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Edito Quel gala ? Gala ? Vous avez dit «gala» ? Les galas sont comme les plantes vivaces qui poussent d’année en année avec une régularité enviable. La saison, comme toujours, bat
son plein et elles sont nombreuses les occasions justes et légitimes de solidarité. Dans cette superbe et abondante floraison, il y a cette fleur différente des autres, presque atypique. Est-ce sa couleur, sa taille, sa beauté précieuse ? Nul, sans doute, ne saurait le dire. Pourtant son parfum est inimitable. C’est du gala du Beth Loubavitch qu’il s’agit, mardi soir 10 février. On a dit «gala» et déjà on regrette le mot car ce qu’il est, c’est bien plus qu’une occasion de soutenir une action dont chacun s’accorde à reconnaître la nécessité, c’est bien plus qu’une opportunité d’excellence pour exprimer son sens et sa conscience de la communauté, même si tout cela est d’une incontestable importance. Ce qu’il est ? Décrivons-le si les mots sont suffisants pour une telle entreprise… Une grande salle aux limites lointaines, et pourtant presque familiale… Des lumières qui brillent au plafond et savent jeter des éclats par milliers sans jamais d’outrance… Des tables dont les premiers mets rehaussent la blancheur… De la musique, joyeuse, présente comme un réconfort attendu et jamais comme un intervenant indésirable… Et surtout, des hommes et des femmes qui entrent le sourire aux lèvres, comme on va à une fête entre amis ou avec des proches que l’on aime profondément, en sachant qu’on entre dans un pays de bonheur et que, pendant ce temps, le monde entier prend certainement d’autres couleurs – plus vives, plus chatoyantes, les vraies couleurs des gens heureux. Et il y aussi tous ces mots échangés, toute cette joie partagée, toutes ces émotions ressenties : celle de participer à une action concrète, celle de jouer un rôle dans l’œuvre de demain, celle de l’aide apportée à nos frères d’Israël – celle, surtout, de vivre cette proximité particulière entre tous les participants, comme un lien si fort qu’on en ressent la puissante et si douce étreinte. Décidément, ce mardi soir 10 février – 16 Chevat, rien de routinier n’est présent. La routine n’a pas sa place quand le plus vrai sentiment réunit les amis. Certains doutent de la permanence de certaines valeurs : la fidélité, l’amitié, la conscience, comme une forme de pureté etc. Il est vrai que parfois l’état du monde laisse vraiment place au doute. A tous ceux qui n’ont pas trouvé la réponse à une telle interrogation, il faut souhaiter qu’ils viennent à ce grand rendez-vous. Quant aux autres, ils y ont toute leur place. Le bonheur n’est-il pas la plus belle des choses ? Plus on le partage, plus il est abondant. H. Nisenbaum Vivre avec la Paracha Les hommes du moment «Et Moché monta vers D.ieu. Et D.ieu l’appela de la montagne, en ces termes : ‘ainsi tu parleras à la Maison de Yaakov et tu diras aux Enfants d’Israël…» (Chemot 19 :3) «La Maison de Yaakov», ce sont les femmes, «les Enfants d’Israël» ce sont les hommes… Parle des principes généraux [de la Torah] aux femmes et dis [ses] détails précis aux hommes. (Me’hilta, ibid.) En tant qu’être humains, nous sommes assujettis aux lois du temps, cette force sans visage qui nous conduit d’un passé qui s’efface, à travers un présent flottant vers un futur toujours incertain. En tant que Juifs, nous pouvons vivre une expérience plus intime du temps. Par une série de Mitsvot reliées au temps, la Torah nous donne la force de nous élever au-dessus de son déroulement homogène et de rencontrer un terrain d’une grande diversité, un terrain marqué par les jours de travail et un Chabbat hebdomadaire, les marques annuelles du Choffar, de la Soukkah et des Matsot, les semaines désignées pour le compte de l’Omer, les jours pour mettre les Tefiline, les heures pour réciter le Chema et une kyrielle d’observances liées au temps. Et pourtant, la moitié d’entre nous est dégagée de cet aspect de la vie juive : selon la loi de la Torah, la femme juive est exemptée de pratiquement toutes les Mitsvot liées au temps. Il est sûr que la femme peut (et bon nombre d’entre elles le font) observer ces Mitsvot, mais le fait même qu’elle n’y soit pas astreinte implique qu’elles ne font pas partie de sa mission spécifique dans la vie. Pourquoi donc la Torah délie-t-elle la femme de ce programme d’action sur le développement du temps ? Séparés à la naissance Nos Sages nous disent que, quand D.ieu envoya Moché dire au Peuple Juif de se préparer à recevoir la Torah, Il l’envoya s’adresser d’abord aux femmes puis aux hommes. Toute la communauté d’Israël s’apprêtait à recevoir la même Torah. Mais le fait que cet événement fût précédé de deux communications séparées implique une différence fondamentale entre la réception de la Torah des femmes et celle des hommes. En d’autres termes, les femmes et les hommes ne diffèrent pas seulement biologiquement et psychologiquement mais aussi spirituellement. C’est la raison pour laquelle certaines Mitsvot sont commandées aux hommes et d’autres sont spécifiques aux femmes. Cela ne signifie pas pour autant que chacun d’entre nous n’ait de relations qu’avec la moitié de la Torah. L’homme et la femme sont deux dimensions d’une âme unique, séparées à la naissance et réunies par le mariage. Ainsi chaque âme individuelle est chargée d’appliquer toute la Torah, ses aspects masculins à travers un corps masculin et ses éléments féminins à travers un corps féminin. L’homme particulier Qu’est-ce qu’implique exactement cette «division des rôles» ? L’homme et la femme sont tous deux des créatures diversifiées et complexes et aucune phrase ou thèse uniques ne peut résumer les multiples aspects dans lesquels ils se complètent. Ce que nous pouvons dire est que D.ieu Qui a créé l’âme humaine et l’a séparée en deux corps et vies différents, a ordonné pour chacun un programme pour la vie, délimité dans la Torah, et adéquat aux aptitudes et forces réciproques. Néanmoins, la Torah donne un certain nombre de clés qui éclairent certains aspects de ces rôles masculins et féminins. Cette distinction peut également se percevoir dans le Midrach cité précédemment. D.ieu dit à Moché de donner aux femmes «les principes généraux» de la Torah et «ses détails particuliers» aux hommes. La femme a un lien avec l’essence de la Torah, ce qui en renferme la totalité, l’homme quant à lui s’y lie par le détail, la loi spécifique, l’application précise. Ainsi donc, l’homme est celui dont la relation avec la Torah s’établit de façon plus «intellectuelle», c’est à lui que le commandement « étudie le jour et nuit » est adressé. La femme, elle, absorbe la Torah dans ses racines «supra rationnelles» avec sa foi et sa réceptivité. C’est elle qui possède la vérité de D.ieu, sans qu’il y ait besoin de la disséquer et l’analyser, un processus capital pour l’homme dont l’esprit incite à analyser mais qui ne peut que détourner sa force et rétracter l’intensité de sa lumière. Les femmes d’abord Cela explique également la raison pour laquelle Moché fut d’abord envoyé parler aux femmes. La révélation de la Torah à l’humanité se développa du général au particulier, du supra rationnel à la profondeur de la loi. A l’origine, nous reçûmes la Torah dans la forme d’une parole divine unique qui renfermait les Dix Commandements. Et puis, nous entendîmes les deux préceptes de base «Je suis l’Eternel ton D.ieu» qui contient tous les commandements positifs et «tu n’auras pas d’autres dieux» dont dérivent toutes les interdictions. Ils furent suivis par la communication, par l’intermédiaire de Moché, des huit autres commandements et l’inscription des Dix Commandements sur les deux Tables de la loi. Pendant les quarante années qui suivirent, Moché enseigna au Peuple d’Israël les détails de la Torah qu’il transcrivit sous la dictée de D.ieu dans la Torah Ecrite (les cinq livres de Moché). Et le développement de la Torah ne s’acheva pas avec Moché : trente-cinq générations d’interprétations et d’application produisirent la Michna et trois cents années d’analyse de la Michna aboutirent dans le Talmud. Et ce processus continue jusqu’à aujourd’hui. Ainsi, quand D.ieu envoya Moché préparer le Peuple Juif, Il l’adressa d’abord