cela renvoie au fait que le calendrier est basé sur une variété de cycles naturels qui ne se prêtent pas facilement à la synchronisation. Le mois provient du cycle lunaire de vingt-neuf jours et demi autour de la terre et l’année, du cycle solaire de trois cent soixante-cinq jours. Le problème tient au fait que les douze mois lunaires     font trois cent cinquante-quatre jours et sont donc plus courts que l’année solaire… de onze jours. La plupart des calendriers résolvent ce manque en ignorant l’un ou l’autre de ces gardiens du temps. Le calendrier juif a ceci d’unique qu’il entreprend de concilier les courants temporels de la lune et du soleil. Il utilise un cycle complexe de dix-neuf ans dans lequel les mois alternent entre vingt-neuf et trente jours, et les années entre douze et treize mois, et il réussit ainsi à fixer ses mois selon la lune, ses années selon le soleil, combinant le temps lunaire et le temps solaire en un système unique qui préserve l’intégrité de chacun.

La lumière et l’obscurité Cette dualité cosmique renvoie aussi à celle de l’esprit et de la matière. En effet, le spirituel et le matériel sont souvent comparés à la lumière et l’obscurité. Mais la Torah, quant à elle, choisit le modèle de la lune et du soleil. Le soleil est un corps lumineux alors que la lune est un amas sombre de matière. Et pourtant, tous deux sont des luminaires. Tous deux servent de sources de lumière, la différence étant que la lumière du soleil se génère elle-même alors que la lune illumine en recevant et en renvoyant la lumière du soleil. La spiritualité est une effusion directe de la lumière divine. Quand nous étudions la Torah, que nous prions ou on accomplissons une Mitsva, nous sommes en contact direct avec D.ieu. Nous     manifestons directement Sa vérité dans le monde. Mais chacun de nos actes, de nos paroles ou de nos pensées ne concerne pas directement la Divinité. D.ieu a fait de nous des créatures matérielles, obligées de consacrer une part considérable de notre temps et de notre énergie à la satisfaction d’une multitude de besoins matériels. Ainsi, une grande partie de notre vie est «lunaire», constituée de «la matière sombre» des projets non tournés vers la sainteté.Cependant, cette «matière sombre» ne signifie pas que la lune apporte la lumière du soleil à des endroits qui ne peuvent la recevoir directement. Les implications dans le monde matériel peuvent permettre à la vérité divine d’atteindre des lieux qui n’en sont pas atteints directement.

Une année complète Notre vie comprend à la fois une trajectoire lunaire et une trajectoire solaire, un chemin d’accomplissements spirituels et une voie d’engagements matériels. Ces cycles peuvent être dissemblables. La solution simple serait de suivre une route unique. Mais le calendrier juif ne se permet pas la voie de la simplicité. Il insiste pour que nous incorporions les deux systèmes dans notre traversée du temps, que nous cultivions un moi solaire – des pensées, des actes et  des moments pour atteindre à la spiritualité – et en même temps, que nous     développions une personnalité lunaire –  une vie matérielle à même de refléter et projeter notre autre moi, notre moi spirituel. C’est aussi la leçon implicite de la durée de trois cent soixante-cinq jours du Déluge. Le déluge des soucis matériels qui menacent d’envahir notre vie peut être maîtrisé et sublimé. Le Déluge peut être réconcilié avec le calendrier solaire et faire partie d’une «année complète» dans laquelle le temps solaire et le temps lunaire convergent et où la lune reçoit et transmet la lumière du soleil.

Etincelles -- «D.ieu sera Un et Son Nom sera Un» Le prophète Zacharie (14:9) enseigne au sujet du temps de Machia’h : «En ce jour, D.ieu sera Un et Son Nom sera Un». Il est clair que l’unité de D.ieu est un fondement du judaïsme mais pourquoi lier la révélation de cette idée à la venue de Machia’h ?    C’est qu’en notre temps, l’unité divine n’apparaît pas à l’évidence. Le monde paraît constituer une existence autonome. Au contraire, dans le monde de Machia’h, l’unité du Créateur sera manifeste aux yeux de tous. Chacun verra que le monde est inexistant devant la lumière divine qui le fait vivre. (d’après Torah Or, Vaéra p. 55c)

