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Edito Vous avez dit «miracle» ? Alors que, dans toutes les maisons juives, c’est Pessa’h qui est sans doute au cœur de toutes les préoccupations, il peut paradoxalement être facile d’oublier
l’essentiel. Au milieu de tout cela, il faut savoir se souvenir que nous vivons ce mois d’absolu : Nissan. Le mois de notre liberté, celui de notre naissance en tant que peuple mais aussi – et peut-être surtout – le mois dont le nom s’apparente en hébreu au mot «miracles». Il nous faut donc penser un mois dont les miracles sont la réalité quotidienne, à vivre à chaque seconde, comme l’air que l’on respire ou comme le tissu de l’univers. Des miracles pour tous, à tout instant, dans toute situation… Quelle perspective ! Elle est sans doute assez vertigineuse pour que l’on se demande si elle a quelque chance de se concrétiser vraiment. Et pourtant… Pourtant, voici qu’une suite d’occurrences nous tire de notre rêverie. Voici que nous ressentons la grandeur du «Chabbat Hagadol», ce «Grand Chabbat» qui vit la force de l’Egypte – ses premiers-nés – se retourner contre elle-même en un revirement qui laissait présager que la transformation du monde était en marche avant même la sortie du pays d’esclavage. Voici que le 11 Nissan, le jour anniversaire de la naissance du Rabbi, nous invite à avancer sur le chemin ouvert, à continuer la grande route de la liberté et, par nos actes, à faire qu’elle nous mène à la Délivrance éternelle. Voici que nous participons à l’exceptionnel : la bénédiction du soleil, une fois en 28 ans, comme une bouleversante rencontre avec le temps de la création du monde et un prodigieux témoignage d’unité du peuple juif et d’attachement à D.ieu. Voici que, tout ‘Hamets chassé, de notre maison et de notre cœur, nous entonnons encore le chant de l’histoire, celui qui ne cesse jamais de murmurer à nos oreilles que notre aventure fait sens, qu’elle est belle et digne d’être vécue. Voici qu’avec la fête de Pessa’h, nous entrons dans un temps nouveau, déjà éclairé par cette lumière – la venue du Messie – qui chasse tous les vestiges d’obscurité encombrant encore la voie des hommes. Il faut donc, à présent, vivre comme dans une autre dimension. Cela ne signifie pas, bien sûr, ne pas regarder le monde tel qu’il est ni s’en créer un par la seule vertu de l’imagination, qui donne l’illusion de satisfaire les désirs inassouvis. Cette nouvelle dimension, à la fois plus haute et plus profonde, est en nous. Elle attend d’être mise en œuvre. La vivre, c’est être libre. La liberté – vraie, complète, absolue – à notre porte, dès qu’on le veut : est-ce un miracle ? Ou simplement le mois de Nissan. Etincelles Le jour… et la nuit La Torah (Lev.7 : 37-38) présente les différents sacrifices que les Juifs peuvent offrir : «Voici l’enseignement… que D.ieu ordonna à Moïse sur le mont Sinaï le jour où Il ordonna aux Juifs d’offrir leurs sacrifices à D.ieu.» Le fait que le texte utilise le mot «le jour» a une implication dans les règles concernant les offrandes. Ainsi Maïmonide relève que tous les sacrifices doivent être offerts «le jour» et non la nuit. Cependant, poursuit-il, les restes d’un sacrifice déposé sur l’autel dans la journée et que le feu n’a pas consumé peuvent être encore être brûlés pendant la nuit. Cette idée recèle une signification plus profonde que son sens immédiat. En effet, au-delà du sacrifice matériel, l’homme doit offrir à D.ieu son âme animale, cette force en lui qui, tel l’animal, aspire à toutes les jouissances du monde. Il lui appartient de dominer cet aspect de lui-même et de s’attacher au spirituel. Et cela doit être fait «le jour», c’est-à-dire de façon spirituellement lumineuse. Parfois, on a le sentiment de se trouver pendant la nuit, en ce temps d’exil où «l’obscurité recouvre la terre». Mais, même alors, l’effort de lien avec D.ieu, symbolisé par «l’offrande» de soi doit continuer. Alors que l’on se tient si proches de la Délivrance, cela hâtera la venue du temps où «la nuit brillera comme le jour». (D’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch Chabbat Parachat Bé’houkotaï 5749) H.N. Halakha Qu’est-ce que le compte du Omer ? C’est une Mitsva de la Torah de compter les quarante-neuf jours de l’Omer à partir du second soir de Pessa’h (jeudi soir 9 avril 2009) jusqu’à la veille de Chavouot (jeudi soir 28 mai 2009 inclus). Si on n’a pas compté