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Edito Jour de vie Les grands événements ont ce point de commun de changer de nature au fil des années. Lorsqu’ils interviennent, leurs contemporains en perçoivent avec force
toute la grandeur, le caractère exceptionnel et l’importance pour chacun. Puis arrive le premier anniversaire et tous revivent les péripéties – et parfois les vicissitudes – traversées et conviennent qu’une telle commémoration était nécessaire. Année après année, comme inéluctablement, les sentiments les plus vrais des hommes sincères finissent par s’user. La commémoration se maintient donc beaucoup par sens du devoir, un peu par habitude. Et vient le temps où l’on entend qu’il s’agit là d’histoire ancienne, que cela eut une importance évidente en son temps mais qu’il faut maintenant y lire, y comprendre autre chose. Les temps n’ont ils pas changé ? De fait, tel est le destin des hommes et de leur mémoire – comme, du reste, de toute chose créée – l’éternité ne leur appartient pas.Pourtant, voici que vient le 19 Kislev. Un jour de célébration comme les autres dira t on ? L’anniversaire de la libération de prison, dans la Russie tsariste, de Rabbi Chnéor Zalman de Lyadi, l’auteur du Tanya, le fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad au dix neuvième siècle, déclaré Roch Hachana de la ‘Hassidout, précisera t on ? Cependant, voici qu’il revient non comme la commémoration obligée d’un jour jadis grandiose mais bien comme la fête de notre temps, la plus belle, celle du cœur et de l’esprit unis dans une célébration de liberté. Tout se passe comme si le passage des années n’avait pas de prise sur elle, plus encore, comme s’il ne faisait qu’y ajouter sens et puissance pour des couleurs d’émotion toujours plus fortes et une énergie de la pensée toujours plus grande.Il est loisible de s’interroger. Pourquoi un tel jour n’en vient il pas à vieillir ? Pourquoi chacun peut il le vivre avec toute la solidité du passé, la certitude de l’instant présent et l’assurance de l’avenir ? Peut être la réponse tient elle en un mot ? La ‘Hassidout. Domaine d’étude et chemin du service de D.ieu, sens profond et essentiel de la Torah, véritable et puissante énergie apte à révéler profondément celle de l’âme, elle ne se plie pas aux catégorisations faciles de moderne ou d’ancien. Elle se contente d’être cette lumière sur le chemin, cette flamme qui nous guide et nous anime, cet écho dans un chant ‘hassidique ou cet enthousiasme au cœur du rite et de l’étude. Elle est l’héritage de tous et une clé : celle du temps de toute Sagesse, le temps de Machia’h. H. Nisenbaum Réflexions sur La Paracha Vayichlah' : 4 articles 1) Comment se comporter avec Essav Pour se préparer à la rencontre avec son frère Essav, Yaakov utilisa plusieurs tactiques. Il savait que son frère était beaucoup plus puissant que lui. Essav possédait quatre cents guerriers. En face de lui, Yaakov n’était accompagné que de ses femmes et de ses enfants. Et son fils aîné n’avait que douze ans. Ces enfants devaient devenir les fondateurs du futur peuple juif. Survivraient-ils ? Yaakov tenta la conciliation, lui envoyant un imposant cadeau constitué de plusieurs espèces de bétail. Il réussit à convaincre Essav d’accepter ce présent. Cela impliquait une acceptation de la part d’Essav de l’existence de Yaakov et le fait qu’il était dans son droit quand il avait reçu la bénédiction de leur père. En même temps, Yaakov pria D.ieu dans une magnifique prière exprimant son humilité. Il exprimait son sentiment de n’être pas méritant de tous les bienfaits que D.ieu lui avait déjà attribués. Enfin, il se prépara au combat. Sa tactique, consistant à diviser en deux son camp, faisait partie d’une stratégie militaire. Il était complètement dépassé par le nombre et haïssait également l’idée de faire du mal à autrui. Toutefois, pour protéger sa propre vie et la vie de ses femmes