Halakha -- Qu’est-ce que le “Chema” ? Le “Chema” est une des prières centrales du judaïsme. Elle est, de fait, composée de trois paragraphes de la Torah: Deutéronome 6, 4-9; puis Deutéronome 11, 13-21; puis Nombres 15, 37-41. Ces trois paragraphes sont récités avec une grande concentration puisqu’ils exposent des principes essentiels: la croyance en l’Unité absolue de D.ieu qui amène à l’amour et à la crainte du Créateur; le principe du libre choix et de la récompense (et de la punition); l’importance du rappel de la sortie d’Egypte.    Chacun, (homme, femme ou enfant) est tenu de réciter le Chema, une fois le matin et une fois le soir. On répétera également le Chema le soir avant de se coucher. Quand on entend l’assemblée des fidèles réciter le Chema, on le récitera en même temps, même si on n’est pas parvenu encore à ce passage de la prière afin de rester solidaire de la communauté. On     récite également le Chema au chevet d’un mourant.    On fait très attention de bien articuler tous les mots du Chema afin qu’ils ne soient pas détournés de leur sens original.    Après la première phrase (Chema Israël, Ado-nay Elo-hénou Ado-nay E’had – Ecoute Israël l’Eternel est notre D.ieu, l’Eternel est Un), on intercale la phrase “Barou’h Chem Kevod Mal’houto LeOlam Vaèd” (Béni soit le Nom de la Gloire de Sa royauté à tout jamais) qu’on prononce à voix basse car elle a été prononcée par des anges (sauf à Yom Kippour où nous “ ressemblons à des anges ” puisque nous ne mangeons pas).    On habituera les enfants, dès leur plus jeune âge, à réciter le Chema. On récite la première phrase en mettant la main droite sur les yeux afin de mieux se concentrer et, également, afin de réaliser que rien n’existe véritablement sans la Présence de D.ieu.                                  F. L. (d’après Rav Nissan Mangel)

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Edito 
En avant !
«Allons, voilà qui est fait !»
dira le pragmatique.  «Il est temps de se remettre au travail»  dira le matérialiste. «Une de plus et rien de changé !» dira le cynique. Les fêtes sont passées, l’année est à présent bien engagée et le retour au monde peut sembler difficile. Toutes ces réactions sont, de fait, bien compréhensibles à défaut d’être totalement légitimes. Nous venons de vivre un mois différent des autres. Chargé de célébrations et surtout d’expériences spirituelles exaltantes, il a été comme un grand voyage. Et ce long parcours nous a sorti de l’espèce de grisaille ouatée qui, trop souvent, finit par constituer le quotidien. Mais voici que tout cela s’efface peu à peu à l’horizon. Voici qu’au mois de Tichri succède celui, sans fêtes, de ‘Hechvan. Et ce brutal contraste crée une pesanteur presque inquiétante. «Tout çà pour çà ?» a-t-on envie de dire. Tout cet effort et toutes ces grandeurs, tout ce vécu enthousiaste pour revenir, par la force des choses, à une morosité oubliée ? Et si une autre voie était possible ?
Une ancienne coutume veut que, lorsque les fêtes s’achèvent, on proclame dans la synagogue le verset : «Et Jacob partit sur son chemin». Etonnant comme de simples phrases peuvent en dire long… Jacob, notre ancêtre, le Juif emblématique, reprend son voyage dit-on. Il s’est arrêté un moment mais, conscient de la nécessité de le poursuivre, il a repris la longue route. Il sait qu’elle pourra être difficile, semée d’embûches mais qu’il lui faut l’emprunter. Car elle est LE chemin, et surtout le sien. C’est ainsi qu’au sortir des fêtes nous avançons. Après la pure joie du spirituel, ce sont tous les chemins du monde qui s’ouvrent devant nous et il nous faut y revenir, les suivre car ils sont notre chemin. Par eux, nous élevons tout ce qui nous entoure. Par notre contact avec la matière, nous en faisons, au travers de la pratique des commandements de D.ieu, un lieu où la Divinité devient perceptible.
Alors, tel Jacob, nous pouvons nous interroger : d’où prendre une telle force ? Qui nous donnera l’assurance indispensable au voyage, la patience et la sûreté pour le vivre ? A Jacob, D.ieu dit : «N’aie pas peur Jacob, Mon serviteur». Et cette phrase chante à nos oreilles. Certes, le monde a de quoi impressionner. Certes, nous y voyons, et parfois y vivons, des événements qui vont de l’incompréhensible à l’inacceptable. Pourtant, nous ne connaissons pas la peur. Nous avançons sur notre chemin, pénétrés de la force donnée par les fêtes de Tichri, toujours en nous, à notre portée dès que nous le souhaitons. Nous n’avons pas peur et ce courage seul est, en soi, un signe de victoire. Le monde est grand, le quotidien puissant mais nous savons qu’il ne demande qu’à être illuminé. L’année a commencé ; la vie est en nous et la Délivrance notre porte.
H. Nisenbaum