de suite après la prière du soir (Arvit), on peut encore compter durant la nuit jusqu’à l’aube. Si on ne s’en souvient que pendant la journée, on peut compter, mais sans réciter la bénédiction. Et le soir suivant, on continue de compter avec la bénédiction. Si on a oublié toute une journée, on devra dorénavant compter chaque soir sans la bénédiction. Quelles sont les lois de cette période du Omer ? Hommes et femmes ont l’habitude de ne pas entreprendre de « travaux » (tels que ceux interdits à ‘Hol Hamoed) depuis le coucher du soleil jusqu’à ce qu’ils aient compté le Omer. On ne célèbre pas de mariage et on ne se coupe pas les cheveux, en souvenir de l’épidémie qui décima les 24.000 élèves de Rabbi Akiba à cette époque du Omer. Les Séfaradimes respectent ces lois de deuil jusqu’au 19 Iyar (mercredi 13 mai 2009) ; les Achkénazim depuis le 1er Iyar (samedi 25 avril 2009) jusqu’au 3 Sivan au matin (mardi 26 mai 2009) à part la journée de Lag Baomer (mardi 12 mai 2009). La coutume du Ari Zal, suivie par la communauté ‘Habad, veut qu’on ne prononce pas la bénédiction de Chéhé’héyanou (sur un fruit nouveau par exemple) durant toute la période du Omer, même Chabbat, et qu’on ne se coupe pas les cheveux jusqu’à la veille de Chavouot (cette année jeudi matin 28 mai 2009). Un garçon qui aura trois ans après Pessa’h, fêtera sa premier coupe de cheveux à Lag Baomer (mardi 12 mai 2009) et celui qui aura trois ans après Lag Baomer la fêtera la veille de Chavouot (jeudi 28 mai 2009). Il n’y aucune restriction sur les promenades ou les séances de piscine et baignade. F. L. Sidra Tsav Un feu perpétuel «On gardera du feu brûlant perpétuellement sur l’autel ; il ne sortira pas.» A propos de ce verset, le Talmud de Jérusalem propose le commentaire suivant : «perpétuellement, même le Chabbat – continuellement, même dans un état d’impureté.» Chaque aspect du Sanctuaire matériel possède sa contrepartie dans le Sanctuaire intérieur de l’âme juive. Le cœur du Juif est un autel. Et lui correspondent les deux autels du Sanctuaire : l’autel intérieur et l’autel extérieur qui constituent les niveaux intérieur et extérieur du cœur, son apparence extérieure et son cœur profond. L’autel sur lequel allait être installé le feu perpétuel était situé à l’extérieur. Et pour les Juifs, cela signifie que le feu de son amour pour D.ieu doit s’exprimer ouvertement et se révéler. Il ne s’agit pas ici d’une possession privée, à chérir dans le fond de son être. Il faut qu’il montre sa face aux yeux du monde. Ce qui est en retrait et séparé Le concept du Chabbat signifie un repos et un retrait du monde de la semaine. De nombreux actes quotidiens y sont interdits. Mais Chabbat n’est pas seulement un jour de la semaine, c’est un état d’esprit. C’est, en ce qui concerne les dimensions de l’âme, un état de contemplation et de compréhension. Le lien de l’âme avec le Chabbat se lit dans le verset : «et tu appelleras le Chabbat un délice». Lors du Chabbat, la perception de D.ieu est plus intense, plus dévoilée. Et cela conduit l’esprit à se retirer du séculier et du profane. Mais atteindre ce niveau fait courir le risque de devenir sensible à une tentation. On pourrait penser qu’avoir été si haut dans la perception de la présence de D.ieu signifie avoir dépassé les limites de la passion et atteint le niveau de la contemplation impassible. L’esprit a affirmé sa domination sur les émotions. Il n’a, dit-il de lui-même, nul besoin du feu de l’amour. C’est à cet homme que s’adresse le Talmud : «ne sors pas, même Chabbat». Et puis, on peut rencontrer l’autre extrême : l’homme qui a voyagé si loin sur la route de la séparation qu’il ne ressent aucun lien avec D.ieu. A lui, le Talmud dit : «il ne sortira pas, même en état d’impureté». Car le feu ne s’éteint pas. Une étincelle brûle toujours dans le tréfonds du cœur. Elle peut être ravivée pour former une flamme. Et si elle est nourrie d’amour, elle brûlera continuellement. Le Maguid de Mézéritch explique qu’au lieu de lire la phrase : «il ne sera pas éteint», on peut la lire comme signifiant : «il ôtera le ‘non’» (Il s’agit ici d’une lecture différente des mêmes lettres hébraïques). La flamme de l’amour éteint la négativité. Elle permet au Juif de franchir le seuil de l’engagement où il hésite, encore dans l’hésitation, et dit «non». La froideur La remarque du Maguid met l’accent sur le fait que pour repousser le «non», le