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Edito Que notre joie grandisse ! Le mois d’Adar vient, de nouveau, de s’ouvrir et une fois de plus, il nous fait pénétrer dans une contrée merveilleuse où les mots sont ceux de la
joie et les couleurs, celles du bonheur. N’est-il pas surprenant que le simple déroulement du temps ait un tel pouvoir ? Car c’est bien là le seul changement intervenu : un mois est passé et voici que tout a brusquement pris une tonalité différente. Il est vrai que le temps est bien le tissu de nos vies et que, de ce fait, il en colore la substance. Pourtant, est-ce bien jusque-là qu’il faut voir la portée d’Adar ? De fait, ce mois est différent de tous. Il est un temps de transformation, cette période éclairée par l’histoire de Pourim qui vit, au lieu de l’extermination annoncée du peuple juif, sa victoire sur ses ennemis de toujours. Ce brusque retournement fonde l’allégresse du mois. Celle-ci n’est, dès lors, plus soutenue par aucune démarche logique, elle éclate victorieuse aux yeux de tous. Elle porte en elle à la fois les prémisses et les fruits de cette victoire, à telle enseigne que la Tradition recommande de régler ses litiges de préférence en ce mois tant il est le vecteur d’éléments favorables. Dès son début, la joie a donc sa pleine force. Mieux encore, nous sommes invités à la faire grandir jour après jour. Lorsqu’on sait que celle-ci présente une caractéristique éternelle, briser les barrières, on comprend la puissance du temps qui passe. C’est pourquoi, alors que déjà chacun pense à Pourim et entreprend de le préparer pour encore mieux le vivre, cette joie doit être notre compagnon fidèle, et peut-être le meilleur de nos guides, en ces temps si souvent obscurs. Alors que beaucoup se demandent de quoi sera fait le lendemain, que le monde paraît trembler sur ses bases, voici que la plus grande, la plus pure des joies remet les choses en place. Ou plutôt, voici que, bouleversant la donne, elle rend aux hommes le sens de la grandeur, de la beauté et de la paix. Parfois, il suffit de savoir entendre les rythmes du temps pour que la vie triomphe. C’est justement ce qu’Adar propose. Engageons-nous dans son chemin, c’est l’allégresse infinie qui l’a tracé. Aharon «Moché est vrai et sa Torah est vérité» (Talmud Baba Batra 74a)«Sois parmi les disciples d'Aharon : celui qui aime la paix, poursuit la paix, aime les créatures de D.ieu et les rapproche de la Torah» (Maximes de nos Pères 1 : 12). L'histoire de la génération formatrice du peuple juif trace le portrait de Moché comme l'incarnation parfaite du chef d'Israël. C'est lui qui sort les Enfants d'Israël d'Egypte. C'est lui qui reçoit la Torah de D.ieu et l'enseigne au peuple, etc. Mais une lecture plus attentive du récit de la Torah révèle que la conduite d'Israël devait être le résultat d'un double effort: toujours présent aux côtés de Moché est son frère aîné, Aharon. Quand Moché affronte le Pharaon, c'est avec Aharon, qui joue un rôle majeur dans l'accomplissement des miracles et des plaies qui le forceront à libérer les Juifs. Quand D.ieu ordonne Sa première Mitsva au Peuple Juif, elle est adressée à Moché et Aharon. Quand le peuple se plaint, c'est à Moché et Aharon qu'il adresse ses réclamations; quand Kora'h défie Moché, c'est également une rébellion (et en fait essentiellement) contre la place . Ce qui est frappant à propos du duo Moché/Aharon est qu’Aharon n'entre pas dans le moule habituel du "bras droit" ou du "second". Il n'existe pas non plus une claire distinction des tâches réparties entre les deux frères. S'il est vrai que Moché paraît la figure dominante du récit, Aharon est un partenaire à part entière des événements et des entreprises qui transforment un clan d'esclaves libérés en Peuple de D.ieu. Tout se passe comme si Moché ne pouvait rien accomplir sans Aharon et ce dernier, quant à lui, paraît dépendant de Moché dans l'accomplissement de son rôle. La construction et le service dans le Tabernacle nous en offrent un exemple. Dans la Paracha Tetsavé, nous lisons la façon dont D.ieu assigne à Aharon et à ses fils la responsabilité de conduire le service dans le Tabernacle : ils doivent représenter le Peuple