et de ses enfants, il était prêt à se battre. Différents procédés sont possibles pour entrer en relation avec Essav, les ennemis du Peuple Juif à travers les âges. Ces approches doivent être utilisées aux différentes époques de notre longue histoire pour assurer notre survie. Bien sûr, la prière se fait constamment, elle est toujours nécessaire. Trouver le bon équilibre entre la conciliation et les préparatifs au combat est la clé pour sauver les vies de tous ceux qui sont concernés. Le but est la paix et la sécurité, et la rencontre entre Yaakov et Essav donne un exemple d’une habile négociation qui rencontra un grand succès. 2) La richesse juive Comment le Judaïsme envisage-t-il la richesse ? Comment considère-t-il quelqu’un qui travaille dur pour amasser une fortune ? Ne devrait-il pas consacrer plutôt son temps à des occupations spirituelles ? La Paracha de cette semaine qui commence avec la rencontre fatidique entre Yaakov et Essav jette la lumière sur cette question. Des années auparavant, Yaakov s’était enfui de son frère Essav pour échapper à sa colère. Essav pensait qu’il avait été privé, à tort, de son droit d’aînesse et des bénédictions de son père. Il voulait donc tuer Yaakov. Ce dernier s’était réfugié dans la maison de son oncle Lavan, bien loin à l’est de ‘Haran. Là bas, il s’était marié, avait élevé une famille et prospéré. Il avait amassé de gros troupeaux de moutons et de bétail. Il revenait donc à Canaan, sa terre natale. Sur le chemin du retour, il dut faire face à une confrontation avec son frère Essav. Y aurait-il la paix ? Finalement c’est ce qui se produira. Yaakov fut tout d’abord informé qu’Essav avançait vers lui avec une armée hostile. Il prépara donc des plans d’urgence dont un plan de paix. Il décida de lui envoyer un cadeau de paix de plusieurs têtes de différent bétail, accompagné d’un message de conciliation : «Ainsi parle ton serviteur Yaakov : «J’ai vécu temporairement avec Lavan et j’y suis resté jusqu’à présent. Je possède des bœufs et des ânesses, des moutons, des serviteurs et des servantes et je t’ai envoyé ce cadeau, pour trouver faveur à tes yeux». Nos Sages demandent : pourquoi Yaakov mit-il l’accent sur le fait que son séjour chez Lavan avait été temporaire ? Ils répondent que par ces mots : Yaakov était en train de dire quelque chose sur la nature de la richesse qu’il avait amassée. Il est vrai qu’il avait travaillé très dur et était devenu très riche. C’est pour cette raison, qu’il envoyait un cadeau important à son frère. Mais il voulait également lui signifier quelque chose à propos de son attitude par rapport à cette richesse. Les choses de ce monde sont très importantes mais elles ne sont que temporaires. Yaakov disait à son frère : le but principal de la vie n’est pas la richesse en soi mais la manière dont on utilise chaque détail de la vie dans le service de D.ieu. En fait, «j’ai vécu temporairement» s’exprime dans le texte hébreu de la Torah par un mot unique : Garti, qui a la valeur numérique de 613. Yaakov disait : «J’ai vécu avec Lavan, l’idolâtre, je me suis profondément consacré à pourvoir aux besoins de ma famille et je suis devenu très riche». Mais le véritable but en était d’observer les 613 Commandements. Le Judaïsme nous enseigne que la richesse n’est pas le but, mais le moyen, celui de de créer une magnifique atmosphère dans la maison juive, avec des enfants heureux et des invités à sa table, d’être capable de partager avec les membres de la communauté et de jouer son rôle dans le bien-être de tous. Voilà quel était le message de Yaakov à son frère Essav, parce qu’en dernier ressort, c’est là le message du Juif au monde. 