feu doit être perpétuel. Il doit être nourri d’un attachement constant à la Torah et aux Mitsvot. «Une fois», ou «occasionnellement», ou encore «il n’ya pas très longtemps» ne suffisent pas. Le feu meurt, la froideur s’installe et le «non» a droit à la domination. Cela explique le commandement : «rappelle toi ce que te fit Amalek en chemin, alors que tu sortais d’Egypte, comment il vint à ta rencontre (kor’ha) en chemin». Amalek est le symbole de la froideur dans la vie spirituelle. Kor’ha signifie à la fois «il vint à ta rencontre» et «il te refroidit». Le Amalek historique «frappa… parmi vous, tous ceux qui étaient affaiblis dans vos rangs, alors que vous étiez faibles et fatigués : et il ne craignit pas D.ieu». Le Amalek, à l’intérieur du Juif tente d’agir de la même manière. C’est sa voix qui dit «non» quand l’amour de D.ieu s’affaiblit et se lasse. C’est la voix qui ne craint pas D.ieu. Et il nous est enjoint de nous souvenir, chaque jour, d’Amalek. Cela signifie qu’il ne faut jamais laisser pénétrer la froideur dans notre cœur et s’en emparer. Et cela signifie également qu’il ne faut jamais permettre à la flamme de l’amour de s’éteindre. Le feu d’en bas et le feu d’En haut Le feu perpétuel, qui était préparé par l’homme, constituait une préparation, dans le Sanctuaire, pour le feu qui descendait du Ciel. A ce propos, on peut lire dans le Talmud : «Bien que le feu descendît du Ciel, c’était un commandement pour l’homme d’apporter également du feu». C’était le réveil d’en bas qui apportait une réponse de D.ieu. Mais cette réponse ne survenait que lorsque le feu d’en bas était parfait, sans défaut. Cela ressort clairement à la lecture de cette Paracha et de celle de la semaine prochaine. Durant les jours de la consécration du Sanctuaire, il était fin prêt, ainsi que ses ustensiles, Moché et Aharon étaient présents et des sacrifices offerts. Mais la Présence Divine ne descendait pas pour y résider. Une trace persistante de la faute du Veau d’Or restait encore. Ce n’est qu’au huitième jour, quand le feu perpétuel fut rendu parfait, que la faute fut effacée, que le «non» fut éteint, qu’alors «un feu descendit de devant l’Eternel» et que «la Gloire de D.ieu apparut aux yeux de tous». Les limites Bien que l’homme ne puisse aspirer à l’infini pour lui-même, ce feu descend sur lui. Mais cela ne se produit que lorsqu’il a rendu son propre feu parfait et qu’il a été jusqu’aux limites extrêmes de ses possibilités spirituelles. L’homme reçoit la réponse de D.ieu, non quand il se résigne à la passivité ou au désespoir mais quand il atteint les frontières de ses propres aptitudes. Cela est suggéré par le mot «perpétuel» dans la description du feu. En perfectionnant notre vie limitée par le temps, nous nous unissons à l’infinité de D.ieu de sorte que le temps lui-même devient éternel. Et la nature elle-même prend alors une dimension sur naturelle. Parce que la récompense de notre service divin est une bénédiction de succès dans le monde naturel qui va au-delà des limites de l’ordre naturel. Le feu dans le service de l’homme L’implication essentielle de tout ce qui précède est que chaque Juif constitue un sanctuaire pour D.ieu. Et même s’il étudie la Torah, pratique les Mitsvot mais que le feu perpétuel manque, le Présence Divine ne peut résider en lui. Car son service n’a pas de vitalité. Et une trace du distant péché du veau d’Or peut encore subsister : le «non» qui est la voix de la froideur. Le Juif doit apporter de la vitalité, un engagement, du feu dans trois aspects de son existence religieuse : la Torah, le service divin et la pratique de la charité. L’étude ne doit pas être une pratique qui n’a pour but que le fait de se débarrasser d’une obligation et observer le minimum requis. Les mots de la Torah ne devraient jamais quitter la bouche d’un Juif. Et ils devraient toujours être prononcés avec feu. Le service signifie la prière et les Pirké Avot en disent : «ne considère pas ta prière comme une tâche mécanique mais comme un appel à la miséricorde et à la pitié devant le Tout Puissant». La pratique de la charité inclut l’accomplissement de tous les commandements. Et à nouveau il ne faut pas l’accomplir simplement par bonne conscience mais avec une chaleur intérieure qui se manifeste extérieurement dans le désir de l’accomplir de la manière la plus belle possible. Voilà comment allumer le feu. Et ce feu humain fait