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Edito - - L’émotion et la force Ils étaient tous là, ils sont tous venus… ou presque. Tous ? Les Chlou’him, les émissaires du Rabbi aux quatre coins du monde qui se sont réunis,
comme la tradition en est déjà fixée, le Chabbat dernier à New York. Dans ces mêmes colonnes, la semaine dernière, le Congrès était annoncé et, bien sûr, il a tenu ses promesses et sans doute au-delà. Nul n’est resté insensible à cette force littéralement hors du commun qui émane d’une telle assemblée. Nul n’a pu repartir du Congrès comme il était venu. Chacun en a acquis comme une conscience plus claire du chemin qui s’étend devant lui : ce qui a été accompli, ce qui reste à accomplir et la vision du but à atteindre.Si les mots peinent à décrire la force, ils ont peut-être encore plus de mal à dire l’émotion. Car ce Congrès a vu aussi le premier anniversaire du décès de Rav Gavriel Holtzberg et de sa femme Rivka ainsi que de tous ceux qui se trouvaient dans le Beth ‘Habad de Bombay, en Inde, lorsqu’il fut la cible de la barbarie terroriste. Pour la première fois, des Chlou’him ont été assassinés à leur poste. Des Chlou’him qui, interrogés peu de temps auparavant, expliquaient avec la plus sincère simplicité : «Nous ne sommes pas ici pour avoir un travail. Nous sommes ici pour servir ceux qui en ont besoin». Et, de fait, l’adresse du Beth ‘Habad était connue de tous ceux que leurs affaires, le tourisme ou simplement la vie, avaient amené en Asie. Cela n’a pas changé. Un Séfer Torah a été inauguré à leur mémoire, auquel tous les Chlou’him ont contribué. Une inauguration de Séfer Torah est toujours une occasion de joie ; cette fois, c’était un sens d’éternité qui, sans la trahir, s’y mêlait. Car l’éternité a une force. Vivante et immuable, vigoureuse et chatoyante, elle est le tissu de l’action des Chlou’him. Après ce qu’il faut bien appeler le «drame de Bombay», certains auraient pu craindre une sorte d’affaiblissement de l’enthousiasme qui entraîne tous ces hommes et leur famille aux confins de la planète, une certaine forme de découragement. Cela aurait été mal connaître les Chlou’him. Les parents de Rav Gavriel et Rivka Holtzberg étaient présents, chacun des pères a pris la parole. Avec une émotion profonde, que personne ne songeait à dissimuler, ce sont des mots d’action, des mots d’avenir qu’ils ont choisi de prononcer. Le travail des Chlou’him grandit et se multiplie. Rien, jamais, ne l’arrêtera ni ne le ralentira. Voici qu’enfin, au bout de la nuit du monde, va apparaître la lumière de la Délivrance. H. Nisenbaum Réflexions sur La Paracha Toledot : 1) La force de caractère L’enseignement juif envisage la vie de l’individu comme l’expression d’une lutte intérieure. Un côté de l’homme se lie à la nature, intouchée et incontrôlée, comme les forêts vierges et les champs en friches. L’autre côté possède une qualité divine, exprimant D.ieu Qui a créé la nature pour y installer Sa résidence. L’aspect de l’individualité non «cultivé» s’appelle «l’âme naturelle» ou «l’âme animale». Parfois les Sages le décrivent comme «le penchant vers le mal». Le problème est que, la plupart du temps, il n’apparaît pas «mauvais» mais tout juste comme libre et sans retenue : naturel. La qualité Divine est connue comme «l’âme Divine», l’étincelle de D.ieu à l’intérieur de tout un chacun. Parfois elle est simplement qualifiée comme «le penchant vers le bien». Ces deux forces, l’âme naturelle et l’âme divine, combattent à l’intérieur de l’être humain. Chacune tente de s’imposer dans la vie quotidienne de l’individu, à propos de ce qu’il pense, de ce qu’il dit et de ce qu’il fait. Mais l’âme divine ne cherche pas à simplement gagner cette bataille, son but est