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Le peuple solitaire
Le peuple juif a une longue histoire et, sans doute, une mémoire également longue. Sous toutes les latitudes, il a traversé des temps de bonheur

et, peut-être plus souvent, des temps de détresse, des temps de liberté et des temps d’oppression, des temps de lumière et des temps d’obscurité. Il a parfois rencontré, sur son chemin, des compagnons de route. Quelquefois, des amitiés se sont forgées, la confiance est née. Parfois même, le peuple juif a pu se croire arrivé sur des rivages paisibles. La conscience en repos, il a pensé pouvoir enfin éprouver la douce saveur des existences discrètes, de cette sorte de vie qu’aucun événement marquant ne vient troubler. Vivre tranquille et serein du soir au matin : ambition à la fois grande et petite. Etre comme tout le monde : l’ultime espoir de tous ceux qui ressentent profondément la fatigue de l’Histoire.
Quelle que soit la légitimité ou la pertinence d’un tel désir, force est de constater que bien rares sont les temps où il fut assouvi. Au contraire pourrait-on dire, à chaque fois qu’un tel petit bonheur paraît à portée, les événements font qu’il s’éloigne et devient vite, pour ainsi dire, presque inaccessible. Le peuple juif n’est pas un peuple comme les autres. Comment ne pas entendre constamment résonner à nos oreilles le verset biblique : «C’est un peuple qui réside solitaire et ne se confond pas avec les autres nations» ? Comment ne pas lui trouver une extraordinaire actualité quand les rues des capitales mondiales retentissent de cris qu’on croyait appartenir au passé, quand un véritable déferlement de haine se cache sous les habits empruntés à un discours politique d’où la raison aurait disparu ? Dans ces rues et ces avenues si familières, voici qu’à présent, on peut se sentir décidément bien seul…
Si c’est de «solitude» qu’il s’agit, il faut reconnaître qu’elle ne manque pas d’une certaine grandeur. Les amis d’hier peuvent avoir cessé de nous comprendre et les traditionnels donneurs de leçons avoir repris du service, conscience de commande en bandoulière, mais qu’à cela ne tienne : le peuple «qui réside solitaire» a repris sa place dans l’Histoire. Il assume totalement son destin : celui de porteur de lumière, de témoin de sagesse et d’acteur d’une morale qui transcende les aires et les ères sociales. Le rôle est certes exigeant. Il est cependant très précieux, autant pour le peuple juif lui-même que pour tous les hommes. Quand la rue gronde et que son aspect n’est plus reconnaissable, il est temps de nous retrouver. Fidèles à nous-mêmes, conscients du poids de nos actes, persévérants dans nos accomplissements, et, finalement, éternellement liés à D.ieu par Sa Torah et Ses commandements, nous poursuivons notre chemin. Afin que monte enfin la lumière : l’ère messianique est à notre porte.
H. Nisenbaum

Sidra
Vaéra
La perception et la puissance

Un idéal de base, dans la réflexion contemporaine, est non seulement les droits de l’individu mais aussi sa puissance. Si vous êtes réellement concerné par un problème, alors, par un processus démocratique, la force d’un groupe de pression, l’implication des médias pour soulever l’intérêt du public ou toucher l’opinion, vous pouvez agir. Dans un certain sens, chacun peut changer le monde.
En termes spirituels, il s’agit là d’une idée juive ancestrale. Il y a plus de huit siècles, Maïmonide écrivait que chaque individu doit se considérer en équilibre entre le bien et le mal. Cela signifie, poursuit-il, qu’un seul geste peut changer la balance pour soi-même et pour le monde entier. Un bon acte, commente le Rabbi, une bonne pensée peuvent faire pencher le fléau de la balance du bon côté et apporter la guérison au monde entier.
Cela signifie donc que chaque individu joue un rôle éminemment important. Sa perception de la vie peut être un facteur crucial, non seulement pour son bien-être personnel mais pour celui du monde en tant qu’entité.
Notre perception de la vie est en fait un thème central dans notre Paracha qui évoque les plaies que D.ieu envoya contre l’Egypte.