Vivre avec la Paracha
Les trois générations de Noa’h

“Voici les chroniques de Noa’h : Noa’h était un homme juste et parfait dans sa génération” (Genèse 6: 9).
“Dans sa génération” mais dans les autres générations, comme celles d’Avraham, Moché et David, il ne compte pour rien (Zohar 1ère partie, 60a).

En d’autres termes, la vie et l’œuvre de Noa’h incluent des éléments qui devaient plus tard être compris dans les vies du premier Juif, de celui qui devait transmettre la Torah à l’humanité et du premier roi d’Israël.
Avraham, Moché et David représentent trois jalons dans la réalisation de la mission de l’homme dans la vie. Avraham fut le premier à démontrer qu’un être humain seul pouvait se charger du monde entier et persévérer. Avraham était né dans un monde où la vérité du D.ieu Un avait été oubliée, et où tous adoraient les idoles de bois et de pierre. Seul, sans rien que son propre esprit pour le guider, il en vint à réaliser que le monde entier se trompait. Seul, il défia la puissance des rois et les conventions de la société et fut prêt au sacrifice de sa vie au nom de ses convictions. Il fut “Avraham l’hébreu”, surnommé ainsi parce que le monde entier se tenait d’un côté et lui de l’autre.
Mais la vie est plus que se tenir contre un monde adverse. La Torah est le “plan divin de la création” et notre mission dans la vie est de placer le monde sur ses fondations divines. C’est pourquoi le Talmud déclare que “depuis le jour où le monde fut créé jusqu’au jour où la Torah fut donnée à l’homme au Mont Sinaï, le monde tremblait” son existence même étant nébuleuse et incertaine. Car la base de la création, sa charte et sa raison d’être devaient encore être mises en place. Ce n’est que, lorsque Moché communiqua la Loi divine de la réalité dans un langage accessible à l’homme, que les fondations de l’univers se solidifièrent. Dans la génération de Moché, la relation de l’homme avec son monde entra dans une nouvelle phase. Avec Avraham, le monde était une force qui pouvait résister avec succès. Avec Moché, il était une dynamique à stabiliser, une ressource à développer.

