Menu Content/Inhalt
Accueil arrow Sidra arrow 04 Vayéra

Faire un don

Enter Amount:

04 Vayéra Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Appréciation des utilisateurs: / 0
FaibleMeilleur 

Edito
- La morale : une idée nouvelle
?
Il existe différentes manières de vivre cette notion ancienne qui porte le nom de “morale ”. Pendant des siècles, les hommes l’ont

regardée comme une donnée dépassant le monde, s’imposant à lui comme une sagesse indispensable, éternelle et universelle, la clé de voûte de la civilisation. A telle enseigne qu’au-delà des hypocrisies individuelles, elle resta la norme absolue et incontestable des sociétés. Puis vint le temps d’une forme d’individualisation des choix. On se prit à penser qu’il ne pouvait y avoir de cadre général de références, qu’il appartenait à chacun de définir le bien et le mal en fonction de ses propres convictions, souvent jouets de la pression intellectuelle de la société environnante. On ne perçut pas tout de suite ce que la démarche avait de grave, de quelles menaces elle était porteuse. Mais il apparut bientôt que, si on venait à croire que la morale ne peut être qu’individualisée, cela revenait à faire du comportement humain une sorte de “self-service” où les choix par une pente naturelle, seraient rapidement réduits à leur plus simple expression.
Alors, parfois, ressurgit cette vieille idée: la morale s’impose à tous, elle doit être liée indissociablement à toute expression sociale et le beau mot de “liberté” ne peut couvrir tous les errements. C’est ainsi que, de temps en temps, sans qu’on sache bien la portée de telles revendications, des instances responsables relèvent que les images et les messages diffusés par les grand médias posent question, qu’il est peut-être arrivé le temps de dire que ni l’homme ni la société ne sortent plus grands ou plus riches de la perte de certaines normes.
Devant de telles résurgences, certains crient alors à la réapparition de la censure. Peut-être faut-il dire de nouveau que la liberté a un sens, et que, si on le lui retire, on ne fait pas qu’en retirer la grandeur, on substitue des entraves encore plus contraignantes à celles que l’on croyait supprimer. Car la liberté est exigeante. La vivre demande un investissement de chaque instant. Pour le judaïsme, son chemin est clair: il mène au lien avec D.ieu.  
H. Nisenbaum