Quel en était le but ?
Une des réponses que l’on donne indique qu’elles devaient forcer les Egyptiens et tout particulièrement le Pharaon, à laisser partir le Peuple Juif, libre. Elles peuvent aussi être considérées comme une punition pour la cruauté avec laquelle ils agirent envers leurs esclaves juifs. Mais si nous observons avec attention le texte de la Torah, nous voyons qu’il ne s’agissait pas simplement de faire une démonstration de force ou d’occasionner de la douleur. Le but en était plus subtil.
D.ieu explique que le but des miracles d’Egypte était que «l’Egypte sache que Je suis D.ieu».
Quand le Pharaon rencontra pour la première fois Moché, qui lui demandait la liberté pour les Juifs, il répondit : «Qui est ce D.ieu que je devrais écouter en libérant les Juifs ?» Cela signifie donc que le but des plaies était de faire en sorte que le Pharaon reconnaisse D.ieu. Ce n’est qu’alors qu’il pourrait permettre la sortie d’Egypte.
Mais en fait, cela  non plus, n’est pas le but ultime des plaies. D.ieu en donne une autre explication à Moché : «Les plaies sont survenues pour que le Peuple Juif transmette à ses enfants et à ses petits-enfants ce qui s’est passé et que eux «sachent que Je suis D.ieu».
Le dessein des plaies était de changer notre perception de la vie pour que, à travers les générations, nous reconnaissions D.ieu et le sens de Ses enseignements. Pour l’antique Pharaon, les plaies avaient pour sens qu’en fin de compte, il obéirait à D.ieu et laisserait partir le Peuple Juif. Pour nous, elles signifient que nous reconnaissons la puissance de D.ieu dans notre vie et faisons donc la démarche juste, celle qui apportera au monde le bien et la guérison.

La liberté en cinq dimensions
Nos Sages évoquent les relations proches qui unissent les individus et l’histoire du Peuple Juif décrite dans la Torah. Les grands événements de l’esclavage égyptien et l’Exode relatés dans la Paracha peuvent avoir lieu dans le monde personnel de chaque individu vivant aujourd’hui.
Un exemple nous en est aussi fourni par le récit des plaies. Lorsque nous lisons la Haggadah, à Pessa’h, nous en chantons la liste, versant une goutte de vin à l’évocation de chacune d’entre elles. Et puis la Haggadah rappelle une discussion à leur propos entre deux Sages anciens : Rabbi Eliézer et Rabbi Akiva.
Rabbi Eliézer affirme que chaque plaie consistait en fait en quatre plaies. Rabbi Akiva, quant à lui, avance qu’il ne s’agissait pas de quatre mais de cinq plaies. Assis à la table du Séder, lisant dans la Haggadah tâchée de vin, nous nous hâtons vers la consommation de la Matsa, des herbes amères et du repas. Mais que viennent nous dire aujourd’hui ces deux Sages anciens ?
C’est à ce point que nous pouvons découvrir quelque chose à propos du processus de quitter l’Egypte, à notre niveau personnel, intérieur.
La fonction des Plaies dans l’histoire était de briser la force néfaste de l’Egypte et du Pharaon, le tyran qui avait asservi le Peuple Juif. Dans notre intériorité, l’équivalent des plaies consiste en la tentative de briser notre propre situation de servitude. Qui ou qu’est-ce qui nous asservit ? Nos propres désirs négatifs, notre propre égocentrisme.
Et dans cet esclavage intérieur existent quatre niveaux, selon Rabbi Eliézer ou cinq, selon Rabbi Akiva. En le comprenant, nous sommes mieux à même d’appliquer le principe des plaies pour libérer notre moi intérieur.
Le premier niveau se rencontre lorsque le penchant négatif a tellement de force à l’intérieur de nous qu’il peut nous obliger à faire quelque chose de répréhensible. Il s’agit d’un niveau simple et courant, celui de la vie quotidienne dans lequel on lutte pour garder le contrôle de son comportement.
Le second niveau, plus subtil, d’esclavage est celui où on fait ce qui est bien. Mais on est constamment préoccupé par ce que les autres vont penser de soi. On est pris au piège dans sa propre idée de la société.
Le troisième niveau est encore plus délicat. L’individu éprouve un profond sentiment de liberté et se tient bien au-dessus des opinions de ses alter egos. Cependant, il reste limité par son propre intellect et sa compréhension. Il reste froid, sans passion. Les enseignements du Judaïsme demandent de nous, au contraire, une aptitude à dépasser cette limite : «tu aimeras D.ieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force». Il est des situations qui demandent quelque chose de plus que cette froide rationalité.
Le quatrième niveau est celui où l’homme peut dépasser la compréhension. Il agit dans le sacrifice de soi. En ce qui concerne Rabbi Eliézer, c’est là le niveau le plus élevé que l’on peut atteindre.
Mais Rabbi Akiva y voit encore un problème. L’on peut encore être rattrapé par la conscience que l’on a de se sacrifier : «Je me sacrifie ! Ne suis-je pas extraordinaire ?» Pour Rabbi Akiva, le cinquième niveau de liberté est celui que l’on atteint lorsqu’on s’est complètement libéré de soi-même.
On peut alors totalement se dévouer au service de D.ieu, apportant en fin de compte, la Rédemption, pas seulement à soi-même mais au monde entier.