La souveraineté divine
La troisième et dernière phase est celle de l’élévation de la création. La stabilité et le développement ne suffisent pas car le monde est fini et a des facettes multiples. Même dans son état “stable”, sa perfection est limitée et son harmonie n’est qu’une trêve superficielle déchirée de l’intérieur par des forces divergentes. L’objectif ultime n’est pas la civilisation de la terre mais sa sanctification.
Cela sera atteint par Machia’h qui “rendra le monde parfait (comme) le royaume de D.ieu”, inaugurant une ère où il n’y aura pas de famine ni de guerre, de jalousie ni de rivalité… et la seule occupation du monde sera de connaître D.ieu”. Mais le processus fut amorcé par l’ancêtre de Machia’h, le Roi David.
Le sens véritable du mot “roi” (Mélè’h) n’évoque pas simplement celui qui règne et gouverne le peuple, mais celui qui imprègne leur vie de la souveraineté de D.ieu. C’est la raison pour laquelle celui qui nous apportera la Rédemption est appelé Mélè’h Hamachia’h, le “roi oint”. David, le premier roi d’Israël, ouvrit une ère de souveraineté en introduisant la perfection divine dans la création. En fait, le terme “Machia’h” est utilisé à la fois pour David et pour le dernier Rédempteur, ce dernier étant appelé “Machia’h, fils de David” non seulement en référence à son ancêtre, mais aussi pour impliquer qu’il complète ce que David a commencé.
Tout comme Avraham, Noa’h maintint son intégrité dans une génération perverse. A une époque où “la terre était remplie de violence” et où “toute chair corrompait son chemin sur la terre”, Noa’h résista à cette influence et tenta même d’appeler sa génération à s’amender et éviter la catastrophe. Selon les propos de D.ieu à Noa’h: “tu es le seul que J’ai vu juste devant Moi dans cette génération”.
Tout comme Moché, Noa’h établit les fondations pour un monde nouveau, un monde qui possédait une stabilité bien plus grande que celui qui précédait. En émergeant de l’Arche, il engendra et construisit le monde post-diluvien et obtint de D.ieu la promesse de ne plus jamais détruire les œuvres de la nature.
De plus, il eut un avant-goût de la perfection messianique. Son Arche, qui flotta une année entière au-dessus des eaux du déluge, était un monde dans lequel toutes les espèces, y compris celles qui sont d’ordinaire des proies les unes pour les autres, résidaient en parfaite harmonie.

Le temps présent
Néanmoins, Noa’h est un homme juste dans sa génération, mais “ne compte pas” quand il est comparé aux accomplissements d’Avraham et Moché et David.
Les fautes de la génération de Noa’h étaient la violence, le vol et la promiscuité interdite. Noa’h reconnut (comme tout homme l’aurait fait) l’auto-destruction dans leur comportement et ne voulut y prendre aucune part. Il reconnut aussi qu’un tel comportement mettait en péril la survie de la terre. Le monde qu’il établit au sortir de l’Arche était plus stable parce qu’il était fondé sur les principes du respect mutuel.
Par contre, la confrontation d’Avraham avec le monde ne consista pas en un comportement très civilisé face à un comportement trop peu civilisé, mais avec le paganisme face à la croyance en un D.ieu Unique, avec une vie tournée vers soi face à une vie dévouée au service du Créateur.
Moché établit le monde non avec un code pour rendre la vie civilisée mais avec la Torah dont le but est de servir D.ieu et réaliser Son dessein dans la création. Le Roi David introduisit (et Machia’h accomplira) une dimension surnaturelle d’harmonie et de perfection dans le monde, non pour assurer la continuité de son existence mais pour révéler l’infinie harmonie et la perfection de Son Créateur.
Noa’h était leur ancêtre et précurseur, tout comme l’enfance est l’ancêtre et le précurseur de l’âge adulte. Mais un adulte qui répète les faits les plus impressionnants de son enfance encourra la condamnation claire et non les louanges. Personne ne condamne un enfant de faire ce qu’il faut pour obtenir une récompense ou d’éviter un mauvais comportement par peur de la punition; son égocentrisme est chéri et sa manipulation est acceptée avec un sourire appréciatif. Mais chez un adulte le même comportement est considéré comme égoïste, timoré et immature.
C’est la raison pour laquelle le Zohar parle au présent quand il évoque Noa’h : “mais dans les générations d’Avraham, de Moché et de David, il ne compte pour rien”. Quand la Torah met l’accent sur le fait que Noa’h était un homme juste dans sa génération, cela ne diminue en rien sa grandeur. Au contraire, dans ces jours, quand le monde était dans son enfance spirituelle, ses accomplissements représentaient le point ultime du potentiel humain. La Torah vient plutôt nous dire qu’après les progrès accomplis par Avraham, Moché et David, nous ne devons pas considérer Noa’h comme notre modèle: dans un monde plus mûr, la justesse de Noa’h ne compte plus.  