aux femmes. D’abord, la Torah doit être reçue telle quelle, libre de toute réflexions talmudiques, de théories philosophiques, d’expériences mystiques, libre de tout ce qui n’est pas identification absolue avec sa vérité. «Va d’abord chez la femme juive, dit D.ieu à Moché, car elle est le premier canal pour ce premier pas de la communication de Ma vérité à l’humanité. Et puis va chez les hommes et donne-leur les détails. Ce sont eux qui joueront le rôle essentiel dans la seconde étape : celle de l’application de la Torah aux détails de l’expérience extérieure dans ce monde.» Les arbres et la forêt Nous pouvons désormais comprendre les accents différents que place la Torah sur les rôles respectifs de l’homme et de la femme dans la sanctification du temps. La vie spirituelle de l’homme, orientée vers les détails, est un processus dans lequel chaque détail est considéré dans ses propres termes et imbriqué dans les autres. Dans le temps, c’est le domaine de l’année, du mois, de la semaine, du jour et de l’heure. C’est donc à lui que revient la charge d’imprégner ces moments particuliers de sainteté, de développer leur nature et leur potentiel précis. Mais alors qu’il s’agit de l’homme du moment, la femme est l’incarnation du temps. Elle est investie de l’essence du temps, du pur potentiel de changement et de flux, transcendant les détails du temps limité. Ainsi les Mitsvot qui lui sont assignées sont à la base «neutres en temps», liées à l’ensemble de la vie plutôt qu’aux tranches spécifiques telles qu’elles sont définies par le calendrier et l’horloge. Etincelles Le jour qui ne sera que Chabbat Dans le texte des Dix Commandements, nous trouvons : «Souviens-toi du jour de Chabbat pour le sanctifier». Rachi, dans son commentaire, souligne les implications de la phrase : «Mettez votre cœur à rappeler toujours le jour du Chabbat. S’il se présente quelque chose de beau, réservez-le pour Chabbat». C’est dire que le Chabbat doit être l’objet de notre préoccupation toute la semaine, constamment. Le temps de la Délivrance est également appelé «Chabbat» car, alors, les Juifs connaîtront enfin le repos et la sérénité. Il faut donc, dès aujourd’hui, se souvenir constamment du temps à venir de Machia’h et s’y préparer comme on le fait lorsque la venue du Chabbat est imminente. (Extrait d’un commentaire du Rabbi de Loubavitch - 11 Nissan 5744) H.N. Le coin de la Halakha Comment honore-t-on ses parents ? Le Talmud affirme qu’il y a trois partenaires dans la création d’un être humain : son père, sa mère et D.ieu. C’est pourquoi il convient de respecter et d’honorer ses parents de la même manière qu’on respecte et qu’on honore D.ieu. On manifeste de «la crainte» en ne s’asseyant pas à la place des parents, en se levant quand ils entrent dans la pièce, en s’abstenant de les contredire et en ne les appelant pas par leurs prénoms. On leur manifeste de «l’honneur» en s’occupant de leurs besoins matériels : en leur procurant à manger, et de quoi s’habiller ; en veillant à ce qu’ils soient pris en charge quand ils ne sont plus capables de le faire eux-mêmes. Les dépenses doivent être couvertes par les parents, s’ils en ont les moyens, sinon par les enfants. Cependant les enfants ne sont pas obligés de s’endetter pour cela mais ils doivent faire tout leur possible pour rendre la vie des parents plus confortable, sauf si cela provoque la perte de leur emploi. On parle avec respect de ses parents, même après leur décès. Fils et filles sont également concernés par cette Mitsva. Cependant une femme mariée en sera exemptée si son mari s’y oppose. On s’occupe de ses parents avec le sourire et non pas en s’énervant. L’attitude générale est plus importante que la somme d’argent dépensée. On respecte également le conjoint du parent durant la vie du parent et si possible, même après. On respecte également ses frères et sœurs plus âgés et, à un degré moindre, ses grands-parents. On accorde aux parents de son conjoint un certain respect, comme pour n’importe quelle personne plus âgée que soi mais pas forcément autant qu’à ses propres parents. Si on aperçoit un des parents