Etincelles
L’envoyé de la Délivrance
Lorsque D.ieu voulut envoyer Moïse libérer les Hébreux d’Egypte, celui-ci supplia (Ex. 4 : 13) : «De grâce, envoie quelqu’un d’autre». Relevant ce verset, nos Sages indiquent que cette demande de Moïse avait un sens précis. Il voulait ainsi que l’envoyé chargé de la libération du peuple juif soit le Machia’h lui-même.
Quand le moment en fut venu, D.ieu envoya cependant bien Moïse et non le Machia’h. Mais, plus profondément, il est dit que «le premier libérateur (d’Egypte) sera le dernier libérateur (de notre exil)». Il en ressort donc que Moïse et Machia’h ne sont pas deux hommes totalement différents. Moïse est aussi l’envoyé de notre Délivrance majeure.
(D’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch  – Chabbat Parachat ‘Hayé Sarah 5752) H.N.

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Edito
Pour ne pas perdre son temps

Qu’est-ce donc que le temps ? Est-ce simplement un moyen commode de relever le passage des choses ou d’organiser une société complexe ? En d’autres termes, le temps se limite-t-il à nos agendas et à des dates uniques déclinées – pratique utile – dans toutes les langues du monde ? Ou bien est-il un des éléments de la création divine au même titre que l’espace, autrement dit un véritable «lieu» de vie, anonyme et déshumanisé si on tente de le standardiser plus que de raison, beau et bon à vivre si on sait le garder proche de soi, de ce que l’on est ?
De fait, comment ne pas voir que le temps ne peut pas s’interpréter uniquement comme un outil social ? Ce n’est pas en vain que sa gestion a eu, dans l’histoire, une portée sacrée. Lorsque le peuple juif résidait sur la Terre d’Israël et que le Temple se dressait à Jérusalem, le calendrier était entre les mains du Sanhédrin, cette cour suprême qui présidait au destin du pays. Plus encore, lorsque des ennemis se présentèrent, des envahisseurs – babyloniens, grecs ou romains – qui voulurent effacer le peuple juif et, pour cela, entreprirent de détruire sa culture propre, sa vision et son mode de vie, leur première cible fut le calendrier. Interdisant son établissement, ils espéraient ainsi que le temps, tissu même de la vie, changerait de sens, que la perte de ce repère modifierait le contenu même des existences pour lesquelles il avait, jusque-là, servi de cadre indépassable.

Notre temps est, bien souvent, celui de l’utilitaire. Il y paraît plus simple de limiter les choses à l’usage quotidien que chacun en fait comme s’il était possible de séparer le sens et l’élément qui en est naturellement porteur. Le calendrier ne fait pas exception à l’idée. C’est ainsi que les modes de décompte du temps nés en occident, liés à lui et exprimant à la fois sa culture et sa conscience historique, sont devenus le cadre obligé de la vie de tous. Avoir une référence universellement compréhensible est évidemment utile ; c’est au moins une chose pour laquelle tous les hommes ont un langage commun. Pourtant, si cette manière de vivre le temps en vient à faire disparaître les autres, s’il n’y a plus de place pour un temps du cœur à côté du temps social, n’est-ce pas d’une véritable perte de conscience qu’il s’agit ? Sur les feuilles volantes de nos éphémérides, un millésime change cette semaine. Il faut savoir donner à l’événement la seule importance qu’il mérite : sociale et utilitaire. Quant à notre temps éternel, loin des festivités de commande, il continue d’avancer à son rythme éternel.
H. Nisenbaum