descendre le feu du ciel. Il amène D.ieu dans le monde et attire l’infinité dans les dimensions du fini. * * * * * * * * * * Edito Pourim pour notre temps La joie de Pourim est une réalité et cette réalité est forte, tangible, inébranlable. Il se trouve que nous vivons des temps où de nouveaux Haman sont apparus et que, comme leur lointain ancêtre dans le Livre d’Esther ils s’affirment prêts à «détruire tous les Juifs, y compris les femmes et les enfants, en un seul jour». Peut-être ignorent-ils encore que l’histoire a déjà trouvé sa conclusion ? Peut-être veulent-ils ne pas savoir que celui qui, en son temps, entreprit ce combat inhumain, sans foi ni morale, en fut la première victime ? Peut-être préfèrent-ils oublier que les rues de Babylonie gardèrent longtemps le souvenir de la potence haute de vingt-cinq mètres préparée pour Mordé’haï le Juif et à laquelle Haman lui-même fut pendu avec ses fils, partisans dignes de lui ? Décidément l’histoire donne parfois l’impression de bégayer. Voici qu’en une période naturellement de pur bonheur, les barbares ont montré leur hideux visage et que se sont découverts ceux pour qui la barbarie n’est rien de pire qu’une option parmi d’autres. Il est toujours difficile à l’homme civilisé de réagir avec justesse à de tels assauts. Passé le sentiment d’horreur et de révolte, au-delà de l’indispensable réaction sécuritaire et des condamnations attendues, et en particulier alors qu’on se trouve loin du théâtre des violences, que faire ? Serions-nous donc désarmés, réduits à l’indignation rituelle ? Et si Pourim constituait une réponse ? Car le jour que nous célébrons cette semaine est loin de se limiter à la simple évocation d’un héroïsme passé. Le Baal Chem Tov ne l’a-t-il pas enseigné : «Celui qui lit le Livre d’Esther au passé n’a pas accompli le commandement comme il convient» ? Cette fête est celle du temps présent. Elle nous parle de notre vie. Elle nous dit la dureté de l’exil et l’espoir toujours vivant. Elle nous dit la cruauté de nos ennemis et la victoire éternelle. Et surtout, elle nous fait entendre l’allégresse qui monte comme une réponse à ceux qui voudraient nous voir sortir de l’Histoire. De fait, la joie est sans doute la réponse suprême. Elle brise les barrières, nous entraîne au-delà de nous-mêmes, nous emplit de cette force à laquelle rien ne saurait résister. Il faut la vivre, s’en imprégner dans et par Pourim pour tous les jours qui suivent. Par elle, voici qu’enfin le jour se lève. H. NISENBAUM
Vivre avec la Paracha L’autel extérieur Rabbi Eléazar donnait toujours une pièce d’argent à un pauvre et seulement alors, il commençait à prier. Le Temple de Jérusalem possédait une structure qui correspond à celle de l’être humain. Ses chambres et ses meubles ont leur équivalent dans les différents organes et facultés qui constituent l’homme. Comme le soulignent nos Sages, quand D.ieu dit à Moché : «ils Me feront un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux» (Chemot 25 :8), Il ne dit pas «Je résiderai en lui» mais «en eux». En d’autres termes, bien que le Temple constituât le lieu central du service de l’homme pour son Créateur, et l’endroit dans le monde où l’essence de la Divinité était la plus perceptible, l’objectif du service du Temple était que l’homme applique la conscience et l’expérience du Divin se dégageant du Lieu Saint dans tous les aspects de sa vie quotidienne. Ainsi, chacun des ustensiles du Temple ainsi que ce qui y était accompli possède son pareil dans la manière dont l’homme régit sa vie et sert son Créateur. Les services accomplis dans le Temple se rangent en deux grandes catégories : «les services intérieurs» dans le Temple à proprement parler (le Hé’hal) et les «services extérieurs» dans la cour du Temple (la Azara). Au niveau individuel, cela se traduit dans les deux domaines de base du comportement humain : le développement intérieur et spirituel de l’homme et les aspects les plus extérieurs de sa vie, ses efforts pour raffiner son être corporel et son implication avec son prochain et le monde environnant. La voie de la flamme Le sentiment instinctif d’un homme pourrait être qu’il doit se frayer un chemin de l’intérieur vers l’extérieur. D’abord, il se concentrera sur les besoins intérieurs de son âme et seulement après il prêtera attention aux sujets «extérieurs». Etant parvenu à une paix et une perfection intérieures, il se