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Image Edito
La connaissance en partage
Alors qu’en ce début de semaine, ‘Hanouccah s’achève, tous les chandeliers de la fête couronnés de lumière, voici qu’une autre victoire monte à l’horizon.

Et elle n’est pas de moindre importance. Il s’agit du 5 Tévèt et c’est une affaire de livres. De fait, le peuple juif sait, depuis toujours, qu’un livre n’est pas tout à fait un objet comme les autres. Il sait que ce n’est pas qu’un assemblage matériel de feuilles de papier couvertes d’encre ou, pire encore, une matière de transaction commerciale, faite pour qu’on l’achète et la vende comme un simple bien de valeur parmi tant d’autres. Il sait que le livre recèle toujours une sagesse, il porte en lui une mémoire et constitue une manière de déchiffrer le monde. Ce n’est pas pour rien que les ennemis de la civilisation, qui veulent, en tous temps, réduire les hommes à la condition diminuée qu’ils entendent leur assigner, commencent toujours par s’attaquer aux livres, brûlant les uns, interdisant les autres. L’objectif est clair : en fermer l’accès au plus grand nombre. Parce que la voie du livre, c’est celle de la connaissance, voie majeure de la Sainteté.
Le précédent Rabbi de Loubavitch et son successeur, le Rabbi, conscients de cette réalité, agirent en conséquence. Littéralement au péril de leur vie, pour le premier lors de son départ de l’URSS stalinienne, pour le second en France, alors que, pendant la guerre, il passait en zone libre avec sa femme, ils emportèrent et protégèrent des livres. Il s’agissait de textes bien précieux, une sagesse qui avait traversé le temps, héritage des Rabbis de Loubavitch, qui couvrait tous les domaines de la connaissance juive, patiemment collectés, davantage pour leur usage, leur diffusion que pour une simple préservation. Ces livres avaient enfin trouvé leur refuge à New York, dans la bibliothèque centrale du mouvement Loubavitch où ils se trouvent toujours, à la disposition des chercheurs et ayant souvent fait l’objet d’éditions successives. Des livres saints à n’en pas douter, écrits par les plus grands : le Baal Chem Tov etc. Il se trouva un homme qui, pour son intérêt personnel, s’empara de certains de ces livres, voulut les vendre…
Perdre de vue la grandeur véritable des choses est l’erreur la plus grave. Oublier qu’un livre, en particulier porteur de sainteté, est une lumière que nul n’a le droit de cacher est une faute encore plus condamnable. Les livres furent retrouvés, remis à leur juste place. La décision en fut prise un 5 Tévèt. Nous pouvons y renouer aujourd’hui avec la source de notre âme. Le 5 Tévèt ? Un jour pour étudier et se souvenir que la connaissance est le bien qui se partage le mieux sans que personne y perde.
H. Nisenbaum

Vivre avec la Paracha
La richesse des nations du monde

Et le monde entier vint en Egypte, chez Yossef, pour acheter de la nourriture car la famine était sévère sur toute la terre…
Et Yossef rassembla tout l’argent qu’il put trouver en terre d’Egypte et en terre de Canaan (et tout l’or et l’argent du monde) pour la nourriture qui avait été achetée ; et Yossef apporta l’argent à la maison du Pharaon.
(Beréchit 41 : 57 et 47 :14)