Vivre avec la Paracha
Voir et croire

Les prisons de l’esprit Quand la Torah cite un lieu, le nom ne désigne pas seulement un emplacement géographique mais aussi un état d’esprit et un ensemble spirituel de circonstances. Dans ce contexte, Mitsrayim, le nom hébreu pour «Egypte» sert de symbole, nous enseignant la nature de l’exil et démontrant l’essence du défi spirituel que doit relever notre peuple tout au long de l’histoire.
Mitsrayim est sémantiquement lié au mot hébreu Métsarim, signifiant «frontières» et «limites». L’existence matérielle limite l’expression de la Divinité dans le monde en général et l’expression de l’étincelle divine dans notre âme. C’est cela l’exil, un état non naturel. Car la véritable réalité est que le monde a été créé pour être une résidence pour D.ieu, et que l’âme de l’homme, une véritable partie de D.ieu, est cachée. Dans de telles circonstances, l’individu se trouve absorbé dans la routine quotidienne de sa vie. Les valeurs spirituelles, s’il les considère, sont toutes interprétées selon sa propre perspective du monde.
Bien plus, l’exil se perpétue naturellement. Nos Sages relatent que pas un seul esclave ne pouvait s’échapper de l’Egypte. De la même façon, tout cadre dans lequel vit une personne crée une inertie qui résiste au changement.
Pour emprunter à nos Sages une expression : «une personne enchaînée ne peut pas se libérer». Puisque les processus de pensée de chacun sont formés par un environnement d’exil, il est difficile pour beaucoup d’hommes de voir au-delà de ces processus.

Une fin à l’exil
Et pourtant, bien que l’homme ne puisse par lui-même se libérer, D.ieu refuse de permettre à l’exil de continuer indéfiniment. Le premier pas de la rédemption est une révélation directe de la Divinité. Puisque la caractéristique fondamentale de l’exil est le voilement de la présence de D.ieu, l’annulation de l’exil implique une vision plus claire de la Divinité.
C’est là le message de la Paracha Vaéra. Vaéra signifie : «et Je Me suis révélé». La racine de Vaéra est le mot Reiyah qui signifie «vue». Vaéra se réfère à quelque chose qui peut être vu directement. Ce thème court tout au long de la portion de la Torah qui décrit sept des dix plaies, miracles manifestes, qui avaient deux buts, comme le déclare la Torah : «Je montrerai Ma force… Je sortirai Mes hôtes d’Egypte… Et l’Egypte saura que Je suis D.ieu».
Les plaies qui s’abattirent sur l’Egypte firent prendre conscience au monde entier de la présence de D.ieu. Même les Egyptiens, dont le dirigeant avait fièrement claironné : «Je ne connais pas D.ieu», furent obligés de prendre conscience de Sa présence et de reconnaître : «C’est le doigt de D.ieu !» Parce que les miracles furent ouvertement visibles, ils transformèrent la manière de penser des gens.

Un riche héritage

Cependant, il est naturel de demander : «Quand ai-je vu la Divinité ? Peut-être y avait-il des miracles, par le passé, mais quelle importance ont-ils pour aujourd’hui?» La réponse se trouve dans le commentaire de Rachi à propos du verset dont la Paracha tire son nom : «Et Je Me suis révélé à Avraham, Its’hak et Yaakov». Rachi commente : «aux Patriarches».
Il semble que cette observation soit superflue. Nous savons tous que Avraham, Its’hak et Yaakov étaient les Patriarches du Peuple Juif. Ayant mentionné chacun par son nom, il n’était pas besoin de donner leur titre. Toutefois, Rachi met l’accent sur les révélations dont ils furent les témoins, non grâce à leurs vertus personnelles mais parce qu’ils étaient les «Patriarches» et que leurs réalisations spirituelles seraient transmises comme héritage à leurs descendants. En Se révélant à nos Patriarches, D.ieu fit de la conscience de Son existence un élément fondamental de la nature intérieure de leurs descendants pour tous les temps.

Prendre possession de l’héritage

Néanmoins, bien que le legs de nos Patriarches soit dans notre cœur, il n’est pas toujours dans nos pensées conscientes. Chacun de nous doit entreprendre d’intérioriser la foi de nos Pères et de la faire sienne. Cela n’arrive pas nécessairement de soi-même. A moins de faire des efforts pour combiner la foi et la pensée, nous pouvons en arriver à créer une dichotomie entre la croyance et la vie concrète. En fait, la manifestation d’une telle dualité est très courante.
Le besoin de réparer ce schisme explique pourquoi la Paracha précédente, Chemot, se conclut en décrivant la façon dont Moché aborda D.ieu et demanda : «O D.ieu, pourquoi fais-Tu du mal à Ton peuple ?» La question de Moché ne reflétait pas un manque de foi. Il ne fait aucun doute que Moché croyait. Mais il réalisa que sa responsabilité était d’être «le berger de la foi», de nourrir la foi du peuple jusqu’à ce que cela affecte leur processus de pensée. C’est pourquoi il posa cette question.