Sidra -
- Vayéra - S’Il est là, pourquoi ne peut-on Le voir ?
«Et D.ieu lui apparut dans les plaines de Mamré» (Béréchit 18 :1)
C’était le troisième jour après qu’Avraham fut entré dans une alliance éternelle avec D.ieu. A l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans, à la requête de D.ieu, Avraham s’était lui-même circoncis. Maintenant, alors qu’il était assis à l’entrée de sa tente, D.ieu lui apparut.
Certes, D.ieu, dans le passé, s’était déjà manifesté à Avraham, mais jamais dans une révélation de cette importance. Le niveau de Divinité qu’Avraham perçut, en ce jour, dépassa tout ce dont il avait été témoin dans le passé. Et contrairement à ses autres expériences avec la Révélation Divine, où Avraham était submergé et tombait sur le sol, cette fois-ci, il ne fit pas face à une manifestation effrayante. Il resta tranquillement assis et s’y immergea.
Et c’est précisément ce dont il s’agit avec la Brith Mila (l’alliance de la circoncision). C’est une Mitsva qui crée un pont entre le niveau le plus haut et le niveau le plus bas. D’une part, c’est la Mitsva la plus élevée de la Torah. Comme l’exprime Maimonide (Lois de la Circoncision 3 :9) «Trois alliances furent établies concernant [l’observance de] toutes les Mitsvot de la Torah alors que treize alliances le furent concernant la circoncision». Et d’autre part, c’est la seule Mitsva qui pénètre concrètement le corps humain et plus particulièrement, la partie du corps la plus associée au physique, et l’imprègne d’une sainteté extraordinaire. Et c’est par l’intermédiaire de cette Mitsva que nous avons la capacité d’infuser non seulement notre corps mais notre habitat profane entier de Divinité.
Cela explique également pourquoi nos Sages nous disent que les descendants d’Avraham furent récompensés par la Terre d’Israël comme héritage éternel, par le mérite de la circoncision. Car l’aptitude à faire pénétrer la terre de sainteté, avec toute la matérialité qu’elle représente, dérive de cette Mitsva.
Avant qu’Avraham ne se circoncise, il n’était pas un «canal» pour la Révélation Divine. Le spirituel et le matériel ne pouvaient fusionner facilement. Mais une fois circoncis, «D.ieu lui apparut», dans une Révélation Divine qui ne dérangeait plus sa sérénité.
Qui est «lui» ? Il est intéressant de noter que le verset ne dit pas que D.ieu apparut à Avraham mais que «D.ieu lui apparut…»
A la lecture du texte, il nous faut comprendre qu’en tant que descendant d’Avraham, en tant qu’individu ayant pénétré dans «l’Alliance de notre Père Avraham», chacun de nous est un héritier de tout son destin spirituel, y compris de cette Révélation lors de sa circoncision.
«Lui» se réfère à chacun d’entre nous.
La différence ? Avraham vit concrètement cette Révélation, ce qui n’est pas le cas de la majorité d’entre nous.
Le cri d’un jeune garçon Le 20 ‘Hechvan, qui tombe toujours à proximité de la Paracha de Vayéra, est le jour de l’anniversaire du cinquième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Chalom DovBer (1860-1920). Alors qu’il était un jeune garçon de cinq ou six ans, il se rendit chez son grand-père, Rabbi Mena’hem Mendel, le troisième Rabbi, lors du Chabbat Parchat Vayéra, à l’occasion de son anniversaire. L’enfant éclata en pleurs : «Pourquoi, sanglota-t-il, D.ieu se révéla-t-il à Avraham et pas à nous ? !»
Le Rabbi répondit : «Quand un Juste Juif, à l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans, décide de se circoncire, il mérite que D.ieu Se révèle à lui».
L’histoire fut plus tard relatée par Rabbi Chalom DovBer et publiée par son fils, Rabbi Yossef Its’hak, le sixième Rabbi.
Mais pourquoi ? Pourquoi répéter une histoire qui risque d’attrister ? Pourquoi nous dire que D.ieu ne Se révèle qu’  «à un Juste Juif qui décide de se circoncire à l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans» ? En quoi cette histoire peut-elle concerner le Juif «moyen» ?
La sagesse au-delà de ses années Le petit Chalom DovBer avait bien compris à quel point Avraham était grand par rapport à nous. Mais, arguait-il, Avraham est notre père et en tant qu’héritiers, nous avons reçu toute la grandeur spirituelle qu’il a acquise, y compris la récompense qu’il reçut pour avoir courageusement choisi de se circoncire à un âge avancé. Ainsi, pourquoi ne pouvons-nous percevoir D.ieu comme le fit Avraham ?
Rabbi Mena’ hem Mendel expliqua gentiment : Certes, nous avons tous reçu les mêmes niveaux sublimes de Divinité que ceux qu’expérimenta et intériorisa Avraham. Mais pour percevoir cette Révélation, il nous faut nous-mêmes être méritants. Nous pouvons hériter d’un cadeau, mais le raffinement nécessaire pour le percevoir ne peut pas venir d’un autre. Cela, nous devons l’accomplir nous-mêmes.
L’aspiration à voir La conscience qu’en fait chacun d’entre nous a expérimentée et expérimente cette Révélation extraordinaire engendre une intense aspiration à la voir et nous conduit à faire tout ce qui est entre notre pouvoir pour le mériter. Et cela se fait particulièrement en incorporant dans notre vie la leçon essentielle de la circoncision : apporter l’harmonie dans notre vie personnelle entre la spiritualité et la matérialité, imprégner notre être tout entier et le monde environnant de sainteté, de Torah et de Mitsvot.
Et en dernier ressort, nous attendons la plus grande des Révélations, celle qui sera vue concrètement par chaque être vivant, avec la venue de Machia’h.

Etincelles -
Dans l’un des psaumes qui traitent du retour final des exilés en Israël, il est écrit (126: 2-3): “Alors ils diront parmi les nations: ‘D.ieu a fait de grandes choses pour ceux-ci’. D.ieu a fait de grandes choses pour nous; nous étions joyeux”.
Un des Maîtres polonais a commenté ces mots de la façon suivante:
“Alors ils diront parmi les nations”: quand Machia’h viendra, les nations du monde diront,
“D. ieu a fait de grandes choses pour ceux-ci”: D.ieu a fait des merveilles pour le peuple juif.
Nous répondrons à ces propos:
“D.ieu a certes fait de grandes choses pour nous”.
Quelle en est la raison? “Nous étions joyeux!”                         (d’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch) H.N.