qui s’apprête à transgresser un commandement de la Torah, on ne le lui reprochera pas directement mais on formulera une allusion : «N’est-il pas écrit dans la Torah que… ?» Celui qui reçoit des ordres contradictoires de son père et de sa mère, doit d’abord obéir à son père. Cependant, si les parents sont divorcés, l’enfant peut décider de lui-même à qui obéir en premier. F. L. (d’après Raphael Grunfeld – The Jewish Press) * * * * * * * * * * Edito Indispensables racines Au cœur de l’hiver, comme une annonce précoce d’un printemps encore lointain, le Nouvel An des arbres revient avec une implacable régularité comme pour nous faire sortir d’une sorte d’engourdissement saisonnier. Tou Bichevat, le 15 du mois de Chevat, nous retrouve certainement observant les coutumes du jour : nous mangeons des fruits, notamment ceux que le texte de la Torah désigne comme signes particuliers de la beauté de la terre d’Israël, nous écartons toute manifestation de tristesse etc. C’est alors que, non moins traditionnellement la question lève dans nos esprits : pourquoi fêter un Nouvel An des arbres ? Certes, la tradition enseigne qu’en ce jour ceux-ci sont, en quelque sorte, jugés et connaissent ainsi le processus traversé par les hommes à Roch Hachana. Cependant, cela ne concerne-t-il pas que les arbres ? Pourquoi s’en préoccuper ? On a l’habitude de dire, à cette occasion, que les arbres ont bien des points communs avec les hommes et que notre réjouissance, en la circonstance, est aussi l’expression d’une joie personnelle. Un verset de la Torah ne va-t-il pas jusqu’à affirmer que “l’homme est un arbre des champs” ? De fait, l’un des traits qui unissent le sort de l’arbre et celui de l’homme paraît de première importance : les racines. Chacun sait que, sans elles, le végétal ne peut vivre. Elles l’ancrent au sol et lui procurent, avec la stabilité, la subsistance. Viennent-elles à tomber malades ? Immédiatement, l’arbre dépérit puis meurt. N’y a-t-il pas ici une claire évocation du destin de l’homme ? Celui-ci a également besoin, intellectuellement, moralement et spirituellement, de racines. Moins matérielles et apparentes que celles de l’arbre, elles vont cependant aussi profond et sont d’une aussi évidente nécessité. Les racines ne sont pas simplement le passé de l’homme, elles sont son fondement. C’est sur elles, et aussi grâce à elles, qu’il peut se construire en harmonie, se développer avec équilibre et constance. Y renoncer ou en perdre la conscience, c’est, d’une certaine façon, accepter le dépérissement. Parfois, on entend dire que ces racines sont bien lourdes à porter, presque immobilisantes mais la nature recèle des enseignements essentiels : a-t-on jamais vu un arbre se couper de la source de sa vie ? H. Nisenbaum Vivre avec la Paracha L’identité de Yitro Seules quelques Parachyot sont nommées sur des individus et quand le fait se produit, il réclame une attention toute particulière. Cela s’applique avec beaucoup de force en ce qui concerne notre Paracha, qui relate l’événement essentiel que constitue le Don de la Torah. Son nom «Yitro» indique un lien entre le personnage et l’événement dont il est question. Qui était Yitro ? La Torah le décrit comme le Cohen de Midian. Nos Sages offrent deux définitions du mot Cohen. a) «gouverneur» : en effet, Yitro gouvernait la terre de Midian. b) «prêtre». Il conduisait le peuple de Midian dans son service. Et de fait, nos Sages relatent que Yitro avait reconnu toutes les fausses divinités du monde. Le lien entre la première interprétation et le Don de la Torah est évident car il reflète la force de l’engagement de Yitro. Bien qu’il ait vécu dans la richesse et le confort, il se trouva prêt à voyager dans le désert pour écouter les paroles de la Torah. Mais la seconde interprétation est problématique. Nos Sages enseignent qu’il est interdit de dire à un converti : «Rappelle-toi tes actes antérieurs». Reconnaître les divinités et reconnaître la suprématie de D.ieu Pour résoudre cette difficulté, il est nécessaire de comprendre la source de l’idolâtrie. Le Rambam écrit : «A l’époque d’Enoch, les hommes