de transformer l’âme naturelle, de la raffiner et de révéler son extraordinaire potentiel de bien. La relation de ces deux dimensions qui s’affrontent dans la vie humaine est décrite dans notre Paracha, à travers le récit concernant Yaacov et Essav, le premier représentant l’âme divine et le second l’âme naturelle. Car tout ce qui est relaté dans la Torah ne nous éclaire pas simplement sur notre histoire mais aussi sur notre psychologie spirituelle. Chaque événement faisant l’objet d’une description se produisit il y a des milliers d’années et se répète également sous une autre forme dans la vie de chaque homme. Essav naquit le premier. L’âme naturelle exprime, pour ainsi dire la première, ses revendications dans notre conscience. Nos besoins primaires et premiers sont relatifs à l’âme naturelle et au corps : la nourriture, le confort physique. Essav grandit comme un homme des champs, un chasseur. La Torah relate qu’à sa naissance, Yaacov tenait dans sa main le talon d’Essav. Yaacov, l’âme divine, tente de transformer Essav. Yaacov grandit comme un homme «qui résidait dans les tentes». Les Sages expliquent que cette expression n’a pas seulement pour but de conceptualiser la civilisation mais aussi l’étude. D.ieu révèle Sa volonté et Sa sagesse à travers Ses enseignements qui s’expriment aujourd’hui dans des milliers de volumes d’explications sur la Torah. Notre ancêtre, Yaacov, était un érudit et la connaissance mène à l’action. Its’hak, le père des deux hommes, dit à son fils Essav de sortir dans les champs et de chasser pour lui préparer un plat savoureux. Leur mère, Rivkah s’adressa à Yaacov et lui dit que cet ordre le concernait, lui : Yaacov plutôt qu’Essav devait rapporter ces mets succulents à Its’hak. N’était-il pas suffisant que Yaacov, l’érudit, reste simplement dans la tente de la Torah, en train d’étudier ? Devait-il aussi se lever et chercher à changer le monde ? Le résultat de cette démarche fut que Yaacov reçut la bénédiction de Its’hak : une merveilleuse bénédiction à propos de la rosée des cieux et de la richesse de la terre. Nos Sages commentent cette bénédiction en expliquant son sens métaphorique exprimant la sagesse et son sens littéral : l’abondance matérielle. Car le Juif ne doit pas renoncer au monde : son but est de transformer le monde entier en une résidence pour D.ieu. Mais avons-nous la force de changer notre propre vie ? Ou sommes-nous entièrement le produit de notre propre vie ? Après tout, nous sommes ballotés par les influences de toutes sortes exercées sur notre vie de toutes parts : celle, très puissante des camarades de notre classe à l’école et au lycée, le barrage quotidien des medias, l’influence plus subtile de la littérature, de l’art et même de l’architecture (et bien d’autres encore). Tout cela additionné forme une organisation extraordinaire de forces qui agissent sur l’esprit de chaque individu. En conséquence de quoi, certains sociologues vont même jusqu’à douter de notre aptitude à avoir une perspective indépendante sur quoi que ce soit. Un exemple de quelqu’un qui exprima réellement son indépendance, basée sur la volonté de D.ieu plutôt que sur la pression de ses pairs apparaît dans notre Sidra. Il s’agit de Rivkah, la femme d’Its’hak et l’une de nos plus célèbres matriarches. Nous l’avons déjà rencontrée dans la Sidra de la semaine passée où elle avait exprimé sa détermination à quitter sa maison et à partir loin pour devenir l’épouse d’Its’hak. Il ne s’agissait alors pas d’une impulsion à voyager due à sa jeunesse, d’une envie de changement. Rivkah était issue d’un environnement idolâtre. Tout le monde dans son entourage, y compris sa famille la plus proche et la société dans laquelle elle vivait, révérait des