Halakha -
- En quoi consiste l’essentiel de l’étude de la Torah pour le débutant ?
Celui qui découvre le monde de l’étude de la Torah – le Baal Techouva – apprendra d’abord comment se conduit un Juif depuis son lever jusqu’à son coucher. Il étudiera la structure des prières et des bénédictions usuelles et les principales traditions. On l’initiera aux lois principales du Chabbat et des fêtes, de la cacherout ainsi qu’aux lois morales telles que l’interdiction du vol, du mensonge, de la médisance, de l’orgueil, du gaspillage (de temps, d’argent, d’objets…) etc.
Une fois que le débutant aura maitrisé la lecture de l’hébreu – ou même avant – il étudiera les textes sacrés : ‘Houmach (Bible), Michna, Choul’han Arou’h (lois), Guemara etc. Dès que possible, il récitera chaque jour des Tehilim – Psaumes, éventuellement en phonétique au départ mais le plus rapidement possible dans le texte hébraïque.
Tout Juif a l’obligation d’étudier la Torah, qu’il soit riche ou pauvre, qu’il soit en bonne santé ou non, qu’il soit jeune ou âgé et même s’il est occupé toute la journée pour nourrir sa famille.
Dès que l’enfant sait parler, son père lui enseigne le verset «Torah Tsiva Lanou Moché Moracha Kehilat Yaakov» (La Torah que Moïse nous a enseignée est un héritage pour la communauté de Jacob).
Les femmes et jeunes filles ont l’obligation d’étudier la Torah, les lois qui les concernent ainsi que la ‘Hassidout qui permet d’apprendre à connaître, aimer et respecter D.ieu.                            F. L. (d’après Hamitsvaïm Kehil’hatam)

* * * * * * * * *

Edito
JUSTE UN MONDE ABSURDE ?
Il existe, à l’évidence, différentes façons de considérer le monde. On peut y voir la résultante de grandes forces qui le conduisent  de façon pour ainsi dire mécanique et hasardeuse ; on peut y voir aussi l’affirmation constante d’un sens plus profond, d’une volonté qui transcende l’existence de toute chose, d’un Créateur. Savoir si nous vivons dans un univers aveugle ou, au contraire, dans un monde sensible est un vieux débat. Mais ce n’est pas qu’une interrogation théorique. Elle a son application dans tous les aspects de la vie, des plus personnels aux plus généraux, depuis les événements les plus exceptionnels jusqu’aux plus anodins.
Une phrase talmudique en donne une illustration. L’agriculteur juif, nous dit-elle, «croit en D.ieu et sème» ; c’est ainsi qu’il obtient sa récolte. Le même texte ne se fait cependant guère d’illusion : le païen n’aura pas cette démarche spirituelle préalable et, cependant, sa récolte lèvera tout autant. Est-ce à dire que la vision mécanique et la vision transcendante n’ont finalement qu’un résultat semblable ? L’idée est ici rassurante : elle indique d’abord que l’homme est toujours libre de ses choix, qu’il lui est loisible de s’opposer à la vérité, même si elle le dépasse. Il peut ainsi privilégier la mécanique par rapport au Mécanicien ; l’homme n’est-il pas une créature assez intelligente pour faire les choix les plus absurdes ? Pourtant, un élément essentiel différencie les deux attitudes. La deuxième limite le monde, la vie, l’homme à leur seule condition. Elle décrit un univers où rien ne fait sens, où le nouveau jour pousse le précédent et est effacé par le suivant sans que rien n’ait la moindre importance. La première replace chaque chose à son rang. Elle fait de l’homme l’acteur majeur qui s’inscrit dans un plan Divin dont l’univers est le théâtre. La vie, dans cette optique cesse d’être une notion apparue par mégarde et maintenue par accident. Elle est un objectif de grandeur à poursuivre.
Alors que de grands événements bousculent la planète dans tous les domaines, alors que les modes de vie changent et que les hommes en viennent à oublier leurs repères, il est nécessaire, peut-être plus que par le passé, de garder l’idée en tête : l’Histoire a un sens et l’univers un Maître. La vie quotidienne même, avec ses multiples soucis, en est aussi l’expression. Entre la désespérance de l’absurde ou l’espoir du signifiant, il appartient à chacun de choisir. Même si parfois les évolutions autour de nous paraissent peu compréhensibles, voire peu positives, il faut savoir les décrypter. La clé du décryptage ? Chacun la porte en cœur ; pourquoi ne pas la mettre en œuvre ?

Vivre avec la Paracha
Le mythe de la charité

Et D.ieu dit : «… Avraham sera un grand peuple… Parce que Je le connais, il ordonnera à ses enfants et à sa maisonnée après lui qu’ils gardent la voie de D.ieu, qu’ils accomplissent la Tsedaka et la justice» (Beréchit 18 :17-19)