Depuis maintenant quelques semaines, nous suivons l’histoire de Yossef : sa vente comme esclave, son interprétation des rêves du Pharaon et sa désignation comme vice-roi d’Egypte, ses plans d’aménagement agricole, pendant les sept années d’abondance et son contrôle sur toute la distribution alimentaire pendant la famine pour que la richesse de l’Egypte et des pays avoisinants soit concentrée dans ses mains, le voyage de ses frères en Egypte pour y acheter des aliments, les accusations qu’il souleva contre eux et la façon dont il mit en détention Chimon et Binyamin.
Dans la Paracha de cette semaine, Vayigach, nous assistons au paroxysme de cette histoire : Yossef révèle son identité à ses frères. Ils sont muets, choqués et pleins de remords mais il les calme et les enjoint de se dépêcher de retourner en Canaan pour chercher leur père et le ramener en Egypte. Père et fils se retrouvent avec beaucoup d’émotion, après vingt-deux ans de séparation. Yaakov et sa maisonnée, soixante-dix âmes en tout, s’installent en Egypte.
Dans cette Paracha, nous est également révélée la raison de cette succession d’événements. Yossef dit à ses frères : «Ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici, mais D.ieu… Dépêchez-vous et montez chez mon père et transmettez-lui : «D.ieu m’a fait maître sur toute l’Egypte ; descends à moi, ne tarde pas. Tu t’installeras en terre de Gochen et seras proche de moi, toi, tes enfants et les enfants de tes enfants, et tes gros et menus bétails, et toutes tes possessions».»
En d’autres termes, tout avait été mis en œuvre par D.ieu pour que les Enfants d’Israël s’installent en Egypte.
N’y avait-il pas d’autre moyen pour faire venir Yaakov en Egypte ? Le Talmud explique : «Yaakov aurait pu être conduit en Egypte, enchaîné, mais il mérita que cela arrive comme cela est décrit par le Prophète : «Je les tirerai avec des cordes humaines, avec des cordes d’amour…». Le Midrach cite la parabole suivante : «Il y avait une vache qui devait être jugulée mais ne se laissait pas faire. Que firent-ils ? Ils lui retirèrent son veau et le conduisirent là où ils voulaient que la vache laboure. Le veau commença à meugler. Quand la vache entendit les plaintes de son petit, malgré elle, et par amour pour son veau, elle se rendit au champ. Par le même biais, D.ieu désirait accomplir le décret [de l’exil d’Egypte], aussi organisa-t-Il toutes ces choses pour que [Yaakov et sa famille] descendent en Egypte. D.ieu dit : «Mon premier-né, Je le ferai descendre [en Egypte] dans la disgrâce ?... Je conduirai son fils avant lui, et lui suivra, malgré lui» »
Cela explique la raison pour laquelle Yossef fut nommé maitre de l’Egypte : pour que l’arrivée de Yaakov ne se passe pas comme dans un exil, chargé de chaînes, mais qu’il y arrive comme le père de l’homme le plus puissant du pays. Mais pourquoi la montée au pouvoir de Yossef devait-elle se produire ainsi ? Pourquoi sept années de plénitude, les années de famine et la concentration de tout l’or et l’argent du monde en Egypte, événements qui affectèrent la vie de millions de gens ?

Le but «mercantile» de l’exil
Selon les écrits de nos Sages, le mot «Egypte» est synonyme du phénomène même du Galout (exil). Car bien que l’exil égyptien n’ait duré que 210 ans, ce fut le plus significatif des 4 exils vécus par le Peuple Juif. L’Egypte était le «creuset» qui forgea les descendants de Yaakov en une nation. C’était le prototype de tous les exils qui allaient suivre, contenant les racines de chaque expérience juive sous un gouvernement étranger.
L’un des aspects étonnants dans l’exil égyptien est l’importance attachée à la richesse matérielle que le Peuple Juif emporta avec lui lorsqu’il sortit d’Egypte. Dans l’alliance entre D.ieu et Avraham, l’exil égyptien est ainsi décrit : «Sache que tes enfants seront étrangers en terre étrangère [où]ils seront asservis et torturés… et par la suite, ils sortiront avec une grande richesse.»
La «grande richesse» promise à Avraham est un thème récurrent dans le récit de l’Exode, à tel point que l’on a l’impression que c’était le but même du séjour en Egypte. Dans Sa première apparition devant Moché, D.ieu inclut cette promesse de richesse. Durant la plaie de l’obscurité, les Juifs purent voir les richesses qu’ils demanderaient aux Egyptiens au moment de l’Exode. D.ieu semble même supplier les Enfants d’Israël de sortir les richesses d’Egypte !
Le Talmud explique que le Peuple Juif était réticent à l’idée de retarder sa sortie d’Egypte pour prendre le temps d’amasser des richesses. Si bien que D.ieu dut les supplier ; «Je vous en prie, demandez […] les ustensiles d’or et d’argent, pour que le Juste [Avraham] ne dise pas : Il a accompli : «Ils seront asservis et torturés» mais Il n’a pas accompli : «Ils sortiront avec une grande richesse». Mais Avraham n’aurait-il pas lui aussi accepté d’oublier la seconde partie de la promesse pour hâter la Rédemption de ses enfants ?