idoles, comme les différentes forces naturelles et les adorait de façon parfois abominable. Son grand oncle Avraham était célèbre pour son rejet de l’idolâtrie et pour sa foi en un D.ieu unique. Mais Avraham vivait bien loin, en terre de Canaan. Néanmoins, elle avait réussi à s’ériger au-dessus de cette situation. Comme le souligne Rachi, malgré son environnement, elle était parvenue à formuler et à maintenir une perspective personnelle et indépendante sur la vie. «Bien qu’elle fût la fille d’un homme vil, la sœur d’un homme vil, et que sa ville natale fût un lieu de personnes viles, elle n’avait pas appris de leurs méfaits». Et puis, quand le serviteur d’Avraham était venu chercher une épouse pour Its’hak, elle avait saisi l’occasion de s’unir à la célèbre famille de monothéistes. Malgré la désapprobation de ses parents, elle avait insisté pour le faire. Dans la Paracha de cette semaine, nous pouvons observer un autre aspect de son indépendance. Dans un récit personnel et révélateur, nous apprenons comment elle subit ses premières années de stérilité puis une grossesse très douloureuse qui culmina en la naissance de jumeaux totalement différents : Yaacov et Essav. Bien que remplie d’un amour et d’un respect incommensurables pour son mari Its’hak, elle avait reçu une prophétie concernant l’avenir de leurs deux enfants. Cette prémonition et sa perception de la réalité, très terre-à-terre, la détermina dans sa démarche pour que Yaacov, plutôt qu’Essav, reçût les bénédictions d’Its’hak. La Paracha relate la façon dont elle y parvint. Ainsi, l’une des leçons que nous enseigne cet épisode est l’importance de la force de caractère. Rivkah put se battre pour ce qu’elle savait être juste, risquant, dans le processus, son bien-être personnel. Et c’est ainsi qu’elle assura l’établissement du peuple Juif, les enfants de Yaacov. 2) Un héritage de rire Avraham nomma le fils… que Sarah lui avait donné, Its’hak («rire»). Et Sarah dit : «D.ieu m’a fait rire ; tous ceux qui l’entendront riront pour moi» (Beréchit 21 : 3,6) Alors nos bouches seront remplies de rire et nos langues de chant (Tehilim 126 : 2) La Torah se divise en 54 Paracha («sections» ou «portions») dont chacune est étudiée et publiquement lue à la synagogue, une semaine de l’année. Chaque Paracha possède un nom dérivé de ses versets d’ouverture. Mais rien ne détermine quel est le ou les mots choisis pour l’identifier. Pour donner un exemple, les sections commençant par les mots «et Kora’h prit…» et «et Balak vit…» sont respectivement dénommées Kora’h et Balak Mais la section débutant par «et Yaacov sortit…» est appelée Vayétsé («et il sortit») et celle qui s’ouvre sur «et Yehouda s’approcha de lui…» est appelée Vayigach «et il s’approcha») et non Yaacov et Yehouda. Les Maîtres ‘hassidiques expliquent que le nom de chaque Paracha renferme une leçon qui est liée au thème majeur de la section en tant qu’entité et acquiert une signification éternelle pour chaque génération. Ainsi chaque Paracha reçoit le nom le plus approprié et le plus significatif pour notre vie. La Paracha de cette semaine : Toledot («les chroniques» ou «la progéniture») prend son nom des mots qui l’amorcent : «et voici les chroniques de Its’hak». Mais il y a cinq semaines, nous avons lu une Paracha qui commençait par «et voici les chroniques de Noa’h» et cette section était intitulée : Noa’h. Bien sûr, le même nom ne pouvait être donné à deux reprises. Mais si le choix de Toledot ne se situait que par rapport au premier mot adéquat dans le verset qui ouvre la Paracha, on aurait dû s’attendre à ce que la section Noa’h soit appelée Toledot et notre section, pour la distinguer, aurait dû être appelée Its’hak. Il est donc évident que quelque chose dans les chroniques de Its’hak en fait une source plus adéquate pour nommer la Paracha Toledot que celle de Noa’h.