Les Juifs ne croient pas en la charité
Ne soyez pas aveuglés par leur philanthropie légendaire, par le nombre incroyable de leurs mouvements sociaux et humanitaires, par leur invention de la boîte de charité, du mechoula’h (chargé de récolter de l’argent pour les bonnes œuvres). Les Juifs ne pratiquent pas la charité et ce concept est virtuellement inexistant dans la tradition juive.
Au lieu de la charité, le Juif fait la Tsedaka, ce qui signifie la «droiture» et la «justice». Quand un Juif aide par son argent, son temps, ses ressources les nécessiteux, il n’est pas bienveillant, généreux ou «charitable». Il fait ce qui est droit et juste.
L’on raconte l’histoire d’un riche ‘hassid qui reçut un jour une lettre de son Rabbi, Rabbi Avraham Yehochoua Héchel de Apt, lui demandant de donner 200 roubles pour sauver un homme menacé d’une ruine financière. Mais cette lettre arrivait à un moment où les affaires étaient particulièrement difficiles et contenait une requête pour une somme très importante. Après un moment de réflexion, le ‘hassid décida de ne pas répondre à la demande du Rabbi.
Peu de temps après, la fortune du ‘hassid commença à décliner. Une aventure financière rencontra un échec retentissant, puis une autre et bientôt, il avait tout perdu.
- Rabbi ! s’écria-t-il lorsqu’il eut obtenu une entrevue avec son Rabbi, Je sais pourquoi tout cela m’est arrivé. Mais en quoi mon péché était-il si terrible pour mériter une telle punition ? Et est-ce juste de punir sans avertir ? Si vous m’aviez dit combien il était important de donner ces 200 roubles, j’aurais obéi à la lettre à vos instructions !
- Mais tu n’as pas du tout été puni, répliqua le Rabbi.
- Que voulez-vous dire ? Toute ma richesse m’a été enlevée !
- Rien de ce qui t’appartenait ne t’a été enlevé, dit le Rabbi. Tu vois, quand mon âme est descendue sur terre, un certain nombre de ressources matérielles me fut attribué pour que je m’en serve dans mon travail. Mais mes jours et mes nuits sont occupés par la prière, l’étude, l’enseignement de la Torah et le temps que je passe à donner des conseils à ceux qui me sollicitent. Je n’ai pas le temps de m’occuper de gérer tout cet argent. C’est ainsi que ces sommes ont été placées entre les mains d’un certain nombre de «banquiers», des gens qui se donnent comme devoir de soutenir mon travail. Quand tu as échoué dans ton rôle, mon compte avec toi a été transféré à un autre «banquier».
Dans notre monde, parfois violemment déchiré entre la prospérité et la pauvreté, il existe deux points de vue généraux sur la richesse et la propriété.
D’une part l’on avance qu’il existe les possessions justes de ceux qui les ont gagnées ou héritées. S’ils choisissent d’en partager même une petite quantité, cela est considéré comme un acte noble et digne de louanges.
D’autre part, il semble qu’il y ait une distribution inégale des ressources de la terre parmi ses habitants. Posséder plus que sa part est une injustice voire un crime. Donner aux nécessiteux n’est alors pas «un acte de bienveillance» mais la rectification d’une erreur.
La tradition juive rejette ces deux perspectives. Selon la loi de la Torah, donner aux nécessiteux est une Mitsva, un commandement et une bonne action. Cela signifie que, d’un côté, ce n’est pas un acte arbitraire mais un devoir et une obligation. Mais de l’autre côté, c’est une bonne  action, un crédit attribué à celui qui reconnaît qu’il en va de son devoir et accomplit son obligation.
Le Juif croit dans le fait que la richesse matérielle n’est pas un crime mais une bénédiction de D.ieu. Celui qui a été ainsi béni doit se considérer comme le «banquier» de D.ieu, celui qui a le privilège d’avoir été choisi par D.ieu pour dispenser aux autres les ressources de Sa création.
D.ieu aurait pu partager de façon égale toutes les richesses de Son monde entre tous ses habitants. Mais alors, le monde n’aurait été rien de plus qu’une preuve des forces créatrices de D.ieu, prévisible comme un jeu informatique et statique comme une exposition dans un musée. D.ieu voulait un monde dynamique, un monde dans lequel l’homme aussi crée et pourvoit, un monde dont le contrôle a été donné, dans une certaine mesure, aux êtres qui ont la force de choisir d’accomplir ou non cette mission.
Aussi, la loi juive requiert-elle que chaque individu donne la Tsedaka, même si lui-même ne vit que grâce à la Tsedaka qu’il reçoit des autres. Si le but de la Tsedaka n’était que de rectifier la distribution inégale des richesses entre les riches et les pauvres, cette loi n’aurait aucun sens. La Tsedaka est bien plus que tout cela : c’est l’opportunité que rencontre tout un chacun pour devenir «un partenaire de D.ieu dans la création».
Donner la Tsedaka est, par-dessus tout, une expérience qui rend humble. Devant nous, se tient un être humain moins fortuné que nous-mêmes. Nous savons que D.ieu aurait pu très facilement lui donner tout ce dont il a besoin au lieu de faire en sorte qu’il vienne à nous pour que nous l’aidions. Voilà une personne qui souffre de la pauvreté pour pouvoir nous donner à nous l’occasion d’accomplir un acte divin !
Par le même biais, si la Providence divine nous met dans une situation où nous sommes dans l’obligation de recevoir un acte charitable, nous ne devons pas être brisés par cette expérience. Car nous savons que D.ieu aurait pu tout aussi facilement nous donner tout ce dont nous avons besoin et que si nous avons besoin d’une aide humaine, c’est simplement pour permettre à l’autre d’accomplir la volonté divine. Notre «bienfaiteur» nous donne de l’argent ou une autre ressource mais nous lui donnons quelque chose de bien plus important : l’occasion de devenir le partenaire de D.ieu dans la création.
Selon les paroles de nos Sages : «Bien plus que le riche pour le pauvre, le pauvre accomplit pour le riche».