3) Une cause au-delà de l’entendementTreize ans est l’âge auquel un garçon juif devient bar mitsva («fils du commandement»). A cette étape de sa vie, son esprit atteint le niveau de daat, la maturité de la conscience et de la compréhension qui rend l’individu maître de ses actes. A partir de là, il est un «homme», astreint aux commandements divins qui rendent un être humain responsable pour remplir sa mission dans la vie.L’âge de daat prend sa source dans Béréchit, au chapitre 34, verset 25 où la Torah se livre au récit de la destruction de la ville de Ch’hem, entreprise par Chimone et Lévi en représailles pour l’abus commis sur leur sœur, Dina. Le verset narre : «au troisième jour… les deux fils de Yaakov, Chimone et Lévi, les frères de Dina, prirent chacun leur épée, et attaquèrent la ville avec confiance…». Le mot «homme» (ich) est utilisé comme s’appliquant aux deux frères, dont le plus jeune, Lévi, était alors âgé d’exactement treize ans. C’est donc ici que la Torah considère qu’un jeune homme de treize ans est un homme. (Nos Sages calculent qu’en ce qui concerne les jeunes filles qui mûrissent plus tôt, douze ans est l’âge du discernement.) Mais le contexte d’où cette loi est tirée, semble quelque peu surprenant. L’acte de Chimone et de Lévi apparaît difficilement comme un exemple de daat. En effet, Yaakov, lui-même le dénonça comme irrationnel et immature et comme posant une question légitime quant au respect de la loi de la Torah dans des termes sévères : « Et Yaakov dit à Chimone et à Lévi : ‘vous m’avez sali, en me rendant odieux aux yeux des habitants du pays… Je suis surpassé par leur nombre, ils vont se grouper contre moi et me châtier et je serai détruit, moi et ma maisonnée’» (Beréchit 34 :30) et « Chimone et Lévi sont frères : instruments de la violence dans leur combat. Que mon âme ne se soumette pas à leur conseil, que mon honneur ne s’unisse pas à leur assemblée ; car dans leur colère, ils ont puni un homme et de manière délibérée, ils ont estropié un bœuf. Maudite soit leur colère, car elle est féroce et leur furie car elle est cruelle » (ibid., 49 :5-7). Et pourtant, c’est ce même événement que choisit la Torah pour nous enseigner quel est l’âge de la raison, de la maturité, de la responsabilité et de l’engagement dans l’accomplissement des Mitsvot ! Le fondement Comme le répondirent Chimone et Lévi à Yaakov, la situation qui occasionna leur acte ne leur permettait pas le luxe de considérations raisonnables et des conséquences. L’intégrité d’Israël était en jeu et les frères de Dina n’eurent aucune pensée à l’égard de leur propre personne, à la menace qui pèserait sur leur intégrité physique ou sur leur intégrité spirituelle à cause de la violence de leur acte. En fin de compte, leur réaction instinctive, émanant du plus profond de leur âme, plus profond que la raison, plus profond que la préoccupation personnelle, fut validée : D.ieu toléra leur action et leur vint même en aide C’est là le message que la Torah souhaite transmettre quand vient l’âge de raison et l’obligation des Mitsvot. Rares sont les individus appelés à agir comme Chimone et Lévi. Ce n’est pas la norme, bien plus la norme l’interdit. Mais l’essence de cet agissement devrait imprégner notre vie rationnelle. Chacune de nos Mitsvot doit être imprégnée du même sacrifice de soi et de la même profondeur dans l’engagement que ceux qui animèrent Chimone et Lévi. 4) Une femme qui sort « Et Dina, la fille de Léa qu’elle avait donnée à Yaakov, sortit voir les filles du pays. Et Ch’hem, le fils de ‘Hamor le ‘Hivite, prince du pays, la vit et il l’enleva… » (Béréchit 34:1-2) Dans le trente-quatrième chapitre de Béréchit, nous lisons l’enlèvement de Dina, le complot de ses frères pour neutraliser le peuple de Ch’hem, son sauvetage et la destruction de la ville. Nos Sages notent que dans le verset qui ouvre le récit, la Torah introduit Dina comme étant la fille de Léa. On ne se réfère pas à elle en tant que “fille de Yaakov” ni en tant que “fille de Yaakov et Léa”, ni même en tant que “fille de Léa et Yaakov” mais comme “fille de Léa qu’elle avait donnée à Yaakov”. Rachi explique: “Parce qu’elle