Le commencement et la fin Car Toledot n’est pas un simple nom : c’est un mot qui embrasse le cosmos, s’étend tout au long du cours de l’histoire et décrit notre but dans la vie. Après avoir relaté la création du monde par D.ieu en six jours et Sa désignation d’un septième jour de repos, la Torah commence l’histoire de l’homme par les mots : «Voici les Toledot du ciel et de la terre à leur création…» Dix-huit livres et trois mille ans plus tard, la Torah conclut le livre de Ruth par les versets suivants : «Et voici les Toledot de Pérets : Pérets engendra ‘Hetsron, ‘Hetsron engendra Ram, Ram engendra Aminadav, Aminadav engendra Na’chon, Na’chon engendra Salmah, Salmah engendra Boaz, Boaz engendra Oved, Oved engendra Yichaï, et Yichaï engendra David ». Le Midrach explique : Le mot Toledot apparaît partout dans la Torah avec une orthographe déficiente (c’est-à-dire qu’il y manque la lettre Vav), à l’exception de deux occurrences : «voici les chroniques de Pérets» et «voici les chroniques du ciel et de la terre à leur création». Pourquoi dans les autres cas manque-t-il le Vav ? A cause des six Vav pris à Adam : sa luminosité, sa vie, sa stature, le fruit de la terre, le fruit des arbres et les luminaires… Car bien que le monde eût été créé parfait, cela fut endommagé par le péché d’Adam, et cela ne sera restauré qu’avec la venue de Machia’h, le descendant de Pérets. L’histoire de l’homme est un voyage de Toledot en Toledot, du monde parfait que D.ieu créa, à la perfection restaurée avec l’ère de Machia’h. Comme le déclare simplement Rachi : «Les Toledot des justes sont leurs bonnes actions». Noa’h et Its’hak Les accomplissements de l’homme apparaissent sous deux formes : «les chroniques de Noa’h» et «les chroniques de Its’hak». Le nom «Noa’h» signifie «tranquillité». Its’hak signifie «rire» Nombreux sont ceux qui rêvent de tranquillité et dévouent leur vie au but de transformer le chaos et le combat qui définissent notre existence présente en un monde tranquille. En fait, «la Torah fut donnée pour faire la paix dans le monde», pour unir ses forces et ses aspirations divergentes en un miroir harmonieux de la perfection de son Créateur. Mais l’on peut également arguer que l’existence la plus tranquille n’est pas une existence, que si le but de la création était la tranquillité, ce but aurait été également (ou mieux) atteint en ne créant pas du tout de monde. Il est peu étonnant, dans ces circonstances, que bien peu d’entre nous n’obtiennent de satisfaction durable de la tranquillité. Nous voulons plus de la vie que l’absence de désaccord. Nous voulons la joie, nous voulons le rire dans notre vie. C’est là le but ultime de la création : faire du monde une source de joie pour D.ieu et pour l’homme. Ainsi, s’il existe une section de la Torah appelée «Toledot», il s’agit des Toledot de Its’hak plutôt que celles de Noa’h. S’il existe une «chronique» qui porte l’histoire de l’homme et la «progéniture» qui résume les fruits de son labeur, c’est une chronique de joie et une progéniture de rire. 3) Essav le "transformateur" Notre Paracha décrit Yaakov décrit comme «un homme pur, résidant dans les tentes» et Essav comme «un homme qui sait chasser, un homme des champs». Cela signifie que Yaakov représente la bonté, la simplicité et la pureté, résidant dans les tentes de l’étude de la Torah, alors qu’ Essav représente le mal. C’est un chasseur, un homme de combat et de conquête. Et pourtant, la Torah ajoute une note d’ambiguité qui a défié les érudits depuis des milliers d’années : leur père, Its’hak, affichait ouvertement sa préférence pour Essav. Si Yaakov représente le bien