L’étincelle dans l’or
Le Talmud enseigne que «le Peuple d’Israël fut exilé parmi les nations seulement dans le but que des convertis les rejoignent». Au niveau le plus littéral, il est ici fait référence aux nombreux non-juifs qui, au cours des siècles de notre dispersion, sont entrés en contact avec nous et ont désiré rejoindre nos rangs. Mais les enseignements de la ‘Hassidout expliquent que le Talmud se réfère également aux «âmes» d’une espèce différente qui sont transformées et élevées au cours de nos exils : «les étincelles de spiritualité» contenues dans la création matérielle. Chaque objet, force et phénomène dans l’existence possède en lui une étincelle de Divinité qui représente sa fonction dans le but Divin pour la Création. Il s’agit de son «âme», son contenu et son dessein spirituels. Quand l’homme utilise quelque chose pour servir son Créateur, il pénètre dans l’enveloppe de la matérialité, révélant et réalisant son essence divine. C’est la raison pour laquelle le Peuple Juif a été éparpillé dans le monde entier : pour révéler la Divinité où qu’elle se trouve.
Ainsi lorsque nous avançons dans la vie, en empruntant des chemins parfois inattendus, tout est organisé selon le schéma divin qui nous permet d’accomplir ainsi notre mission individuelle pour libérer les étincelles de sainteté renfermées dans tout ce que nous rencontrons.

L’exode en masse
L’exil égyptien fut le père et le prototype de tous les exils. La Kabbale nous dit que le monde matériel renferme 288 «étincelles» générales dont 202 furent sorties d’Egypte, libérées et élevées quand les Juifs emportèrent ces richesses.
La leçon que chacun d’entre nous peut tirer de ce qui précède est que nous devons reconnaître les opportunités et les ressources que nous donne D.ieu comme partie intégrante de notre mission dans la vie. Il ne s’agit pas de s’échapper de l’exil en s’enfermant dans un cocon de spiritualité, consacrant nos jours et nos nuits à l’étude et à la prière. Mais il nous faut, au contraire, relever les défis que la Providence Divine met sur notre chemin, en utilisant chaque petit morceau d’or et d’argent à une fin divine. Nous en extrayons ainsi toute la spiritualité, parvenons à une rédemption individuelle et hâtons la Rédemption universelle lorsque «le grand Choffar retentira …et qu’Ils s’inclineront devant D.ieu sur la Montagne Sainte à Jérusalem.»

 Etincelles de Machiah'
La Délivrance est la vraie vie !
Lorsque Jacob, sur l’ordre de D.ieu, descendit s’installer en Egypte avec sa famille, il se présenta devant le Pharaon. Celui-ci l’interrogea : «Quel âge as-tu ?» Et Jacob lui répondit : «130 ans ; les années de ma vie ont été peu nombreuses et mauvaises…» (Gen. 47 : 8-9).
A l’évidence, une question se pose : comment peut-on dire que 130 ans constituent un petit nombre d’années alors même que, depuis le déluge, la durée de vie d’un homme est, au maximum, de 120 ans ? C’est que Jacob, troisième de nos Patriarches, est profondément, essentiellement lié au troisième Temple, celui qui apparaîtra avec la venue de Machia’h. C’est pourquoi, durant toute son existence, il n’aspira qu’à cette sérénité éternelle que seule apportera la Délivrance. Aussi, alors qu’elle n’était pas encore concrètement arrivée, Jacob ne pouvait percevoir sa vie que comme incomplète, faite qualitativement d’années «peu nombreuses et mauvaises».
(D’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch  –
Chabbat Parachat Mikèts 5752) H.N.

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Edito
La lumière, pour toujours