Etincelles de Machiah'
La bonne éducation
Quand Rabbi Chalom Dov Ber, le cinquième Rabbi de Loubavitch, était encore un jeune enfant de quatre ou cinq ans, il alla voir son grand-père, le Tséma’h Tsédek, lui-même alors troisième Rabbi de Loubavitch, et éclata en sanglots. Son grand-père lui demanda la raison de ses larmes et la réponse vint, pénétrée de sincérité : «J’ai appris dans la Paracha de cette semaine que D.ieu Se montra à Abraham après que celui-ci se soit circoncis. Pourquoi ne Se montre-t-Il pas à moi ?!» Le Tdséma’h Tsédek lui répondit : «Quand un Juif, à quatre-vingts dix-neuf ans, décide de se circoncire, il mérite que D.ieu Se montre à lui».
Cette histoire porte un enseignement important : il faut éduquer l’enfant de telle façon que, dès son enfance, il aspire à la révélation Divine. Cela s’applique également à notre temps, au seuil de la venue de Machia’h. Il faut ressentir la besoin de cette venue et l’attendre avec impatience : toute une éducation.
(D’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch – Chabbat Parachat Vayéra 5752) H.N.

Le coin de la Halakha
Qu’est-ce que le « Chema avant de se coucher ? »

«L’homme est responsable de ses actes, qu’il soit éveillé ou endormi» affirme le Talmud. Ceci est bien sûr étonnant : durant le sommeil, l’homme ne peut se maîtriser. Mais si l’homme se prépare correctement avant de se coucher, alors même durant son sommeil, il se comportera comme il convient.
C’est pourquoi nos Sages ont institué la prière du «Chema avant de se coucher». On se concentre alors sur ses pensées, ses paroles et ses actions de la journée et, suite à l’amertume que l’on ressent, non seulement il ne se passera rien de fâcheux durant le sommeil mais au contraire : grâce au sommeil, il s’opérera une amélioration par rapport à la situation précédente. En effet : quand on dort, l’âme remonte à sa source et puise une nouvelle vitalité d’un «endroit» auquel elle n’aurait pu avoir accès quand le corps est éveillé.
Chez certaines personnes, ce phénomène est évident ; mais même chez les autres, ce phénomène s’exerce grâce à la préparation adéquate qu’est le «Chema avant de se coucher», même si ceci n’est pas ressenti (d’après un discours du Rabbi de Loubavitch – Sim’hat Torah 1954).
Il est particulièrement important de réciter les trois sections du Chema Israël avant de se coucher : «Celui qui récite le Chema avant de se coucher est comme protégé par une épée à double tranchant» (Traité Bera’hot 5a). Dans le temps, quand les Juifs étaient asservis et persécutés – comme c’est encore le cas dans certains pays – les nuits étaient une source de dangers et de terreur. Aujourd’hui aussi, certaines personnes ont peur des mauvais rêves et des cauchemars. C’est pourquoi nous proclamons avant de nous coucher que D.ieu est Un, que nous sommes certains de Son amour pour nous et que nous sommes rassurés par Sa protection constante.
La lecture du Chema est accompagnée de prières et différents versets.
Le Chema doit être lu avec une grande concentration, surtout les deux premiers versets.
On se couvre les yeux de la main droite quand on récite le premier verset : «Chema Israël Ado-naï Elo-hénou Ado-nay E’had».
Le «Chema avant de se coucher» se termine avec la bénédiction «Hamapil ‘Hevlé Chéïna…» («Qui fait descendre sur mes yeux les liens du sommeil…»).
Une fois qu’on a terminé cette bénédiction, on ne parle plus, on ne mange plus et on ne boit plus.