et Essav le mal, comment se pouvait-il que le grand Patriarche Its’hak préférât Essav ?L’on retrouve la même ambiguité dans les enseignements de nos Sages. Ils nous relatent qu’alors qu’Essav n’était qu’un fœtus dans le giron de sa mère, il luttait pour en sortir chaque fois qu’elle s’approchait d’un temple idolâtre. Plus loin, ils ajoutent qu’avant même leur naissance, les jumeaux se battaient pour deux mondes : le Monde Futur, choix de Yaakov, et ce monde ici-bas qui avait toute l’attention d’Essav.Et pourtant, le Zohar explique que lorsque la Torah dit : «et les garçons grandirent», cela signifie qu’en termes spirituels, l’ascendant spirituel de leur grand-père Avraham commença à se manifester et, en fait, qu’Avraham lui-même, toujours vivant alors, exerçait une influence active dans leur éducation. Essav était-il mauvais depuis sa plus jeune vie embryonnaire ? Comment est-ce possible ? Il est sûr que tout un chacun possède le libre arbitre. Et si réellement, il était mauvais, qu’en est-il de son évolution spirituelle, de l’éducation que lui donnait son grand-père Avraham et du fait que son père Its’hak le préférait à son frère Yaakov ?Le Rabbi, qui cherche toujours en tout une perspective positive, propose l’explication suivante. La véritable différence entre Yaakov et Essav réside dans le fait que Yaakov aspirait à développer davantage le bien alors que le souci d’Essav était de transformer le mal en bien. Essav était ce type d’homme qui combat le mal dans toutes ses formes et, idéalement, le transforme. Il possédait cette qualité même avant sa naissance. Encore dans le giron de sa mère, il tentait de sortir lorsqu’elle passait devant un temple idolâtre parce qu’il voulait le transformer en bien. De la même façon, avant sa naissance, il luttait pour révéler le bien dans ce monde alors que Yaakov sentait que le véritable bien ne serait réellement révélé que dans le Monde Futur. C’est la raison de ce combat dans le giron de leur mère. Et puis, quand ils étaient jeunes, Yaakov resta dans une tente à étudier la Torah alors qu’Essav devint un chasseur, un homme des champs, parce qu’il voulait conquérir la négativité de «l’extérieur» et la transformer en bien.C’est une voie extrêmement recommandable et son père la considérait comme supérieure à celle de Yaakov. Cependant, malheureusement, bien qu’Essav eût commencé de manière positive son cheminement dans la vie, il succomba au mal : au lieu de le transformer en bien, il en fut envahi et devint lui-même mauvais. En conséquence, sa transformation ultime du mal en bien dut passer par son frère Yaakov. Et en même temps, Yaakov, lui-même, fut celui qui allait opérer cette transformation, ce que nous verrons dans la Paracha de la semaine prochaine.Les cheminements de Yaakov et d’Essav font tous deux partie de la Torah et ont tous deux une signification pour nous aujourd’hui. Dans notre service divin personnel et dans notre implication dans la société, nous devons être à la fois ceux qui résident «dans les tentes de la Torah», n’ayant de cesse de nous élever spirituellement, et des hommes «des champs» qui cherchent ce qui est apparemment négatif et en révèlent le bien profond : plus haut encore que le Monde Futur spirituel, un monde concret, ici-bas, de bien absolu. Essav et ses femmes Le mariage est un moment essentiel dans la vie. Cela s’applique à n’importe quel être humain dans le monde. Pour le Peuple Juif, le mariage est également primordial de la construction de notre identité. Toledot nous relate le premier mariage mixte qui désespéra les parents du conjoint juif. Et en même temps, nous tirons des enseignements sur la dimension extraordinairement positive d’un mariage.Cette semaine, nous avons vu que la Torah nous