dans les tentatives pour s'approcher de D.ieu en Lui offrant des sacrifices et en accomplissant les autres services du Sanctuaire. Il semblerait que cela désigne le Sanctuaire comme étant le domaine d'Aharon. Et pourtant, comme cela a été mentionné plus haut, c'est Moché qui doit construire le Tabernacle. Et c'est Moché qui doit initier Aharon à la prêtrise. Pendant sept jours, Moché doit servir de Cohen (assumant en effet le rôle d'Aharon), offrant les sacrifices apportés par Aharon et ses fils. Le Tabernacle sera de fait le domaine d'Aharon, après les sept jours d'initiation. Seuls lui et ses fils pourront y accomplir le service, mais c'est un domaine qu'ils ne peuvent atteindre qu'en conjonction avec Moché. Le baiser Les versets qui ouvrent notre Paracha offrent un exemple frappant de l'interchangeabilité des rôles de Moché et d'Aharon. «Et toi (dit D.ieu à Moché) tu commanderas aux enfants d'Israël qu'ils t'apportent de l'huile d'olive pure écrasée pour que la lumière s'élève de la lampe qui brûlera toujours». «Dans la Tente d'Assignation, en dehors du Paro'het qui se trouve devant le Témoignage, Aharon et ses fils l'ordonneront du soir au matin devant D.ieu». La tâche d'allumer la Menorah revenait à Aharon et à ses fils; et pourtant l'huile pour l'allumer devait être apportée à Moché. En fait, c'est dans ces deux versets que réside la clé pour comprendre le partenariat de Moché et d'Aharon dans la direction d'Israël. Dans Chemot 4: 27, la Torah décrit une rencontre émouvante des deux frères au pied du Mont Sinaï. Soixante ans plus tôt, jeune homme de vingt ans, Moché avait fui l'Egypte ; maintenant, le berger de 80 ans était sur le chemin de retour de l'Egypte, missionné par D.ieu pour libérer son peuple de l'esclavage. Et D.ieu dit à Aharon : «va dans le désert à la rencontre de Moché». Et il y alla et le rencontra au pied de la montagne de D.ieu et il l'embrassa. Le Midrach décrit de façon plus profonde le baiser des frères: C'est à cela que se réfère le verset (Psaumes 85 : 11) quand il dit «la bienveillance et la vérité se sont rencontrées, la droiture et la paix se sont embrassées». La bienveillance, c'est Aharon, la vérité, c'est Moché. La droiture, c'est Moché, la paix, c'est Aharon. Moché et Aharon avaient la tâche de créer un peuple qui allait servir comme «lumière de D.ieu pour les nations», qui allait disséminer la sagesse et la volonté de D.ieu, Sa création. C'est une tâche qui est, par définition, impossible: D.ieu est infini, parfait et absolu; le monde qu'Il a créé est fini, toujours insatisfait et terriblement instable. Et pourtant, le Juif doit et peut dépasser ce paradoxe, il fait de sa vie un ensemble d'absolus divins basés sur un monde temporel. Les deux aspects de ce paradoxe s'expriment dans les versets cités ci-dessus du commencement de Tetsavé: le peuple d'Israël est appelé pour "élever une lampe qui brûle sans fin", une lampe éternelle et immuable; et pourtant cette lampe doit brûler et jeter sa lumière «du soir au matin», au sein même des conditions toujours changeantes du monde temporel dans lequel alternent, se mélangent et se supplantent la lumière et l'obscurité. C'est ici que se trouvent délimitées les fonctions respectives de Moché et d'Aharon : Moché est la source de "l'huile pure" qui nourrit "la lampe éternelle", Aharon est celui qui introduit la lumière dans la réalité "du soir jusqu'au matin". Forger une nation qui dépassera ce paradoxe requiert "des représentants" des diverses forces divines en jeu: d'un côté, les attributs divins de "vérité" et de "justice" d'où émergent la perfection et l'immuabilité de la Torah de D.ieu; de l'autre, les attributs divins de "paix" et de "bienveillance" d'où jaillissent la diversité et la subjectivité de la création de D.ieu. Moché, Maître de la Torah et rapporteur de la sagesse et de la volonté divines, est la représentation absolue de la perfection et de la vérité. Aharon qui figure l'effort humain pour servir D.ieu en élevant jusqu'à Lui les matériaux de Sa création est le véhicule de la bienveillance et de la paix. Ensemble, ils font le pont entre le Créateur et Sa création et conduisent Israël,. Le temps du rire En référence à la venue