F. L. (d’après le Sidour)

*  *  *  *  *  *  *  *

Edito
La conscience en héritage
Comme chaque année, le cycle de lecture de la Torah a repris avec sa majestueuse régularité. Comme chaque année, avec la fin des fêtes, s’est élevé, dans les synagogues le récit de la création puis le drame des hommes qui s’écartent de la volonté divine à l’exclusion d’un seul, Noé ...et enfin la terrible conclusion : le déluge. C’est alors que tout a commencé à changer. De cette impression d’une obscurité montante, nous sommes passés à celle d’une lumière qui point : Abraham est né. Depuis, c’est avec ce premier des Patriarches que nous vivons et, au rythme du texte, c’est lui que, jour après jour, nous suivons. En cet encore début d’année, Abraham est bien plus qu’un héros biblique ou le commencement d’une grande histoire. Il est «Abraham l’hébreu».

C’est là une dénomination étonnante. Ainsi annoncée, elle en devient presque un titre de gloire. Peut-être justement va-t-elle bien plus loin qu’une simple manière d’affirmer une origine géographique en un temps où l’idée de nation n’existe pas encore. «Hébreu», précisent les commentateurs, renvoie étymologiquement au mot «Evèr – l’autre côté». Voilà une définition qui s’impose d’elle-même : Abraham venait, en effet, de Mésopotamie, l’autre côté du fleuve, l’Euphrate. Il le traversa sur l’ordre de D.ieu pour se rendre sur cette terre qui, des siècles plus tard, deviendrait celle d’Israël. Si cette constatation est, sans aucun doute, parfaitement juste et légitime, suffit-elle à fonder une identité éternelle et, finalement, un peuple ?

La réponse tient dans la notion de «autre côté». Abraham, en son temps, ne fait pas que franchir un fleuve. Par ce passage, il ouvre une nouvelle époque. Il est l’homme qui, seul dans un monde idolâtre, sait découvrir l’existence du Créateur. Il est celui qui, après cette «traversée» spirituelle, est, pour toujours, de «l’autre côté». Il est, peut-être surtout, celui qui, seul encore, choisit de rester de cet «autre côté». D’une certaine manière, le monde entier est d’un côté et lui de l’autre, superbe et conscient. Abraham, le premier de nos pères, ouvre ici un chemin au peuple juif, ses descendants. Alors que, mondialisation oblige, les hommes sont bien souvent invités à se conformer à un modèle unique, quitte à se couler dans un moule dont la vocation première est d’effacer la richesse de la diversité, Abraham nous rappelle le sens des choses. Il sait se tenir «de l’autre côté». Dans les mots d’aujourd’hui, il sait rester lui-même. C’est un héritage qu’il nous a transmis.
H. Nisenbaum

Vivre avec la Paracha
Le sacrifice de Its’hak

Le fondateur du mouvement ‘hassidique, Rabbi Chnéour Zalman, raconta un jour :
«A Mézéritch il était extrêmement difficile d’être accepté comme disciple de notre Maître, Rabbi Dov Ber. Il y avait un groupe de ‘Hassidim qui n’ayant pu avoir le mérite d’étudier directement auprès de notre Maître, désiraient toutefois servir ses élèves: leur apporter de l’eau pour qu’ils se lavent les mains à leur réveil, balayer le sol de la salle d’étude, allumer les fourneaux au cours des mois d’hiver, etc. Ils étaient connus sous le nom d’ «approvisionneurs de fourneaux».
Une nuit d’hiver, alors que j’étais étendu sur un banc dans la salle d’étude, j’entendis une conversation entre trois de ces jeunes gens. «En quoi l’épreuve de la Akédah (sacrifice) de Its’hak était-elle particulière?», demanda le premier. «Si D.ieu s’était révélé à moi et m’avait demandé de sacrifier mon fils unique, n’aurais-je pas obéi?»

Répondant à sa propre question, il ajouta: «Si D.ieu me demandait de sacrifier mon fils unique, je repousserai mon geste pendant un moment, pour le garder auprès de moi encore quelques jours. La grandeur d’Avraham réside dans le fait qu’il se leva de bon matin, pour accomplir immédiatement la volonté de D.ieu».
Le second jeune homme déclara quant à lui: «Si D.ieu me demandait de sacrifier mon fils unique, moi non plus je ne perdrais pas un instant pour accomplir Son commandement. Mais je le ferais avec un cœur lourd. La grandeur d’Avraham réside dans le fait qu’il se rendit vers le lieu de sacrifice avec le cœur joyeux d’avoir l’occasion d’accomplir la volonté de D.ieu».
Le troisième s’exprima alors: «Moi aussi j’aurais accompli la volonté de D.ieu avec joie. Je pense que la particularité d’Avraham réside dans sa réaction quand il découvrit que tout cela n’était qu’une épreuve. Quand D.ieu lui demanda: “Ne touche pas à l’enfant, ne lui fais rien”, Avraham fut envahi par la joie, non parce que son fils unique n’allait pas mourir mais parce qu’il lui était donné l’occasion d’accomplir un nouveau commandement de D.ieu».
Rabbi Chnéour Zalman conclut: «Pensez-vous que cela n’était qu’une simple conversation ? Chacun d’entre eux décrivait le degré de sacrifice que lui-même avait atteint dans son service de D.ieu».