sortit, elle est appelée la “fille de Léa”. Car [Léa] également était une femme qui sortait, comme il est écrit: “Et Léa sortit pour l’accueillir” (Béréchit 30 :16). En ce qui la concerne, il a été dit: “Telle mère, telle fille”. A première vue, cela paraît constituer une critique des comportements de Léa et de Dina. La caractéristique d’une femme juive est sa discrétion dans son vêtement et dans son comportement comme cela s’exprime dans le verset (Psaumes 45:14) “Toute la gloire de la fille du roi se trouve dans l’intériorité”. Une jeune fille juive, semble impliquer Rachi, n’a pas à sortir visiter les filles d’une terre païenne; quand elle le fait, elle ne se comporte pas comme la fille de Yaakov, mais comme sa mère, connue pour s’être, à certaines occasions, avancée à sortir de son propre gré. Pour la fille du roi, quitter son sanctuaire intérieur, c’est s’exposer à toutes sortes de rencontres dangereuses, comme le démontre tragiquement l’histoire de Dina. Cependant, cela ne peut être l’intention de Rachi car cela va a contrario de ce qu’il écrit dans son commentaire dans un verset précédent. Quelques chapitres plus tôt, lorsque Yaakov se prépare à la rencontre avec son frère impie Essav, nous lisons: «Et Yaakov prit ses deux épouses, ses deux servantes et ses onze fils et il traversa le gué de Yabok» (Béréchit 32:23). Et Rachi de demander: et qu’en est-il de sa fille? « Où était Dina? «Yaakov l’avait placée dans une caisse et l’y avait enfermée de peur qu’Essav ne jette ses yeux sur elle. Pour cela, Yaakov fut puni car s’il ne l’avait pas cachée de ses yeux, peut-être l’[Essav]aurait-elle ramené sur le bon chemin. [La punition fut qu’]elle tomba entre les mains de Ch’hem. » En d’autres termes, c’était le fait que Yaakov avait isolé Dina, et non les sorties de Léa et de Dina, qui fut la cause de la détresse de Dina. Elle n’aurait pas dû être cachée des yeux d’Essav. Sa rencontre avec le monde « grand et méchant » n’aurait pas dû être empêchée ; en fait, elle aurait été positive. Yaakov craignait qu’elle ne soit corrompue par son mauvais oncle; il aurait dû réaliser qu’avec ses solides bases morales et son intégrité absolue, elle était plutôt prête à influencer positivement Essav. Il est assez intéressant, d’observer également ici une relation mère-fille. La Torah (Béréchit 29:17) nous dit que “les yeux de Léa étaient faibles”. Rachi explique qu’ils étaient faibles à cause des pleurs. Elle pleurait en pensant qu’elle serait la destinée de Essav. Car tout le monde disait : Rivka a deux fils et Lavan a deux filles; l’aîné, Essav, est destiné à la fille aînée (Léa) et le cadet (Yaakov) à la fille plus jeune (Ra’hel). Et cela était bien plus qu’une spéculation publique ; selon le Midrach, ces mariages avaient été ordonnés dans le ciel. Mais les prières pleines de larmes de Léa changèrent le décret divin et les deux sœurs furent mariés au fils le plus jeune et juste parfait. Mais Léa était l’âme-sœur potentielle d’Essav. Si elle-même ne s’était pas sentie la force de relever le défi de faire face à son impiété, sa fille et héritière spirituelle, Dina aurait pu servir d’instrument pour la rédemption d’Essav. C’est là le sens plus profond de l’adage “telle mère, telle fille” relevé par Rachi. Nos enfants héritent non seulement de nos traits visibles mais aussi de nos potentiels irréalisés. Physiquement, une mère aux yeux bruns peut transmettre à son enfant son potentiel pour des yeux bleus, hérités de sa mère à elle mais dormant dans ses gènes. Spirituellement, un parent peut donner à son enfant l’aptitude de parvenir à ce qui chez lui, le parent, n’est rien de plus qu’un potentiel subtil enfoui dans le plus profond de son âme. Ainsi, la sortie de Dina, pour faire connaissance avec les filles du pays, était parfaitement en harmonie avec les talents uniques de sa mère. Son exposition à un environnement étranger n’aurait pas affecté sa