de Machia’h, les Psaumes (126: 2) annoncent : “Notre bouche se remplira de rire”. Si ce verset décrit parfaitement la joie qui s’emparera de nous en ce nouveau temps, il n’en reste pas moins qu’une question se pose. En effet, dans la mesure où la venue de Machia’h s’accompagnera d’une intense révélation de la Lumière Divine, littéralement sans précédent, quelle importance peut avoir le fait que “notre bouche s’emplira de rire”? L’idée est, au contraire, essentielle. A ce moment, la joie et le plaisir de D.ieu se révèleront, ils seront la conséquence de l’accomplissement par les Juifs du service divin. C’est cette joie-là qui, justement, s’exprimera. Ainsi, le mot “vie” en hébreu a pour valeur numérique 414. C’est aussi celle de l’expression “Lumière infinie”. Cette identité souligne la vraie raison de ce “rire”: le plus grand plaisir de D.ieu. (d’après Séfer Hamaamarim 5700, p. 68 et Likouteï Torah, Bamidbar, p. 19d) Que fait-on à Pourim ? Cette année, Pourim tombe le mardi 10 mars 2009. Lundi 9 mars 2009, on jeûne du matin au soir (de 5h36 à 19h05 horaires pour Aix), c’est le jeûne d’Esther. Le matin, on récite les Seli’hot et la prière «Avinou Malkenou». Avant l'office de Min'ha, l'après-midi, on donne trois pièces de cinquante centimes d’euro à la Tsedaka (charité) en souvenir de l'offrande des trois demi-sicles pour la construction et l'entretien du Temple. Dans la Amida, on rajoute la prière «Anénou». Lundi 9 mars, après la prière du soir, on écoute attentivement chaque mot de la Méguila, le rouleau d’Esther. Pourim, les enfants se déguisent dans l'esprit de la fête en évitant de se déguiser en «méchant». Mardi matin 10 mars, ou éventuellement plus tard dans la journée : (1) on écoute à nouveau chaque mot de la lecture de la Méguila. (2) ce n’est qu’après avoir écouté la Méguila qu’on peut procéder aux autres Mitsvot de Pourim : on offre au moins deux mets comestibles à un ami, en passant par un intermédiaire : un homme à un homme, et une femme à une femme : ce sont les «Michloa'h Manot» ; (3) on donne au moins une pièce à deux pauvres pour leur permettre de célébrer la fête, c'est : «Matanot Laévyonim». (4) mardi après-midi, on se réunit pour prendre part au festin de Pourim dans la joie. Mercredi 11 mars, c’est Chouchane Pourim, le Pourim des «villes fortifiées» dont Jérusalem. On ne récite pas les prières de supplication, Ta’hanoune, et on partage la joie du peuple juif où qu’il se trouve. F. L. * * * * * * * * * * Edito Question de valeur De tous temps, l’idée de valeur a constitué une des bases du développement social. Parce que les hommes ont su déterminer une valeur servant de référence d’échange, ils sont sortis du troc et ont construit peu à peu une économie complexe. Parce qu’ils ont défini – ou accepté – la notion de valeur morale, ils ont pu fixer des objectifs de progrès qui ont largement contribué à élever l’homme. Il n’est, dès lors, pas étonnant que quiconque aspire à une civilisation plus belle ou, en d’autres termes, à un monde meilleur, voit ce concept comme inséparable d’une certaine sagesse ou, au moins, d’une certaine permanence. De fait, si le sort de la valeur n’est qu’une dépréciation continue, c’est tout l’équilibre des choses qui est remis en cause. Les sociétés contemporaines semblent parfois prises d’une sorte de fièvre. Emportées par une accélération auto-entretenue, dont on ne se demande plus si elle toujours pertinente, elles peuvent souvent user les idées avant même d’en avoir saisi toute la portée. Elles peuvent ainsi remettre en cause, même involontairement, des fondements précieux. C’est ainsi que se produisent ce que l’on appellera élégamment des « dérives », ces actes qui montrent, par exemple, que le seul souci d’une rentabilité immédiate a pris le pouvoir, que les choses, et parfois les hommes, ne sont plus jugés qu’à l’aune d’une finance toute-puissante. C’est également ainsi que certains oublieront que les principes moraux sont exigeants et que l’honnêteté civile n’est pas moins importante que le souci du spirituel. Voici que, même si un manquement éventuel fait apparaître des préjudices réels, certains s’emploieront encore à y trouver des justifications inspirées.