Notre société est, sans doute, une des plus éclairées et lumineuses que la terre ait jamais portées. Certes, il est loisible à chacun de relever l’obscurité des cœurs, des esprits et des âmes. Pourtant, comme la lumière de ces millions d’ampoules électriques qui défient la nuit de nos villes, est puissante et éclatante ! On en ressent presque une sorte de fierté trouble, pétrie de modernité et d’artificialité. De fait, ces lumières ont souvent l’arrogance des certitudes rapidement acquises, d’autant plus fragiles qu’elles semblent si solides. Elles s’emploient à rassurer les hommes et, ce faisant, elles sont surtout le témoignage de leur inquiétude. Cette semaine, ‘Hanouccah se conclut ; ses lumières ont semblé si ténues et pourtant, leur clarté ne disparaît pas.
En ce dimanche de ‘Hanouccah, nous nous sommes tenus, comme cela en est devenu la presque tradition, au pied de la Tour Eiffel pour l’allumage des flammes de la fête avec d’autres villes du monde par liaison satellite. Revivons cet instant. Comme à son habitude, la Tour Eiffel, écrasante et délicate, brille puis scintille, faisant de la dentelle de fer une dentelle de lumière. A quelques pas de là, le Chandelier de la fête se dresse de ses simples huit mètres de hauteur. Une nacelle s’élève jusqu’au sommet du candélabre et les flammes, humbles, petites, apparaissent au bout de ses branches. Qui imaginerait comparer la splendeur de la gigantesque Tour qui brille et la modestie du Chandelier qui éclaire ? Pourtant, une impression étrange se dégage peu à peu… Les flammes dansantes de ‘Hanouccah ont la force de ces petites voix qui susurrent un message que nul ne peut s’empêcher d’entendre. A tel point que la lumière électrique paraît tout à coup bien présomptueuse.
Il y a ici comme une leçon d’éternité. «Les lumières de ‘Hanouccah ne disparaissent jamais» enseignent les Sages. De fait, elles ont accompagné le peuple juif au fil de son histoire, dans ses drames et dans ses joies. Elles sont toujours parmi nous alors que la pompe de tant de brillantes civilisations s’est évanouie dans le lointain, parmi les ombres. La fête se conclut cette semaine mais ses lumières restent en nous. Elles ne nous abandonnent pas, leur lumière est la nôtre. Pour un avenir lumineux.
H. Nisenbaum

Vivre avec la Paracha
Connaissez-vous votre âme ?

L’épisode de Yossef se révélant à ses frères après des décades d’amère séparation est l’un des plus dramatiques de la Torah. Vingt-deux ans auparavant, alors que Yossef n’avait que dix-sept ans, ses frères l’avaient enlevé, jeté dans un puits puis vendu comme esclave à des marchands égyptiens. En Egypte, Yossef passa douze ans en prison d’où il fut sauvé puis élevé au rang de vice-roi du pays. Maintenant enfin, le moment était à la réconciliation.
«Yossef ne put contenir ses émotions», raconte la Torah dans la Paracha de cette semaine. Il fit sortir tous ses assistants égyptiens de la pièce et «il commença à pleurer dans des sanglots si sonores que les Egyptiens pouvaient l’entendre de l’extérieur. Et Yossef dit à ses frères : «Je suis Yossef ! Mon père est-il toujours vivant?» Ses frères furent si bouleversés qu’ils ne purent répondre

Un sage pleure
Le Talmud relate que chaque fois que le grand talmudiste et Sage, Rabbi Eléazar arrivait à ce verset, «ses frères furent si bouleversés qu’ils ne purent répondre», il pleurait. Rabbi Eléazar disait: «si le reproche d’un homme de chair et de sang (Yossef) est si puissant qu’il suscite une telle consternation, le reproche de D.ieu (quand il a lieu) doit l’être d’autant plus, ayant causé tant de honte.»
Et pourtant, deux points semblent manquer dans les paroles de Rabbi Eleazar. Tout d’abord, le verset ne dit pas que les frères furent stupéfaits parce que Yossef leur avait adressé un reproche. Peut-être l’étaient-ils par la constatation que l’homme qui se tenait devant eux n’était pas moins que leur frère perdu depuis longtemps, Yossef ?
De plus, la comparaison entre le reproche de Yossef à ses frères et celui de D.ieu à l’humanité paraît excessive. Les frères avaient personnellement vendu Yossef comme esclave, l’assujettissant à la pire des formes d’abus de la personne. Il est donc logique qu’ils aient été plongés dans la consternation quand finalement ils lui firent face. Quiconque parmi nous ne s’est-il jamais rendu coupable d’un affront similaire à l’égard de D.ieu, pour en arriver à ressentir un tel effroi devant le reproche de D.ieu ?

Notre rêveur intérieur
Pour comprendre, nous devons nous souvenir d’une idée, exprimée à un certain nombre d’occasions, selon laquelle les personnages dépeints dans la Torah ne sont pas simplement des personnes physiques qui vécurent à une certaine période. Ils représentent également des forces particulières, psychologiques et spirituelles, qui existent continuellement à l’intérieur du cœur humain.
Yossef est décrit dans la Torah comme un jeune homme beau et gracieux, «beau dans sa constitution et beau dans son apparence», comme un «maître des rêves». Selon la Kabbale, Yossef symbolise l’âme de l’homme, pure et sacrée.
Aussi, pour comprendre l’histoire de Yossef, nous faut-il saisir la nature de notre propre âme.