féminité juive, sa gloire intérieure de fille du roi. Au contraire, elle était née avec le rôle d’une femme juive qui sort pour servir de source de lumière à son entourage sans pour autant compromettre sa discrétion et son intériorité. Mais c’est plutôt la tentative de Yaakov de l’enfermer qui suscita le désastre. En sortant vers “les filles du pays”, Dina était réellement la fille de Léa, au sens positif. Elle n’était pas la fille de Yaakov, car Yaakov avait hésité à exploiter sa nature extravertie. Extérioriser l’intériorité Il s’agit ici d’un message pour les femmes de toutes les générations. La Torah considère l’homme et la femme comme ayant été pourvus par le Créateur de caractéristiques et de rôles spécifiques. L’homme est un conquérant, chargé de transformer un monde souvent hostile qui lui résiste. A cette fin, il a été doté d’une nature extravertie, agressive, une nature qu’il se doit d’utiliser en adéquation avec la guerre qu’il mène pour la vie, la guerre contre les aspects négatifs du monde extérieur, la guerre pour libérer tous les éléments positifs et toutes les opportunités positives, captives dans les coins les plus spirituellement déserts de la Création divine. La femme est diamétralement son contraire. Sa nature intrinsèque est de non-confrontation, d’introversion et de discrétion. Pendant que l’homme combat les démons de l’extérieur, la femme cultive la pureté de l’intérieur. Elle est le pilier de son foyer, la nourricière et l’éducatrice de la famille, gardienne de tout ce qui est saint dans le monde de D.ieu. Toute la gloire de la fille du roi est intériorité. Mais cela ne signifie pas qu’elle doive rester enfermée. La femme joue également un rôle qui dépasse les limites de son foyer, qui touche les plus étrangères des filles et les plus païennes des terres. Une femme qui a été bénie de l’aptitude et du talent pour influencer ses sœurs peut et doit “sortir”, laissant périodiquement son havre de sainteté pour atteindre ceux qui ont perdu leurs racines et le sens de leur vie. Et quand elle le fait, elle n’a pas besoin et ne doit pas emprunter l’apparence guerrière de l’homme. La confrontation et la conquête ne sont pas les seules approches du monde extérieur; il existe aussi une démarche féminine, une voie douce, discrète et empathique pour extraire le bon du mal qui rage à l’extérieur. La confrontation est souvent nécessaire mais souvent aussi inefficace voire nocive. Le combat le plus féroce a aussi besoin d’une touche féminine – celle de la femme tournée vers l’extérieur. - Etincelles Le cerveau et le cœur Il est souvent expliqué que l’exil présente un certain nombre d’aspects positifs : il est «une chute pour permettre une élévation supérieure», il manifeste «la supériorité de la lumière qui provient de l’obscurité» etc. Toutefois, toutes ces explications s’adressent au cerveau. Pour les sentiments du cœur, l’amertume de l’exil les rend toutes inacceptables.C’est pourquoi, bien que ces explications aient été données et comprises, le peuple juif ne cesse de demander que l’exil se termine enfin et que la Délivrance arrive. (d’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch – Chabbat Parchat Nitsavim 5741) H.N.
- Hala’ha Quelques lois sur le prêt sans intérêt (suite). - L’emprunteur ne doit pas placer l’argent prêté dans des investissements à risques – (et certainement pas dans des activités douteuses). Cependant il peut le faire s’il en a informé le prêteur auparavant. - L’emprunteur ne gaspillera pas l’argent prêté pour des achats inutiles et veillera à pouvoir rembourser en temps voulu. - Dès qu’arrive la date prévue pour le remboursement, l’emprunteur a l’obligation de rendre l’argent, ainsi que le dit le Roi Salomon dans les Proverbes (3. 