Pourtant, oublier ces principes, c’est perdre de vue une idée essentielle. C’est écarter de son esprit que le but d’une société civilisée dépasse la simple organisation du meilleur confort possible. C’est ne plus voir, ou ne plus savoir, qu’il appartient à chacun d’agir pour que ce monde soit un lieu de bien et d’harmonie et non celui des luttes les plus féroces et des barbaries les plus policées. Comment faire ? Peut-être est-il temps de regarder le monde comme un espace global, où chaque acte laisse une empreinte profonde, y compris au quotidien ? Peut-être est-il temps de considérer sa propre vie comme un tout, conscient qu’aucun de ses aspects ne peut se lire sans lien avec tous les autres ? En d’autres termes, s’attacher à une valeur… et s’y tenir. Morale et spirituelle, elle fonde toutes les déclinaisons du concept. Donnée par D.ieu, elle est éternelle. H. Nisenbaum
Vivre avec la Paracha Moché disparaît La Torah consiste en cinq livres divisés en 54 Paracha. Il est vrai que c’est Moché qui les transcrivit et encore plus vrai qu’il est le personnage central du récit. Mais n’est-ce pas la Torah de D.ieu? Le Talmud s’interroge, dans la même veine, devant l’invective du prophète (Mala’hi 3 : 22) : «Rappelle toi la Torah de Moché, Mon serviteur». Serait-ce donc la Torah de Moché ? Oui, ça l’est, affirme le Talmud «parce qu’il lui a donné sa vie, elle est appelée de son nom». Le premier livre, Beréchit (la Genèse) ne porte pas mention de son nom. Cela a du sens dans la mesure où il n’était pas encore né. Le nom «Moché» n’apparaît que quelques fois dans le cinquième livre, Devarim (Deutéronome). Cela également peut être compréhensible, le livre de Devarim constituant un discours de trente-sept jours que Moché adressa au peuple avant sa disparition. Durant les onze Paracha de Devarim nous entendons sa voix : «A ce moment là, D.ieu me dit…», «Et quand nous continuâmes notre voyage…» - (Il est à noter que cela contraste avec le reste de la Torah écrit à la troisième personne : «Et D.ieu parla à Moché…», «Et Moché monta sur la montagne… »)
Dans les trois autres livres, le nom «Moché» apparaît à de nombreuses occurrences dans chaque Paracha, souvent des douzaines de fois sur la même page. Dans chaque Paracha, à l’exception d’une seule : la portion de Tetsavé (Exode 27 :20-30 :10) qui ne comporte pas une mention du nom de Moché. Le commentaire sur la Torah du Baal Hatourim explique ce phénomène comme la conséquence de quelque chose que Moché dit à D.ieu à la découverte de la faute du Veau d’Or. Quand le peuple d’Israël trahit son alliance avec D.ieu, tout juste quarante jours après avoir reçu la Torah au Mont Sinaï, D.ieu dit à Moché qu’Il avait l’intention de détruire la nation errante et de construire un peuple nouveau et meilleur à partir des descendants de Moché. Moché supplia et discuta en faveur de son peuple, et finalement s’écria à D.ieu : «Maintenant, si Tu pardonnes leur péché… Mais si Tu ne le fais pas, efface-moi du livre que Tu as écrit» (Chemot 32 :32). C’est la raison pour laquelle, avance le Baal Hatourim, le nom de Moché est absent de la Paracha Tetsavé. Néanmoins, il reste à comprendre un certain nombre de choses :
a) En fin de compte, D.ieu ne détruisit pas le Peuple d’Israël et n’effaça pas le nom de Moché de la Torah. Pourquoi donc fut-il omis dans Tétsavé ? Etait-ce une sorte de punition ou de «dégradation» pour ses mots audacieux ou bien y a-t-il un sens plus profond à leur réalisation partielle ? b) Qu’essayait d’obtenir Moché ? Etait-ce un genre de gentille «menace» pour forcer la main de D.ieu ? Y avait-t-il, par l’omission du nom de Moché dans Tetsavé, un espoir de sauver le peuple d’Israël ? c) Pourquoi, parmi les 54 Paracha de la Torah, est-ce précisément Tetsavé qui perd le nom de Moché ? En fait, le récit du péché d’Israël et de l’ «ultimatum» de Moché apparaît dans la Paracha suivante : Ki Tissa ! Le Zohar parle de D.ieu, de la Torah et du peuple d’Israël comme «trois liens qui sont imbriqués les uns dans les autres… chacun consistant en un niveau au-dessus d’un niveau, caché et révélé».