peint Yaakov comme un homme spirituel et Essav comme un homme violent. Il était attendu que ce serait Essav qui ferait un mariage à l’extérieur des siens. La Torah relate que lorsqu’il eut atteint quarante ans, il épousa deux femmes de la tribu cananéenne des Hittites. Les épouses non «Avrahamiques» d’Essav causèrent «l’amertume dans l’esprit d’Its’hak et de Rivkah». Les Sages commentent qu’elles continuaient à servir des idoles, leur offrant des encens idoles. Rachi explique que c’est l’odeur de ces encens qui provoqua la cécité d’Its’hak. Plus tard, nous lisons que Rikvah fait part à son mari de ses craintes que leur fils Yaakov finisse lui aussi par se marier avec une Hittite, à l’instar d’Essav. Il n’y avait pas d’autres femmes dans la proximité. C’est l’une des raisons pour lesquelles Yaakov fut renvoyé de chez lui, vers le nord-est, pour trouver une femme de la famille de Rivkah, ce que nous verrons dans la Paracha de la semaine prochaine. Un point étonnant tient au fait que l’une des épouses Hittites d’Essav est appelée «Yehoudit». Cela semble être un nom juif et en fait, le Talmud affirme : «celui qui renie l’idolâtrie est appelé Yehoudi». Rachi explique qu’en réalité, elle possédait un nom différent mais qu’Essav l’appelait «Yehoudit» pour faire croire à son père qu’elle avait réellement adopté le service du D.ieu Unique.Ces événements se produisirent il y a plus de trois mille ans et pourtant ils ont une résonance familière, aujourd’hui même. Il est aussi intéressant de noter qu’Essav prit une troisième épouse qui était tout à fait différente. C’était la fille d’Ichmaël et donc la petite-fille d’Avraham. Son nom était Mo‘halât, ce qui signifie «le pardon» et Rachi de commenter que d’elle nous apprenons que le marié et la mariée sont pardonnés de tous leurs péchés, le jour de leur mariage. Le Rabbi commente que la Torah nous fait ainsi allusion au fait que les propres actions de Mo‘halât reflètent cette idée. C’était une personne véritablement raffinée et spirituelle. Pourquoi donc Essav l’avait-il épousée ? D’une part, très certainement parce qu’il voulait paraître bon aux yeux de son père. Mais par ailleurs, commente le Rabbi, Essav possédait lui-aussi une étincelle de bien, ce qui explique pourquoi son père l’aimait. Et viendra le moment où au cours de l’histoire cette étincelle de bien chez Essav et chez ses descendants sera révélée. Etincelles - - La plus grande pitié La grande pitié que l’on éprouve pour le peuple juif, du fait qu’il est toujours en exil, est bien supérieure à toute pitié que l’on puisse concevoir. C’est pourquoi nous demandons à D.ieu : «Dans Ta grande miséricorde, aie pitié de nous». Du point de vue de «Ta grande miséricorde», du point de vue de D.ieu Qui sait la vraie dimension de la pitié, il n’existe pas la moindre explication de la longueur de l’exil ! (D’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch – Chabbat Parchat Vayigach 5746) H.N. Halakha - - Qui allume les bougies de Chabbat ? Les bougies de Chabbat apportent la paix dans la maison. Il est donc naturel que ce soit la femme, «le pilier de la maison», qui les allume chaque vendredi, 18 minutes avant le coucher du soleil. Depuis 1974, le Rabbi de Loubavitch a demandé que les jeunes filles et même les petites filles allument leur propre bougie de Chabbat, avant leur mère (afin que celle-ci puisse les guider et les aider) avec la bénédiction :«Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vetsivanou Lehadlik Ner Chel Chabbat Kodech».Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné d’allumer les bougies du saint Chabbat. Cette campagne mondiale reçut le nom de «Mivtsa Néchek» («Nérot Chabbat Kodech») car elle constitue l’arme («Néchek») spirituelle des femmes et filles juives. (Après son mariage, la jeune femme allumera deux bougies). Voici ce que dit le Rabbi le 10 Chevat 1984 au sujet de l’allumage par la fillette et la jeune fille : «Même si son père est un Juste parfait et sa mère une Juste parfaite, si la petite fille se demande : ‘Que puis-je ajouter aux bonnes actions de mes parents ?’, on lui expliquera que chaque bonne action que la petite fille effectuera dans le domaine de la Torah et des bonnes actions rajoute de la lumière dans le monde entier et peut (selon la loi tranchée par le Rambam, Maïmonide) : «Faire pencher la balance pour le monde entier du côté du mérite et amener la délivrance !»Rabbi Chnéour Zalman (Choul’hane Arou’h Harav – Ora’h Haïm 263 – 1) écrit : «Plus il y aura, Chabbat, de lumière dans la maison, plus la paix et la joie régneront dans tous les coins» et donc dans le monde entier.Le Tsaddik Rabbi Israël Abouhassira (affectueusement appelé «Baba Salé») s’attacha également avec enthousiasme à propager cette «ancienne» tradition remise à l’ordre du jour : «Je supplie chacun d’éduquer ses filles, dès leur plus jeune âge, à allumer leur bougie chaque veille de Chabbat. Cette Mitsva ‘protégera le peuple saint et la terre sainte’». F. L. (d’après Rav Mordechaï Menaché Laufer) * * * * * * * * * * * Edito Vu du congrès Ils sont tous venus ! Qui ? les délégués du Rabbi dans le monde. Car Chabbat dernier s’est déroulé à New York leur congrès international annuel. En cette année, que le texte de la Torah désigne comme celle du «Hakhel», du Rassemblement autour d’une idée – «entendre et apprendre à craindre D.ieu» – cette rencontre a pris toute sa grandeur et donné un sens renouvelé à l’action. Toujours au rendez-vous, on trouvait les riches couleurs des expériences diverses, les retrouvailles de tous ces hommes, que souvent des milliers de kilomètres séparent mais qu’un même esprit anime et bien d’autres choses encore. Pourtant, chaque congrès a, au-delà de ces caractères communs, une tonalité qui lui appartient en propre. Plus que la joie de se revoir et le surcroît de force que cela confère, chacun porte un message qui en émane naturellement et auquel tous sont sensibles. En cette année particulière, c’est bien une certaine manière de voir le monde qui apparaît ainsi et que chacun, toutes résolutions adoptées, emporte avec lui jusqu’à son lieu de résidence. En ces temps incertains, une telle vision est précieuse car elle permet de diriger ses pas avec plus d’assurance. Et cette vision fait naître la confiance. De fait, les délégués du Rabbi, aux quatre coins du monde, rencontrent des situations parfois difficiles. Présents sur leur terrain d’action, ils connaissent les obstacles de tous les jours, ceux qui font que, malgré les efforts incessants, tout ne se passe pas aussi bien qu’on l’espérait. Lorsqu’on sait que, de la réussite des délégués, beaucoup de choses dépendent, il faut qu’en dépit de tout, la foi dans le lendemain grandisse. Car jamais la difficulté ne peut détruire la volonté d’agir. Alors que le Congrès a clos ses séances et que chacun s’en est retourné, le message est ainsi apparu avec un éclat que rien ne pourra démentir. Si aujourd’hui ne tient pas toutes ses promesses, c’est parce qu’elles seront accomplis demain. Si demain est une réussite absolue, le jour suivant le dépassera encore. C’est ainsi que les délégués vivent. Une âme les conduit, un but les attire : la venue de Machia’h est au bout de la route. H. Nisenbaum Etincelles de Machiah' La voix et les mains Le texte de la Torah (Gen. 27 : 22) enseigne : «La voix est celle de Jacob et les mains sont celles d’Esaü ». Sachant que Jacob représente le peuple juif et que Esaü est l’ancêtre de l’empire romain, les Sages