28) : «Ne dis pas à ton ami : ‘Reviens, demain je te rembourserai’ alors que tu disposes de l’argent». - Si l’emprunteur n’a pas de quoi rembourser, il doit vendre tous ses biens – et même sa maison – pour s’acquitter de sa dette. Il ne peut garder pour lui-même que les nécessités de base. Il doit même vendre ses livres saints et même, éventuellement, son rouleau de la Torah afin d’être quitte. - Celui qui ne peut pas rembourser – ni en argent ni en objets – ne peut pas être obligé de travailler pour le prêteur. Mais il doit être conscient que, tant qu’il n’a pas remboursé, il est appelé «un homme méchant qui emprunte et ne rembourse pas».Pour éviter cela, on s’efforcera de travailler et de rembourser toutes les échéances. - Tout salaire perçu pour un travail doit être utilisé pour rembourser la dette (à part l’argent absolument nécessaire pour nourrir la famille) et certainement pas pour prendre des vacances ou s’offrir des objets superflus. - Il est évident qu’il est préférable d’abord de rembourser ses dettes plutôt que de donner l’argent à la Tsedaka (charité) – à part évidemment «le Maasser», le dixième des revenus qui doit être donné aux œuvres charitables. - Si on sait que l’emprunteur n’a pas de quoi rembourser, on ne peut exercer des pressions sur lui, pas même marcher devant lui pour lui rappeler sa dette. F. L. (d’après Rav Arye Citron – www.chabad.org/reeh) * * * * * * * * * Edito Retour sur une tragédie Ils ont quitté ce monde, dans des circonstances qu’on a peine à qualifier, il y a maintenant plus d’une semaine et ils reposent à présent à Jérusalem : Rav Gavriel Noa’h et son épouse Rivkah Holtzberg,délégués du Rabbi à Bombay. Installés dans la ville depuis 2003, ils ont été assassinés, avec ceux qui s’y trouvaient, dans le centre communautaire Beth ‘Habad qu’ils avaient su créer au service de la communauté juive locale et de tous ceux – touristes et hommes d’affaires – qui y passaient. Les souvenirs et témoignages sur leur bonté, leur disponibilité, leur présence jamais imposée mais toujours souriante et attendue sont nombreux et impressionnants. La profonde douleur, pour leurs parents, leurs amis, les délégués du Rabbi partout dans le monde, toutes les communautés juives et tous ceux qui partagent ce don merveilleux qu’est la conscience humaine, est immense. Et le temps n’affaiblira pas la sensation de manque que chacun ressent. Personne ne pourra oublier non plus le visage de la barbarie qui, une fois de plus, est ici apparu. Personne n’oubliera que cette férocité a délibérément choisi, parmi ses cibles, un centre juif sans que ce choix soit motivé par une autre raison que cette dernière qualité. Devant un tel événement, certains interrogent : pourquoi, comment est-ce possible ? Tant de légitimes questions auxquelles il est si difficile de répondre. Voici des délégués du Rabbi qui ont choisi de vivre loin de toute grande communauté organisée parce qu’ils étaient emplis du sens de leur mission telle que le Rabbi l’avait définie : être à l’écoute, venir en aide à l’autre, qui qu’il soit, où qu’il soit. Et pourtant… Cette question-là est précieuse. Même si elle semble rester sans réponse, il nous faut continuer à la poser. Elle est comme un appel primordial à notre Père : il est temps que tout cela finisse, le monde ne peut plus attendre, le Messie doit venir maintenant ! Et puis, il y a le fil des jours. Même si cette question reste en nous et même s’il nous appartient de ne pas cesser de la proclamer, la tragédie ne peut être la cause du moindre recul ou du moindre affaiblissement. Il n’est pas question de donner la plus petite victoire aux forces des ténèbres qui voudraient continuer de nous assaillir. Alors, nous connaissons déjà la réponse. Il y a de nombreuses années, un attentat barbare ensanglanta le village de Kfar ‘Habad en Israël ; cinq étudiants de Yéchiva y furent tués. Le Rabbi déclara : «La meilleure consolation sera la construction». C’est ce qui fut fait. Aujourd’hui, le Beth ‘Habad de Bombay sera reconstruit, il rouvrira ses portes. Partout dans le monde, les