Que sont ces niveaux «cachés» et «révélés» dont parle le Zohar ? Les Maîtres de la ‘Hassidout expliquent qu’il existe deux niveaux auxquels D.ieu, Israël et la Torah sont liés. Au niveau «révélé», la Torah est un lien entre D.ieu et Israël. D.ieu est infini et inaccessible, et nous sommes des êtres finis et mortels. Mais D.ieu nous a donné Sa Torah, décrétant qu’elle incorporerait Sa sagesse et Sa volonté. Quand nous étudions la Torah et accomplissons ses préceptes, nous opérons une connexion avec D.ieu. A un niveau plus profond, toutefois, cette connexion agit dans un sens différent : les âmes d’Israël sont ce qui lie la Torah à D.ieu. A ce niveau, l’âme est une étincelle de l’essence divine et la Torah est le produit de cette unicité. D.ieu, comme Il est en Lui-même, est au-delà du fait de posséder une «sagesse» ou une «volonté». Il ne les acquiert que comme moyen pour exprimer Sa relation intrinsèque avec nous. En d’autres termes, au niveau révélé, un Peuple Juif qui rejette la Torah, à D.ieu ne plaise, perd son lien avec D.ieu. Mais au niveau caché, c’est la Torah qui a «besoin» de nous pour être liée avec le Tout Puissant. (C’est pourquoi il y a des versets et des Midrachim qui décrivent le Peuple Juif comme les «enfants» de D.ieu : la relation d’un enfant avec ses parents dérive du fait qu’il est une extension de l’être de ses parents. Dans d’autres endroits, nous voyons la Torah comme la source de notre lien, comme dans le Midrach qui décrit la Torah comme la «fille» de D.ieu et Israël comme le «gendre du Roi». Dès lors, nous pouvons comprendre ce que réalisa Moché en insistant pour que D.ieu «efface son nom» de la Torah. Le nom de la personne représente le moi qu’il présente au monde, au-delà de ce qui réside plus profondément en elle, son moi profond qui transcende toute appellation et toute description. Ainsi nos Sages nous disent que «toute la Torah consiste en noms de D.ieu», c'est-à-dire la manière dont D.ieu Se fait connaître de nous.