Etincelles de Machiah' :
Quand vient l’arc-en-ciel

La Torah enseigne (Gen. 9:13-15) que c’est après le déluge qu’apparut l’arc-en-ciel. D.ieu le créa en signe d’alliance avec les hommes, promettant qu’Il ne détruirait plus le monde par un tel cataclysme. Quel est donc le lien particulier entre l’apparition de l’arc-en-ciel et le fait qu’un nouveau déluge soit exclu ?
Avant le déluge, les nuages étaient si matériels et grossiers que les rayons ddu soleil ne parvenaient pas à s’y réfléchir. L’arc-en-ciel était donc impossible. Le déluge eut pour effet de raffiner les éléments constitutifs du monde, permettant ainsi à l’arc-en-ciel de surgir.
L’arc-en-ciel étant donc le signe d’un certain raffinement du monde, il l’est également de la Délivrance. C’est ainsi que le Zohar affirme : «Si tu vois un arc-en-ciel aux couleurs lumineuses, attends la venue de Machia’h». Car, alors le monde aura atteint un nouveau degré de raffinement et sera digne de cette nouvelle époque.
(d’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch – Chabbat Parachat Noa’h 5721) H.N.

Le coin de la Halakha :
Comment se prépare-t-on pour la prière ?

On aura soin de s’habiller correctement et décemment avant de commencer la prière, à la maison ou à la synagogue.
On a coutume de donner quelques pièces à la Tsedaka (charité) avant la prière : de même, on prononce avant la prière la phrase : «Haréni Mekabel Alaï Mitsvat Assé Chel Veahavta Leréara Kamo’ha» («J’accepte sur moi le commandement positif : «Tu aimeras ton prochain comme toi-même»). Par cela, on s’engage à fournir tous les efforts possibles pour aimer chacun, quel qu’il soit, quoi qu’il ait fait.
Avant la prière, on vérifie la propreté des lieux mais aussi celle de son corps et de ses vêtements. On se lave les mains, même s’il faut pour cela marcher une certaine distance pour trouver de l’eau.
On s’efforce de prier en communauté – donc à la synagogue – car la prière en communauté est certainement mieux acceptée par le Tout Puissant. Même s’il n’y a pas les dix hommes requis pour la prière en communauté, il est préférable de prier tout seul à la synagogue plutôt qu’à la maison, car c’est un endroit saint.
Rabbi Yehochoua Ben Levi disait : «Il vaut mieux se rendre tôt à la synagogue afin de compter parmi les dix premiers à constituer le Minyane».
Nos Sages déclarent : «Celui qui se rend matin et soir à l’heure à la synagogue, qui y reste aussi longtemps que nécessaire et qui s’y conduit bien méritera une longue vie».
Chacun s’efforcera de trouver une synagogue où il priera de façon permanente ; de même il y priera si possible toujours à la même place, près d’un mur. Celui qui prie à la maison choisira un endroit où il ne sera pas dérangé par les autres membres de la famille.  F. L. (d’après Rav Nissan Mindel)

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Edito
Une année différente

Nous voici entrés, et de plain-pied, dans la nouvelle année. Elle porte le numéro 5768 de la création du monde, souhaitons-nous qu’elle soit la meilleure et la plus douce que nous ayons jamais connue. Outre le fait qu’elle soit nouvelle, elle présente une particularité : elle est une année de Chemita. Certes, en diaspora, le concept n’a pas grande application pratique.
De fait, il concerne la terre d’Israël. Là, pendant l’année de Chemita, donc tous les sept ans, tous les travaux agricoles sont interdits et les produits de la terre, laissés dans les champs, ne font l’objet d’aucun commerce. A celui qui s’interrogera « Mais de quoi vit-on alors ? », D.ieu répond : « J’enverrai Ma bénédiction ». Et les histoires sont nombreuses qui rapportent les miracles vécus par ceux qui, en Israël, respectent ce commandement en dépit de tout, et peut-être surtout en dépit de l’esprit du temps.

Car la Chemita est aussi précieuse en cela. Elle est bien cette mise en jachère des terres dont on s’accorde à reconnaître l’effet bénéfique si longtemps oublié mais elle est aussi ce temps entre parenthèses où celui qui, trop souvent, devait se consacrer sans trêve à son labeur peut, à présent, ressentir le bonheur de la liberté. Délivré des entraves du quotidien et de ses exigences si souvent futiles, l’homme remet sa terre à son propriétaire légitime, le Créateur. Celui-ci la lui rendra à la fin de l’année mais, auparavant, l’homme aura vécu pleinement. Sa terre aura certes été en repos mais son esprit, son cœur et son âme aussi.
C’est ainsi que la Chemita remet les choses en place. Parfois, l’homme se croit le détenteur des clés de tout l’univers. Fier des prouesses techniques auxquelles son intelligence l’a conduit, parfois oublieux des dérives suscitées par ces mêmes prouesses, il peut en venir à perdre de vue l’essentiel : il est la créature et le monde a un Créateur.