délégués du Rabbi continueront leur œuvre. Par notre force, notre confiance, notre action, la lumière triomphera de l’obscurité et la vie, des porteurs de haine. Pour qu’enfin, la venue du Messie chasse la douleur du cœur de tout homme. H. Nisenbaum Etincelles de Machiah' Un nouveau soutien Le texte de la Torah (Gen. 36 : 40-43) nous apprend : «Voici les noms des chefs d’Esaü selon leur famille… Magdiel… Iram ; ce sont les chefs d’Esaü selon leur lieu de résidence… c’est Esaü, père d’Edom». L’indication de cette généalogie peut surprendre, elle est cependant chargée de sens. En effet, notre exil est dénommé «exil d’Edom» car ce sont les Romains, essentiellement descendants d’Edom, qui en furent la cause. Cet exil se décompose en deux grandes périodes pendant lesquels dominent successivement les deux chefs nommés plus haut : Magdiel et Iram. A propos du premier, Magdiel, le Midrach enseigne que son nom signifie étymologiquement qu’il se grandit à la face de D.ieu. C’est la phase d’expansion du monde romain, où tout ce qui a trait au judaïsme subit ses assauts. Mais vient ensuite le temps d’Iram, dont le nom, étymologiquement, renvoie à l’idée d’amasser des trésors. Et le Midrach d’ajouter qu’il les amasse pour les offrir au Machia’h. Dans cette deuxième période, le monde romain lui-même soutient et aspire à aider le plus fort attachement à D.ieu. (D’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch – Chabbat Parachat Vayichla’h 5751) H.N. Le coin de Halakha Prêter de l’argent C’est une Mitsva positive de prêter de l’argent sans intérêt à un Juif. Prêter de l’argent à un pauvre est plus louable que de lui donner la Tsédaka (charité). Celui qui prête de l’argent à des pauvres qui sont malheureux sera béni car ses prières seront exaucées. C’est une Mitsva de prêter de l’argent même à un homme riche et de lui parler gentiment. Il est interdit de faire honte à l’emprunteur en lui demandant de rembourser quand on sait qu’il ne peut le faire et qu’il est de bonne foi. Celui qui emprunte doit s’efforcer de rembourser le plus rapidement possible et ne doit pas prétendre qu’il n’a pas d’argent. F. L. (d’après Junior Code of Law) * * * * * * * * Edito Kislev le mois hassidique Certains mois semblent être marqués par un caractère particulier qui les distingue du cycle général du calendrier. Le mois de Kislev fait partie de ceux-là. S’il est un qualificatif apte à le définir c’est sans doute celui de “mois ‘hassidique”, et d’abord par l’accumulation des dates dont le lien avec l’histoire de la Hassidout n’est plus à souligner. Ainsi, ce mois commence par un Roch Hodech qui, dans les mémoires, les livres et les cœurs, est resté un jour particulièrement faste: celui où le Rabbi, après un malaise cardiaque survenu pendant les fêtes de Tichri, se montra, pour la première fois, en public. On sait que la période fut celle, non d’une absence, mais d’un redoublement de force et qu’elle introduisit, pour tous les Hassidim, à une ère d’initiatives renouvelées, d’enthousiasme et de dynamisme neufs. Dans le cours du mois, d’autres dates évoquent des événements plus anciens mais tous porteurs de messages précieux: le 9 Kislev, naissance du deuxième Rabbi de Loubavitch, l’Admour Haemtsaï, le 10 Kislev, anniversaire de sa libération des prisons tsaristes, le 14 Kislev, date du mariage du Rabbi, le 19 Kislev, date de la libération de prison du premier Rabbi de Loubavitch, l’Admour Hazaken, anniversaire désigné comme le Roch Hachana de la ‘Hassidout. Toutes ces dates sont comme mises tant en lumière qu’en perspective par la fête de Hanoucca, le 25 du mois.