commirent une grave erreur… Ils prétendirent que D.ieu avait créé les étoiles et les sphères avec lesquelles Il contrôlait le monde. Il les avait placées haut et les traitait avec honneur… De la même façon, ils estimaient correct [pour l’homme] de louer et glorifier [ces entités] et de les traiter avec honneur». Ainsi, l’adoration de fausses divinités prit-elle ses racines dans une mauvaise compréhension du fait que D.ieu influence ce monde à travers des intermédiaires. Nos Sages commentent : «Il n’existe pas un brin d’herbe dans ce domaine [matériel] qui n’ait pas une force spirituelle l’obligeant à pousser». Cependant, les idolâtres attachent une suprématie indépendante à ces intermédiaires, pensant qu’ils possèdent le contrôle de l’influence qu’ils dispensent. En réalité, ces «dieux» ne sont qu’ «une hache entre les mains du bucheron», ne possédant aucune importance ou volonté par eux-mêmes et c’est pourquoi il est erroné et interdit de les servir. En disant que Yitro avait reconnu tous les faux dieux du monde, nos Sages impliquent que bien que connaissant tous les moyens par lesquels D.ieu achemine Son énergie dans le monde, il rejeta le service de ces forces spirituelles et déclara : «Béni soit D.ieu… Maintenant je sais que D.ieu est plus grand que tous les dieux». Le microcosme encourage le macrocosme La reconnaissance de Yitro ne constituait pas un fait personnel. Ses mots de louange suscitèrent «la révélation de D.ieu dans Sa gloire, dans les royaumes supérieurs et inférieurs Après cela, Il donna la Torah, dans une parfaite [confirmation] de Sa domination sur toute existence». La reconnaissance individuelle de D.ieu par Yitro exprimait le but du Don de la Torah. Elle préparait le macrocosme, le monde en général, pour une telle révélation, comme nous allons l’expliquer. Le Rambam statue : «La Torah n’a été donnée que pour faire la paix dans le monde». Et pourtant, la paix n’est pas la raison de l’existence de la Torah. La Torah existait avant même la création du monde. Elle constitue la sagesse de D.ieu, Une avec Lui. Tout comme D.ieu est au-delà de tout but, ainsi en va-t-il de la Torah. Cependant, le Rambam insiste non sur le but de la Torah elle-même mais sur le Don de la Torah et sur le fait qu’elle ait été donnée aux mortels. Il explique que la Torah a été donnée, non seulement pout disséminer la lumière Divine mais aussi pour cultiver la paix. Quand les deux se rencontrent La paix se réfère à l’harmonie entre des opposés. Dans son sens ultime elle fait référence à la résolution de la dualité entre le physique et le spirituel, le mouvement qui permet à un monde, dans lequel la présence Divine n’est pas extérieurement évidente, de reconnaître la vérité de Son Etre et d’en être imprégné. A propos du verset : «Les cieux sont les cieux de D.ieu mais la terre Il l’a donnée aux enfants de l’homme», nos Sages expliquent qu’à l’origine un décret Divin séparait le physique du spirituel, c'est-à-dire que la nature de l’existence matérielle empêchait de réellement apprécier la réalité spirituelle. Mais au moment du Don de la Torah, D.ieu «annula ce décret» et permit à l’unité de s’instaurer entre les deux. Bien plus encore, la paix véritable implique davantage que la simple négation de l’opposition. Le but en est que des forces, qui étaient au préalable en opposition, se reconnaissent un territoire commun et se rejoignent dans une activité positive. De la même façon, la paix qu’encourage la Torah n’implique pas simplement une révélation de la Divinité, si grande que le monde matériel soit obligé de la reconnaître, mais une prise de conscience de D.ieu dans le contexte du monde lui-même. D.ieu est présent dans chaque élément de l’existence. A chaque instant, la Création se renouvelle. Si l’énergie Divine venait à manquer, le monde retournerait au néant absolu. La Torah nous permet d’apprécier cette Divinité intérieure et nous permet de vivre en harmonie avec elle. Au niveau individuel, la reconnaissance de Yitro de la suprématie de D.ieu remplit cet objectif. De son implication «avec les fausses divinités du monde», il en arriva à une profonde reconnaissance de la souveraineté de D.ieu. La transformation de Yitro rendit possible le Don de la Torah qui, à son tour, transforme le monde.