mettra alors à réellement influencer son environnement. «Prends soin du feu qui brûle dans ta cheminée », se dit-il, « avant de te préoccuper d’illuminer l’extérieur». Mais dans le Temple, les choses marchent dans le sens inverse. Le jour commence par l’allumage du Mizbéa’h Ha’hitson, de l’ «autel extérieur» qui se tient dans la cour du Temple. En fait, la loi de la Torah va même jusqu’à se demander si l’ «autel intérieur» et la Menorah (le Candélabre) doivent être allumés à partir des feux qui proviennent de l’ «autel extérieur». La Menorah à sept branches représente la sagesse divine de la Torah. L’«autel intérieur» est l’équivalent du raffinement et du perfectionnement que fait l’homme de ses plus hautes facultés spirituelles. Mais la gloutonnerie spirituelle n’est pas moins égocentrique que celle qui dévore la matérialité et celui qui se concentre exclusivement sur l’accomplissement et la réalisation de sa propre personne, même dans le sens le plus positif et le plus spirituel, met son Temple intérieur à l’envers. Il est vrai que plus un homme possède de richesse en lui, plus il peut en donner aux autres. Et il est également vrai que si quelqu’un vient à avoir des manquements en lui, il lui est extrêmement difficile de les rectifier chez autrui. Et pourtant, il est sûr que les besoins d’autrui ne peuvent être ignorés, en attendant que l’on atteigne soi-même la perfection. Bien plus, il s’avère souvent que donner aux autres permet de s’améliorer soi-même : une idée que l’on se doit de transmettre sera mieux et plus profondément comprise, aider notre ami en situation de crise ouvre pour nous des ressources de foi et de courage qui nous étaient insoupçonnées à nous-mêmes. C’est là la leçon implicite dans le fait que la Menorah et l’«autel intérieur» étaient allumés à partir du feu qui brûlait dans la cour : aller vers l’autre, l’autre qui est en nous (c’est-à-dire notre personne physique) et l’autre, au sens littéral, celui dont la vie peut être améliorée si on lui apporte de la lumière et de la chaleur. Ces actes altruistes d’illumination allumeront, à leur tour, les «feux des maisons» dans les chambres intérieures de notre propre temple, de façon tangible et définitive. Notre étude de la Torah et notre prière imprègneront notre esprit et notre cœur avec un réel attachement au Tout Puissant. L’offrande du pauvre Les différents types d’offrandes apportées sur l’autel du Sanctuaire et à Jérusalem étaient classés en Sainteté Supérieure et Sainteté Moindre. L’offrande de Min’ha (repas) apportée par le pauvre est appelée Kodech Kadachim (une Sainteté Supérieure) «semblable à l’offrande expiatoire» du repentant. Abravanel, le célèbre commentateur espagnol, observe qu’alors que les autres offrandes peuvent être d’une Sainteté Moindre, celles du pauvre, qui donnait en faisant un grand effort et sacrifice de sa personne, sont d’une Sainteté Supérieure. De la même façon, l’expression de la contrition du pécheur repenti, ses remords pour ses mauvaises actions, sont chéris par son Créateur miséricordieux. La signification de l’offrande réside moins dans sa mesure quantitative que dans le degré d’implication de l’offrant, dans ce qu’il donne de sa propre personne. Le riche qui peut s’adonner à de grands gestes philanthropiques ne doit pas considérer ses frères moins fortunés que lui, d’un air protecteur. Et parallèlement, la mesure pour D.ieu étant le cœur, le contributeur modeste ne doit pas jeter un regard dépréciateur sur le fortuné ou se faire gloire de sa propre générosité («si je peux donner cinq euros, il peut en donner dix mille…»). Alors que la valeur négociable des dons généreux n’est pas diminuée par l’orgueil, les petites sommes de charité données avec arrogance n’ont que peu de sens spirituellement ou matériellement. Etincelles de Machiah' Juste un bouton à presser Maïmonide nous enseigne qu’un seul homme, par un seul acte, a le pouvoir d’amener «le salut et la délivrance» au monde entier. En notre temps, nous le voyons concrètement : n’importe qui, même un enfant, par une petite action, peut presser un bouton et causer un changement considérable dans le monde. Combien plus est-il donc vrai que, par une seule action – presser le bon bouton – pour accomplir la volonté de D.ieu, nous pouvons changer le monde et y amener la Délivrance ! d’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch–10 Chevat 5746 H.N. |