On pourrait légitimement s’interroger sur la nécessité d’égrener ainsi le souvenir, de marquer des jours anciens. Ce serait pourtant commettre une erreur grave. Certes, le peuple juif est celui de la mémoire et ce trait est, chez lui, si caractéristique qu’il explique nombre de ses attitudes, de ses rites et de ses choix de vie. Cependant, loin de s’arrêter à cette idée, si juste et importante soit-elle, conserver ces jours comme autant de rendez-vous indispensables, c’est leur donner un sens qui la dépasse. De telles dates sont importantes d’abord parce qu’elles nous éclairent, scandant pour nous les jours d’une série d’accents toniques, au sens strict du terme. Il s’agit de savoir en tirer l’élan et la force nécessaires à toutes les réalisations à venir. Ce n’est pas là qu’un vœu abstrait. Nous savons que notre temps réclame un effort supplémentaire, que parvenir au parachèvement le rend, plus que jamais, urgent. Ces jours nous sont, dans ce cadre, une inspiration. Jours de joie, jours propices, jours de lumière, ils nous tracent, du cœur de l’obscurité, le chemin vers la Délivrance finale, celle que le Machia’h nous apportera. H. Nisenbaum
Etincelles de Machiah' Une nouvelle Torah ? Le Midrach (Vayikra Rabba 13, 3) paraphrasant la prophétie d’Isaïe (51,4) déclare que, lors de la venue de Machia’h, “une nouvelle Torah sortira de Moi”. Il est cependant clair que la Torah présente un caractère d’éternité absolue. Dès lors, que cela signifie-t-il? Aujourd’hui, la Torah se présente sous l’apparence de récits tels que ceux de Lavan, de Bilam etc. En revanche, lorsque Machia’h viendra, les mystères qui s’y trouvent cachés apparaitront. Il deviendra manifeste que ces histoires font référence à D.ieu, à l’édification des mondes supérieurs. C’est pourquoi D.ieu annonce qu’alors la Torah sortira “de Moi”: la manière dont la Torah tout entière parle de D.ieu deviendra évidente à tous. (D’après Kéter Chem Tov, sec. 84 et 242) H.N. Le coin de la Halakha Quel prénom donne-t-on à un enfant ? C’est le père et la mère ensemble qui donnent le nom à l’enfant et nul ne doit s’interposer à ce sujet. Dans certaines communautés, le père choisit le nom du premier enfant et la mère celui du second et ainsi de suite mais d’autres communautés pratiquent l’inverse : la mère choisit le nom du premier enfant et le père celui du second. Si on donne à un enfant les noms de ses deux grands-pères, on nomme d’abord le grand-père paternel. On n’annonce le nom de l’enfant ni avant sa naissance ni avant sa Brit Mila (circoncision). Pour une fille, le père ne l’annonce que lorsqu’il est appelé à la Torah. Il n’est pas nécessaire d’attendre le Chabbat pour monter à la Torah et le père peut le faire lundi, jeudi ou Roch ‘Hodech (le nouveau mois juif). On offre un repas (Seoudat Mitsva) en l’honneur de la naissance d’une fille. Il est recommandé de donner à son enfant le prénom de son père (ou de sa mère) ou de son Rav. Les Achkenazim ne donnent ces prénoms qu’après la mort de ces personnes, contrairement aux Sefaradim. Le père ne donnera pas son propre prénom à son enfant. On raconte que Rav Chlomo Klouger fut un jour honoré lors d’une Brit Mila. Le père de l’enfant était mourrant et certains estimaient qu’il valait mieux attendre la mort du père afin de donner son prénom à l’enfant. Mais Rav Chlomo Klouger s’y opposa et affirma que le mérite de la Brit Mila sauverait le père et c’est effectivement ce qui arriva ! On a la coutume d’ajouter un prénom (comme ‘Haïm (la vie), Raphaël (l’ange de la guérison) ou Alter («vieux» en yiddish) au prénom d’un malade en grand danger. On demandera à une autorité rabbinique compétente 1) si on peut donner les prénoms de deux personnes différentes à un enfant. Si oui, on appellera effectivement l’enfant avec ses deux prénoms. 2) si on peut donner à l’enfant le prénom de quelqu’un qui est mort jeune et dans des circonstances tragiques. Si, au moment de la Brit Mila (ou de l’appel à la Torah pour la naissance d’une fille) le père a prononcé un autre prénom que celui qu’il avait prévu, l’enfant portera le prénom qui a été effectivement prononcé et non celui qui avait été prévu. F. L. d’après «Ziv Hachemot» de Rav Ychaiou Zussia Wilhelm |