Le chemin de la Rédemption Le Tanya décrit le Don de la Torah comme un avant goût de l’Ere messianique. Car lorsque la Torah fut donnée, toute existence se tint dans un état d’unicité absolue avec D.ieu. Pourtant, lors du Don de la Torah, la Révélation venait de l’initiative de D.ieu. Puisque le monde n’avait pas encore été raffiné, sa nature maintenait un état d’opposition à la manifestation de la Divinité et c’est la raison pour laquelle les aspects miraculeux de la Révélation furent temporels. Mais dans les siècles qui ont suivi, l’observance de la Torah et de ses Mitsvot a doucement fait pénétrer la Divinité dans le tissu du monde. A l’Ere de Machia’h, cette dualité sera dissoute pour toujours et nous prendrons conscience que notre monde est la résidence de D.ieu. Sources : Likouté Si’hot Vol.XI p.74, Vol.XV, p.379, Vol.XVI, p.198 Si’hot Chabbat Parachat Yitro 5751 Adaptation E. Touger Etincelles de Machiah' L’éternité de nos actes Parmi les descriptions et les promesses qui sont faites au sujet de la venue de Machia’h, nous trouvons (Isaïe 66 :22) : “Car, comme les cieux nouveaux et la terre nouvelle que Je ferai, dit D.ieu, resteront devant Moi, ainsi ta descendance et ton nom resteront”. S’il semble que l’assurance d’une certaine forme d’éternité soit ainsi donnée, il convient d’en comprendre profondément les termes. En premier lieu, il faut préciser que “les cieux nouveaux et la terre nouvelle” ne font pas référence à une disparition et une apparition éventuelles d’un nouveau monde matériel. Les deux termes désignent ici deux degrés différents de la Lumière Divine qui se manifeste alors de façon dévoilée. Plus spécifiquement, “les cieux nouveaux” désignent une “Lumière infinie”, transcendant la création tandis que “la terre nouvelle” symbolise une “Lumière” immanente, qui pénètre le monde et reste à sa mesure. Ainsi, précise le texte, malgré l’ampleur de cette révélation, “ta descendance et ton nom resteront”, c’est-à-dire que l’œuvre accomplie pendant le temps de l’exil, qui aura conduit à la venue de Machia’h, gardera toute sa valeur. D’après Likouteï Torah sur Chir Hachirim) Le coin de la Halakha En quoi consiste l’interdiction : «Tu ne convoiteras pas» (Exode 20. 14) ? Le dernier des Dix Commandements est : «Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain… sa femme, son serviteur, sa servante, son bœuf, son âne et tout ce qui est à ton prochain». Il est donc interdit de fomenter des projets pour obtenir ce qui appartient à l’autre. Ceci commence par la pensée, quand on décide d’acquérir coûte que coûte ce qui appartient à quelqu’un. Puis, si on agit en ce sens, par des pressions amicales ou des menaces, par un troc forcé ou une vente forcée, même en payant le prix fort, on transgresse cette interdiction. La mauvaise pensée peut entraîner - c’est reconnu - de nombreuses fautes et on peut même être tenté de recourir au meurtre (que D.ieu préserve) pour obtenir l’objet convoité. C’est ce qui est arrivé au roi A’hab qui fit tuer Navote pour s’approprier sa vigne (Rois I – 21). Il convient donc de maîtriser soigneusement ses envies afin de ne pas trébucher dans l’interdiction de «Tu ne voleras pas». Selon le Séfer Ha’hinou’h, cette interdiction s’applique également aux non-Juifs qui sont soumis à toutes ses ramifications. Même s’il ne s’agit «que» d’une pensée cachée au fond du cœur, la Torah estime que «le cerveau domine le cœur» et que la réflexion objective doit diriger les sentiments. Ce principe s’applique aussi à d’autres commandements tels que : aimer D.ieu, craindre D.ieu, ne pas haïr, aimer son prochain etc. Ibn Ezra écrivait : «De même qu’un villageois n’aurait même pas l’idée de vouloir épouser la princesse, car il sait que cela est absolument hors de question, ainsi on devra s’interdire de convoiter tout ce qui appartient à un autre en sachant que toutes les manœuvres ne rendront jamais permise une acquisition frauduleuse». F. L. (d’après Rav Yossef Ginsburgh) |