Cette question particulière, ce qui différencie le sacrifice de Its’hak des innombrables autres exemples de martyrs humains et de sacrifices de soi, est soulevée par la plupart des commentateurs et exégètes de la Torah.
Ce “sacrifice de Its’hak” en est venu à représenter le summum de la dévotion envers D.ieu. Chaque matin, avant nos prières, nous lisons le récit que fait la Torah de la Akédah et puis nous disons: «Maître de l’univers! Tout comme Avraham, notre père, supprima sa compassion pour son fils unique pour faire Ta volonté d’un cœur entier, que Ta compassion supprime Ta colère contre nous et que Ta Miséricorde l’emporte sur Tes attributs de stricte justice».
Et lors de Roch Hachana, quand le monde tremble dans le jugement devant D.ieu, nous évoquons le sacrifice de Its’hak en faisant résonner la corne de bélier (qui nous rappelle le bélier qui remplaça Its’hak comme offrande) comme pour dire: «si nous n’avons d’autres mérites, rappelle-Toi des actions d’Avraham. Rappelle-toi comment le premier Juif attacha toutes les générations à venir dans une alliance de sacrifice de soi avec Toi».
Apparemment, l’épreuve suprême pour la foi d’une personne est sa volonté à sacrifier sa vie même. Mais qu’y avait-il de si spécial dans le sacrifice d’Avraham? N’y a-t-il pas eu d’innombrables milliers de Juifs qui ont donné leur vie plutôt que de renoncer à leur alliance avec le Tout Puissant?
On peut peut-être expliquer qu’accepter de sacrifier son enfant est une plus grande démonstration de foi que donner sa propre vie. Mais en cela également, Avraham ne fut pas le seul. A de nombreuses occasions, les Juifs, à travers les générations, ont encouragé leurs enfants à aller vers la mort plutôt que de violer leur foi. L’histoire de ‘Hanna et ses sept fils est caractéristique. Les regardant être torturés à mort plutôt que d’accepter de s’incliner devant une idole grecque, elle proclama: «Mes enfants! Rendez-vous chez Avraham votre père et dites-lui qu’il a offert une offrande sur l’autel et que moi j’en ai offertes sept…»

Plus encore, alors qu’Avraham fut préparé à sacrifier son fils, dans les milliers d’Akédot (sacrifices) de notre histoire, des Juifs ont renoncé à leur vie et à la vie de leur famille tout entière. Et contrairement à ce qu’Il avait fait pour Avraham, D.ieu ne s’était pas adressé directement à eux pour demander leur sacrifice ; leur acte était basé sur leur propre conviction et la force de leur engagement pour un D.ieu invisible et souvent insaisissable. Et bon nombre donnèrent leur vie plutôt que de transgresser même un aspect mineur de leur foi, même dans des cas où la Torah ne demandait pas de le faire.
Néanmoins, comme l’écrit Abrabanel dans son commentaire sur la Genèse, c’est le sacrifice de Its’hak «qui est pour toujours sur nos lèvres dans nos prières… Car en lui réside toute la force d’Israël et son mérite devant Son Père Céleste…» Pourquoi? Et qu’en est-il de tous les autres qui ont fait le sacrifice ultime pour montrer leur loyauté à D.ieu ?

Les maîtres ‘hassidiques expliquent ce sacrifice par une métaphore.

Un jour, il existait un désert inexploré. Pas un homme, pas un véhicule ne l’avaient pénétré, pas une carte ne décrivait son terrain inculte. Mais un jour un homme accomplit l’impossible, il traça une voie dans cette terre imprenable.
Et beaucoup suivirent son chemin. C’était encore un voyage des plus difficiles mais ils pouvaient consulter ses plans et suivre ses traces. Au fil des années, d’autres firent le voyage sous des conditions encore plus difficiles que ceux qui avaient imité le pionnier. Alors qu’il avait cheminé en plein jour, ils trébuchèrent dans le noir de la nuit ; alors qu’il n’avait que sa détermination pour compagnon, ils firent le voyage sous le poids de charges pesantes. Mais tous lui étaient redevables. Tous savaient que c’était à lui, le premier qu’ils devaient leur force et la capacité d’accomplir ce périple.
Avraham fut le pionnier du sacrifice de soi et il s’agit là du premier exemple dans toute l’histoire. Il avait une mission pour laquelle il sacrifia tout.
Pendant de nombreuses années, il avait souffert du fait qu’il n’y avait aucun héritier à sa mission, que son travail d’apporter au monde le monothéisme s’arrêterait avec lui. Et vint la promesse divine et miraculeusement à l’âge de cent ans, il eut un fils qui devait être le relais de la mission divine. Et puis D.ieu lui demanda de détruire tout cela.