Quand D.ieu dit à Moché que la trahison d’Israël avait détruit son lien avec lui, Moché comprit que cela signifiait que D.ieu se liait désormais avec eux au niveau de Son «nom», la dimension révélée de leur lien, où la Torah constitue la jonction entre D.ieu et Israël. Il savait que pour sauver le peuple, il lui fallait évoquer la relation «cachée» avec D.ieu, le lien intrinsèque qu’aucune transgression ne peut ébranler. C’est pourquoi il dit à D.ieu : «Efface mon nom de la Torah». La Torah est ma vie, disait Moché. Bien plus encore, c’est la substance de ma relation avec le peuple que j’aime : je suis leur maître, celui qui leur transmet Ta sagesse. Mais mon lien ultime avec eux est encore plus profond. Si profond que je désire oblitérer mon nom de la Torah, puisque tant que je définis mon rôle dans leur vie comme leur source de la Torah, leur rejet de la Torah signifiera que je ne suis plus lié à eux. Les actes des Justes ont un effet intéressant sur D.ieu : ils le «forcent» à agir de la même façon. Les paroles de Moché poussèrent D.ieu à, Lui aussi, endosser sa relation «cachée» et «sans nom» avec Son peuple, un lien qui transcende la Torah et est, en fait, la source et la raison d’être de la Torah. (C’est pourquoi, en dernier ressort, non seulement Moché sauva le peuple d’Israël mais il sauva également la Torah.) La Paracha de Tetsavé sert de monument à la gloire de l’acte extraordinaire qu’accomplit Moché et de ce qu’il atteignit. Car s’il est vrai que son nom est «absent» de la Paracha, son essence, au-delà du nommable, l’imprègne tout entière. Cela peut apparaître dans la toute première phrase de Tetsavé qui rappelle les mots de D.ieu à Moché : «et tu commanderas aux enfants d’Israël…». Dans le tout premier mot : veata, «et toi», Moché est présent. Non par son nom, mais par son moi transcendant : «toi». Pourquoi Tetsavé ? Le 7 Adar est la date de la naissance et de la disparition de Moché et tombe toujours à proximité de la semaine au cours de laquelle Tetsavé est lue. C’est donc la semaine la plus appropriée pour nous introduire à la partie la plus profonde de l’être qu’est Moché : «Toi».
Etincelles de Machiah' Chaque prière est un progrès Pour la Délivrance du peuple juif, une Délivrance éternelle qui ne sera suivie d’aucun autre exil, nous devons augmenter nos prières, les premières et les dernières générations. Les prières des premières générations aideront celles des dernières générations. Ce sera plus facile pour les dernières générations qui sont plus proches de la Délivrance finale. Leurs prières seront plus acceptées que celles des premières générations. Puisque le sujet est si important, il doit y avoir une abondance de prières, génération après génération, afin que les prières pour la Délivrance soient acceptées. (d’après Beth Elokim LéHamabit, Porte de la prière, chap. 17) H.N. Le coin de la Halakha Qu’est-ce que la Tsedaka (charité) ? C’est une obligation de la Torah de pourvoir aux besoins des Juifs nécessiteux, comme il est écrit : «Tu ouvriras certainement ta main pour lui». La générosité est un critère de la descendance d’Avraham, notre père. Celui qui donne la Tsedaka a plus de mérites que celui qui offrirait de nombreux sacrifices. Et le peuple juif sera délivré grâce à la Tsedaka. Jamais un homme ne s’appauvrit en donnant la Tsedaka. Quiconque a pitié de l’autre, D.ieu aura pitié de lui. Trois fois par jour, et même davantage, nous demandons à D.ieu de pourvoir à nos besoins : de même nous devons entendre le pauvre qui demande à manger et nous devons pourvoir à ses besoins. Nous devons réaliser que l’argent que nous donnons aux pauvres n’était que confié entre nos mains et que nous sommes des émissaires de D.ieu afin de les nourrir. La Tsedaka repousse les mauvais décrets et rajoute de la vie. Même un pauvre – qui se nourrit grâce à la Tsedaka – doit donner la Tsedaka avec l’argent qu’il reçoit : cette Mitsva n’est pas réservée aux riches. Le peu que donne le pauvre est aussi important aux yeux de D.ieu que la grosse somme que donne le riche. On doit d’abord s’occuper des besoins de sa famille, puis des pauvres de sa ville puis de ceux d’une autre ville. Celui qui a promis de donner de l’argent (par exemple Chabbat à la synagogue) s’empressera de le faire afin de ne pas se rendre coupable de ne pas tenir sa promesse. Il est conseillé de disposer chez soi d’une boîte dans laquelle on mettra chaque jour des pièces pour la Tsedaka. Chaque enfant, chaque entreprise, chaque école, etc… disposera de sa boîte de Tsedaka. Celui qui convainc les autres de donner la Tsedaka a plus de mérite que celui qui donne. F. L. d’après le Kitsour Choul’hane Arou’h |