Un portait de l’âme
A quoi ressemble l’âme ?
Quels éléments de notre personnalité pouvons-nous attribuer à notre âme ?
Dans le Tanya, Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi définit l’âme comme une flamme qui cherche à partir de la mèche et à embrasser les cieux. «L’âme, écrit-il, constitue la quête dans l’homme pour transcender les paramètres de son égo et s’absorber dans la source de toute existence».
Le Kabbaliste du seizième siècle, Rabbi Eléazar Azkari, a écrit une prière qui décrit l’âme en ces termes : «Mon âme est malade d’amour pour toi, Ô D.ieu, je t’en supplie, s’il Te plaît, guéris-la en lui montrant la douceur de Ta splendeur ; alors elle reprendra de la force et sera guérie, expérimentant une joie éternelle».
En d’autres termes, l’âme est cette dimension de notre esprit qui n’a pas besoin de grandissement personnel, de domination ni de matérialisme excessif. Elle méprise la politique, la manipulation et la malhonnêteté. Elle est repoussée par le comportement immoral et par des apparences hypocrites.
Quelles sont ses aspirations ? L’âme a une aspiration unique : se fondre dans la vérité absolue de D.ieu.

L’âme abusée
Et pourtant, combien d’entre nous sont-ils conscients de l’existence d’une telle dimension dans leur personnalité ? Combien d’entre nous se soumettent-ils aux besoins de leur âme ? En réponse aux rêves jamais assouvis de notre âme et à ses aspirations qui confondent notre emploi du temps basé sur notre propre satisfaction et dérangent notre désir de gratification immédiate, nous prenons souvent le «Yossef» qui est à l’intérieur de nous et le plongeons dans un puits. Nous tentons de reléguer ses rêves et ses passions dans les greniers subconscients de notre esprit.
Et quand cela ne marche pas, parce que nous continuons à entendre ses plaintes silencieuses, nous vendons notre «Yossef» comme esclave à des étrangers, permettant à notre âme d’être soumise aux forces et aux instincts étrangers à sa propre identité.
Pouvez-vous imaginer à quel point vous seriez horrifié devant le spectacle de quelqu’un qui prendrait la petite main adorable d’un enfant et la mettrait dans un four brûlant ? Les maîtres ‘hassidiques décrivent chaque occasion où nous prononçons un mensonge, chaque occasion où nous humilions un autre être humain, chaque occasion où nous péchons, comme exactement cela : prendre l’innocente et précieuse spiritualité de notre âme et lui faire subir des sévices et des tortures.

Etincelles de Machiah'
Une pitié inconcevable
La grande pitié qui s’applique au peuple juif toujours en exil est bien plus grande que tout ce qui est concevable. C’est pourquoi nous demandons à D.ieu : «Dans Ta grande miséricorde, aie pitié de nous».
A ce degré de la Miséricorde de D.ieu, Qui sait l’étendue et la portée de l’authentique pitié, la longueur de l’exil est proprement inexplicable !
(d’après un commentaire du Rabbi de Loubavitch – Chabbat Parachat Vayigach 5746) H.N.

Etincelles de Machiah'
Le moment de vérité

Et pourtant, à un moment de notre vie, pour chacun de nous, arrive le moment où notre «Yossef» intérieur, qui a été forcé de cacher la vérité pendant tant d’années, se brise et nous révèle sa réelle identité. A ce moment, nous venons à découvrir la resplendissante beauté et la profondeur de notre âme et nos cœurs s’emplissent de honte ;
L’humiliation que ressentirent ses frères quand Yossef se révéla à eux ne venait pas de son reproche pour l’avoir vendu comme esclave. Sa simple apparition constitua le reproche le plus puissant. Pour la première fois, ils réalisèrent qui était celui qu’ils avaient soumis un traitement si horrible et leurs cœurs fondirent de honte.
De la même façon, Rabbi Eléazar dit que quand le jour viendra où nous réaliserons la sainteté et la Divinité de notre propre personnalité, nous serons également abasourdis. Nous nous demanderons sans cesse comment nous avons pu nous permettre de jeter une âme si belle et si innocente dans un puits sombre et obscur.
D’après une note écrite par Rabbi Mena’hem Mendel, le Tséma’h Tsédek, et Séfer Hamaamarim du Rabbi (volume 5 page 261).

 
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