Quand il le lia sur l’autel, il ne servait pas alors une certaine cause (contrairement à tous les martyrs de l’histoire universelle). En fait, cela allait même à l’encontre de tout ce qu’il avait fait et enseigné, tout ce pourquoi il avait sacrifié sa vie. Il ne pouvait voir de raison, de but à cet acte. Il ne le faisait que pour une seule et unique raison: D.ieu le lui avait ordonné. Il fit l’impossible. Il se sacrifia pour quelque chose dont il ne saisissait rien. Et s’il ne l’avait pas fait, aucun acte de sacrifice (avant ou après celui-là) n’aurait pu être envisageable. Mais quand il lia son fils unique sur l’autel, une voix divine proclama: «Maintenant Je sais que la volonté de D.ieu domine même tes instincts premiers. Maintenant Je sais que toutes tes actions sont par essence conduites par le désir de servir ton Créateur».
Ainsi, lorsque nous parlons de la Akédah, nous parlons également des centaines de milliers de martyrs qui moururent en suivant la voie tracée par Avraham. Leurs sacrifices, grands ou insignifiants, extraordinaires ou quotidiens peuvent sembler émerger de leurs croyances et aspirations personnelles mais c’est plus que cela.

Car Avraham transmit à ses descendants l’essence de leur judaïsme: au cœur de chaque être humain ne réside pas seulement le moi mais l’engagement pour le Créateur. Et finalement chacun de nos choix n’est que l’expression de cette «étincelle de divinité» qui réside en chacun de nous.

Etincelles de Machiah'
Ma Délivrance est proche

D.ieu dit à Israël : «Mes enfants, par votre vie, par le mérite de votre respect des lois, Je suis élevé… Et, par le fait que vous M’éleviez par la loi, Moi aussi, Je ferai un acte de justice et Je ferai résider Ma sainteté parmi vous. Et, si vous respectez la justice et la loi, Je vous délivrerai immédiatement par une Délivrance complète.» Quelle est la source de ceci ? Le verset dit : «Ainsi parle D.ieu : ‘Respectez les lois et pratiquez la justice car Mon salut arrive bientôt et Ma justice sera révélée.’»         

(D’après le Midrach Rabba) H.N.

Le coin de la Halakha
Qu’est-ce que le «Sandak» ?

La coutume juive, lors d’une Brit Mila (circoncision), est que le père tienne l’enfant sur ses genoux lors de la cérémonie. Il peut déléguer cet honneur à un homme respectable qui est appelé le «Sandak», (parrain, protecteur). Celui-ci a alors le mérite de siéger à côté d’Eliahou Hanavi, le prophète Elie présent lors de chaque Brit Mila.
Certains sont prêts à payer pour obtenir ce mérite. En effet, le Sandak est semblable au Cohen Gadol qui offrait l’encens sur l’autel dans le Temple de Jérusalem. Il est aussi considéré comme l’autel sur lequel on offrait les sacrifices. Etre «Sandak» assure un mérite qui permet de vivre longtemps.
S’il y a lecture de la Torah ce jour-là, le «Sandak» a priorité sur le «Mohel» (qui pratique la Brit Mila).
Il est d’usage que le «Sandak» ainsi que le père et le Mohel, se coupent les cheveux et se trempent au Mikvé (bain rituel) avant la cérémonie ; le Sandak revêt un Talit et, bien entendu, mettra les Téfilines pour ajouter au mérite de l’enfant. Le Sandak offre un cadeau à l’enfant.
Dans le cas d’une Brit Mila effectuée sur un adulte, on donne l’honneur d’être «Sandak» au donateur qui s’engage à couvrir les frais de l’opération ; c’est lui qui prononce la bénédiction «Leha’hnisso Bivrito Chel Avraham Avinou» («Qui nous a ordonné de le faire entrer dans l’alliance d’Avraham notre père»). Nos Sages affirment que Mamré, personnage cité par la Torah, était le Sandak de notre père Avraham.                       

F. L. (d’après Rav Yossef Ginsburgh)

 
< Précédent   Suivant >
   Création de site internet -  référencement