Les miracles de nos vies
En réponse à la question de Moché, D.ieu envoya les miracles décrits dans notre Paracha. Les actions de Moché pour rendre la foi présente dans la vie quotidienne suscitèrent une réponse de D.ieu.
Des concepts similaires s’appliquent dans chaque génération. Car les miracles n’appartiennent pas au passé. Dans chaque génération, D.ieu montre Son grand amour pour Son peuple en accomplissant des actes qui transcendent l’ordre naturel. Il se peut que le bénéficiaire d’un miracle ne reconnaisse pas ce qui s’est produit et dans d’autres occasions, que les miracles soient évidents pour tous. De fait, dans le passé récent, nous avons vu de grands miracles : la guerre du Golfe, la chute de l’URSS et les vagues massives de Juifs arrivant en Erets Israël.
Nos prophètes ont promis : «Tout comme lors de votre sortie d’Egypte, Je vous montrerai des merveilles». Tout comme les miracles que D.ieu fit pleuvoir sur l’Egypte annoncèrent l’exode, que les miracles dont nous avons été témoins et dont nous serons témoins dans le futur soient un prélude à la Rédemption ultime. Et que cela ait lieu dans le futur immédiat.
Adapté de Likouté Si’hot Vol. XVI, Vol XXXI Si’hot Vaéra 5743, Si’hot 25 Nissan 5761

Etincelles de Machiah'
«Sages»… mais «grands» ?

Maïmonide (Michné Torah, Hil’hot Mela’him, chap. 12) enseigne que, lorsque le Machia’h sera arrivé, «les Juifs seront de grands sages». Certes, nous savons, comme cela est souligné par ailleurs, que la seule préoccupation du monde sera alors de connaître D.ieu et que la sagesse sera le privilège de chacun. Cependant, pourquoi souligner, à propos des Juifs, qu’ils seront précisément «de grands sages». De quelle grandeur s’agit-il ici ?
C’est que leur étude n’aura qu’une unique motivation, dans les termes d’Isaïe (42:21) : «faire que la Torah soit grande et glorieuse».
d’après Likoutei Si’hot, vol. XXVII, p. 240    H.N.

Le coin de la Halakha
Quel respect doit-on accorder aux livres saints ?

Tout livre de Torah, qu’il soit manuscrit ou imprimé, est saint et on évitera de le déconsidérer de quelque manière que ce soit.
On ne le déchire pas : selon certaines opinions, cela serait transgresser une interdiction explicite de la Torah.
Un livre saint abîmé ne sera ni brûlé ni jeté dans l’eau : on le mettra dans une «Gueniza» en attendant de pouvoir l’enterrer.
On traite les livres avec soin pour éviter qu’ils ne s’abîment ou se salissent. En cas d’inondation (ou autre catastrophe), on sauvera d’abord les livres saints et ensuite seulement les affaires personnelles.
On peut écrire des ‘Hidouché Torah (des réflexions inspirées par l’étude de la Torah) dans les marges des livres saints mais pas des idées profanes ; de même, on n’arrachera pas les pages vides (au début ou à la fin d’un livre) pour s’en servir comme brouillon.
A priori, on ne pose pas un livre saint sur un endroit prévu pour s’asseoir mais a posteriori, c’est permis, à condition qu’on ne s’asseye pas sur cette chaise ou ce banc.

Celui qui étudie dans son lit veillera à surélever un peu son livre.
On ne s’appuie pas sur un livre ; on ne frappe pas un livre parce qu’on est en colère ou pour obtenir le silence dans une classe ou une assemblée.
On peut déposer un Séfer Torah (rouleau de la Torah) sur un ‘Houmach ; un ‘Houmach sur un autre ‘Houmach ; un ‘Houmach sur un livre de Na’h (Prophètes et hagiographes) mais pas l’inverse.
Si un livre se trouve par terre, on le ramasse et on l’embrasse.
On ne jette pas un livre, ni sur la table, ni à son ami : on le pose ou on le tend respectueusement.
On ne pose pas un livre à l’envers et, si cela arrive, on s’empresse de le remettre à l’endroit. On ne pose pas des livres par terre ou même sur un tapis car on risque de marcher dessus.
On n’insère aucun objet profane dans un livre sauf, éventuellement, ce qui pourrait servir de marque-page.
Certains préfèrent éviter de corner la page d’un livre saint pour indiquer où ils se sont arrêtés dans leur étude.
Si on interrompt son étude un certain temps, on ne laisse pas le livre ouvert mais on le ferme ou on le recouvre, au moins partiellement : en effet, si on laisse le livre ouvert, on risque d’oublier son étude.
On ne se déshabille pas dans une pièce où se trouvent des livres saints et on évite donc de changer ou d’habiller un bébé dans cette pièce à moins de cacher ces livres dans un double étui.
F. L.  d’après Rav Avraham Eliachvili  Michpa’ha ‘Hassidit

 
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