D’une certaine manière, il n’est que le dépositaire du monde et non son maître. N’est-ce pas un rappel bien nécessaire ?
En notre temps, les métiers de la terre ne sont plus pratiqués par beaucoup. Mais l’oubli de l’essence des choses est peut-être plus répandu qu’autrefois. Alors il faut se laisser guider par la Chemita pour retrouver le chemin ancien de la sagesse. Il conduit à regarder le monde comme notre demeure que D.ieu a bien voulu nous concéder et dont nous n’avons que la responsabilité, et à voir nos actes comme autant de manières de Le servir.
H. Nisenbaum 

Etincelles de Machiah'
Attendre sa venue consciemment

Maïmonide enseigne qu’il est nécessaire, pour chacun, de “croire en Machia’h” et “d’attendre sa venue” (Michné Torah, Hil’hot Mela’him, chap.11, Hala’ha 1).Le fait que soit ici soulignée la nécessité de ces deux attitudes indique qu’elles apportent chacune un élément particulier.
En effet, la foi peut rester cantonnée au spirituel, sans avoir de conséquence concrète. Ainsi, nos Sages (traité de Talmud Bera’hot 63a) remarquent qu’un “voleur, à la sortie du souterrain, invoque D.ieu” pour réussir dans son entreprise criminelle.
C’est pourquoi, outre la foi indispensable, chaque Juif doit aussi “attendre” la venue immédiate de Machia’h de telle manière que cette idée apparaisse dans sa pensée consciente.     
(d’après Séfer Hasi’hot 5749, vol.1, p.351) H.N.

Le coin de la Halakha
Le respect dû aux parents

Question : L’enfant a vu que sa mère a sali par mégarde un document important. Le père demande qui a fait cette bêtise. Que doit dire l’enfant ?
Réponse : Il ne doit pas rapporter du «Lachone Hara» (de la médisance) et ne répondra donc pas.

Question : Les parents se contentent d’une cacherout minimum. L’enfant a appris qu’il vaut mieux ne manger que des produits munis d’un tampon rabbinique sérieux. Comment doit-il se conduire ?
Réponse : Il doit se conformer à ce qu’il a appris mais doit agir de façon courtoise et agréable. Par ailleurs, il peut utiliser la vaisselle cachère de ses parents ; en ce qui concerne les casseroles (donc à chaud) il attendra 24 heures après leur utilisation avec des produits qu’il ne souhaite pas manger 

Question : La mère demande à sa fille de faire ses devoirs de classe. Mais la fille souhaiterait aider sa mère dans les tâches ménagères. Que doit-elle faire ?
Réponse : Honorer sa mère, c’est agir selon ce qu’elle demande ; la fille préparera donc ses devoirs pour faire vraiment plaisir à sa mère. 

Question : Les parents ont une «discussion animée». L’un des parents demande à l’enfant de donner son avis. Que doit-il faire ?
Réponse : L’enfant ne doit pas se mêler. Il faudrait trouver une tierce personne pour résoudre le conflit avec diplomatie. 

Question : Les parents s’opposent au mariage de l’enfant sous prétexte que le (la) prétendant(e) n’est pas issu(e) d’une assez bonne famille. Mais l’enfant se contente de ce statut. Comment agir ?
Réponse : Il faut bien entendu tenir compte de l’avis des parents. Mais les décisionnaires estiment que la décision finale revient à l’enfant. Il convient néanmoins de s’assurer qu’il n’y a pas de problème hala’hique à cette union (un Cohen avec une divorcée ou un Israël avec une Mamzérète). Avant toute décision de cette importance, on consultera un Rav.  
F. L. (d’après Rav Yosef Ginsburgh)

 
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