donnent à cette phrase un sens plus profond. Quand on entend la «voix de Jacob», celle de la Torah, disent-ils, alors les «mains d’Esaü», sa force matérielle, n’ont aucun pouvoir. Mais, quand la voix de la Torah s’affaiblit, les mains d’Esaü peuvent l’emporter. Cette idée se concrétisa à l’époque de la destruction du Temple. C’est ce que dit le prophète Jérémie : «Pourquoi la Terre a-t-elle été perdue ? Car ils ont abandonné Ma Torah». En notre temps, par l’étude renforcée de la Torah, nous pouvons donc annuler la cause de l’exil et ainsi amener la Délivrance. (D’après Likoutei Si’hot, vol. III – Parachat Toledot) H.N.
* * * * * * * * Edito Une pensée en action Tout est prêt. Le Congrès international des Chlou’him, les envoyés du Rabbi dans le monde entier, commence cette semaine à New York. Ce n’est pas une nouvelle fracassante, semble-t-il. L’événement a lieu chaque année et est, du reste, toujours rappelé dans ces colonnes. On pourrait sans doute s’attarder sur le fait que l’on attend encore plus de participants qu’à l’accoutumée et que ce sont des milliers de Chlou’him qui vont ainsi se réunir et partager expériences, vie et amitié. Un peu comme une grande et pacifique armée qui se rassemble pour faire le point avant de retourner au combat de chaque instant. Pourtant, dans ce congrès pas comme les autres, il y a encore autre chose. Au-delà de tous les préparatifs, de l’organisation complexe et des attentes de chacun, c’est aussi comme une sorte d’énergie profonde qui se canalise et se met en place. Il faut avoir eu l’opportunité de ressentir cette étonnante et bouleversante puissance. De fait, les Chlou’him sont des hommes comme les autres. Ils ont les préoccupations de tous. Ils ont une famille, des enfants qu’ils éduquent avec tout le soin de parents attentifs et conscients. Les soucis matériels ne leur sont souvent pas épargnés. Quant à leur fonction, elle occupe tout leur temps mais aussi leur esprit et leur cœur. Ils ont une particularité cependant : ils n’ont pas choisi leur lieu de résidence parce qu’il est plus confortable ou parce qu’ils y sont nés. Ils l’ont déterminé parce que c’est là qu’ils sont le plus utiles. Toujours au côté de leur communauté d’adoption, ils savent qu’ils ne la quitteront jamais. Ils savent aussi que la pérennité du judaïsme et la fidélité de sa transmission dépendent, pour une partie, de leur présence. Et avec tout cela, la vie ne les use pas. Jamais on n’entendra chez eux ce simple et si familier soupir : «Je suis fatigué». Jamais, on ne les verra aspirer à des vacances que toute société jugerait amplement méritées. C’est une force différente qui, décidément, les anime – celle du Rabbi de Loubavitch qui les a mandatés. Pour toutes ces raisons, ce Congrès est un événement. Voir une pensée en action est toujours une grande expérience. C’est ce qui apparaît ici. Alors, malgré la difficulté de venir pour certains, malgré l’ampleur de l’effort nécessaire pour les réunir, tout cela en vaut largement la peine. A ce jour, nul ne sait encore ce que seront les conséquences du Congrès de cette année mais chacun ressent qu’elles seront grandes et nombreuses. Nous en reparlerons. Tout est prêt disions-nous ? Il reste, dès à présent, tant à faire. H. Nisenbaum Hayom Yom : La Torah et les Mitsvotrégissent la vie de l’homme du jour de sa naissance à la fin de sa vie. Elles le placent dans un rayon de lumière, lui confèrent une intelligence saine, et lui font acquérir de bons sentiments et des comporte-ments judicieux, non seulement entre lui et D-ieu mais même dans ses rapports avec autrui. Car celui qui base ses actions et sur la Torah et les enseignements de nos Sages vit une vie naturellement et spirituellement heureuse. Hayom Yom p250 |